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Zika, la menace qui monte

Sylvie Latieule Rédactrice en chef

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L'année 2015 avait débuté sur une note d'espoir sur le front des épidémies. Une baisse réelle du nombre de nouveaux cas de personnes infectées par le virus Ebola venait d'être annoncée dans les trois pays les plus touchés : Sierra Leone, Guinée et Liberia. Au point qu'un an plus tard, en ce début d'année 2016, l'épidémie d'Ebola a même été déclarée « officiellement achevée » par l'OMS, avec l'annonce de l'arrêt de « toutes les chaînes connues de transmission » au Liberia, comme dans l'ensemble de la région.

Le répit n'aura été que de courte durée. Non pas à cause de la résurgence d'Ebola ici ou là, mais parce qu'un autre virus, Zika, est en train de proliférer.

A contrario d'Ebola qui a fait plus de 11 000 morts depuis 2013, Zika n'est pas un virus meurtrier. Cependant, au-delà de symptômes bénins qui disparaissent au bout de 2 à 7 jours - fièvre, éruptions cutanées, conjonctivite, douleurs musculaires et articulaires, état de malaise et céphalées -, on commence à suspecter des conséquences plus graves. Des données croissantes, qui restent à confirmer, font état d'un possible lien entre ce virus et la microcéphalie des nourrissons.

L'autre problème de Zika est que son rythme de propagation ne fait que s'accélérer, aidé dans sa transmission par les moustiques tigres. Un peu d'histoire. La découverte de Zika remonte à 1947 en Ouganda chez des singes rhésus, avant une identification chez l'homme en 1952 en Ouganda et en Tanzanie. Puis, le virus a connu ses premières flambées dans le Pacifique dans les îles Yap en 2007 et en Polynésie française en 2013. Ensuite, des flambées épidémiques ont été constatées en 2015 en Afrique et sur le continent américain. Aujourd'hui, « plus de 13 pays des Amériques ont notifié des infections sporadiques à virus Zika », explique l'OMS qui, dans ce contexte d'urgence, a décrété pour la quatrième fois de son histoire un état d' « urgence de santé publique de portée internationale ». Les précédentes décisions avaient été prises pour la grippe H1N1, la poliomyélite et Ebola.

Le constat posé, c'est la riposte qu'il faut maintenant engager. Aux États-Unis, Barack Obama doit demander au Congrès une aide d'urgence de 1,8 milliard de dollars pour financer la prévention et la lutte contre le virus qui remonte à grande vitesse du sud du continent vers le nord. En Europe, l'Agence du médicament EMA a annoncé la mise en place d'un groupe d'experts sur le Zika qui seront chargés de formuler des avis sur les questions scientifiques et réglementaires pour aider à une mise en place plus rapide de traitements.

Quant aux industriels de la pharmacie, ils commencent à se positionner. Notre leader national, Sanofi Pasteur, a annoncé, tout début février, qu'il se lançait dans la mise au point d'un vaccin. Et le groupe pense avoir toutes les chances de son côté, puisqu'il a déjà su maîtriser le virus de la dengue, qui appartient à la même famille que Zika, avec son tout nouveau vaccin Dengvaxia. Il faudra cependant patienter de longs mois : un an pour les premiers essais cliniques, puis au moins trois ans avant de pouvoir lancer un vaccin, selon les estimations d'Olivier Brandicourt, le patron de Sanofi.

En attendant, pas d'autre solution que de faire de la prévention en luttant contre les moustiques tigres et leur prolifération. Sans vouloir être pessimiste, le virus Zika semble bien parti pour nous tracasser tout au long de l'année.

 

« Sanofi Pasteur a annoncé qu'il se lançait dans la mise au point d'un vaccin. »

 

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