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Yposkesi face au défi de la productivité

Laura Hendrikx
Yposkesi face au défi de la productivité

© Cyrille Bernard

Yposkesi voit grand. À l'été 2021, la plateforme de production créée en 2016 par l'AFM Téléthon aura doublé sa surface et multiplié par cinq sa capacité de production. Au bâtiment actuel, qui s'étend sur 5 000 mètres carrés répartis en deux niveaux et emploie 160 personnes, s'ajoutera un nouvel ensemble de plus de 4 000 mètres carrés. Ce dernier sera érigé juste en face du premier, à Évry (Essonne). La construction devrait démarrer au quatrième trimestre 2018. À ce jour, la capacité totale d'Yposkesi est de 400 litres, grâce à deux réacteurs de 200 litres qui travaillent en parallèle. Une fois mis en service, le nouveau bâtiment devrait produire 2 000 litres de vecteurs viraux. Il fabriquera plus de 40 lots par an, et devrait employer 80 personnes. « Ce nouveau centre représentera l'élément clé d'une filière industrielle qui permettra de répondre aux besoins actuels des laboratoires de l'AFM-Téléthon ainsi qu'à ceux de nombreux acteurs académiques et industriels des biotechnologies, en leur proposant une plateforme pour la production de leurs thérapies, qu'il s'agisse de lots cliniques ou commerciaux », indique le compte-rendu du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) qui a réuni les acteurs de l'industrie du médicament, le 10 juillet dernier, à Matignon.

La production, un élément limitant pour l'accès au patient

Actuellement, Yposkesi développe des procédés destinés à la production de vecteurs viraux pour ses propres besoins, ceux de Généthon, d'Istem, des partenaires de l'AFM mais aussi de tiers - essentiellement basés aux États-Unis, qui représentent entre 60 et 65 % du chiffre d'affaires de la société - pour des projets dans le domaine des maladies rares, et possiblement pour des maladies fréquentes. Son objectif est de produire les premières thérapies cellulaires et géniques et de les commercialiser à un prix juste et contrôlé. Mais pour ce faire, Yposkesi se heurte à plusieurs problématiques. A commencer par la montée en échelle. En thérapie génique, il ne suffit pas de multiplier les quantités pour réussir à produire à grande échelle. « La production est un élément limitant pour l'accès au patient », indique Frédéric Revah, directeur général de Généthon. À ses yeux, 80 % de la complexité de la thérapie génique vient de la production. La question des coûts est également cruciale. Alain Lamproye, directeur général d'Yposkesi, souligne que pour traiter un individu, 1 000 litres de culture sont nécessaires. Ce qui correspond à deux mois de travail et nécessite des matières premières dont le montant est compris entre 300 et 400 000 euros. Au total, un million d'euros sont nécessaires pour produire une dose. Si les pistes d'amélioration de la productivité sont nombreuses et commencent à donner des résultats, Alain Lamproye insiste sur le fait qu' « il faudra aller bien plus loin, si on veut réduire par 10 ou 100 les coûts de production ».

Un appel d'offre pour combler le retard de la France

C'est dans cette optique que l'AFM-Téléthon a lancé, le 14 juin, un appel d'offre visant à combler le retard de la France dans le domaine de l'industrialisation des médicaments de thérapie génique. Si l'Hexagone possède une excellente recherche amont, il est en effet encore à la traîne sur le passage à l'industriel. D'une durée de trois ans, cet appel d'offre a pour ambition d'améliorer le rendement de la production et de réduire le coût de ces biomédicaments. Tout l'enjeu est de pouvoir produire ces médicaments en France, et donc in fine de sécuriser l'accès des patients français à ces thérapies. Mais pour cela, un saut technologique s'avère indispensable. Pour celui qui mettra au point l'innovation de rupture tant attendue, le succès est garanti. En attendant, la course à la productivité est lancée.

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