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Weleda décerne ses prix de thèse pour la médecine anthroposophique

DE HUNINGUE, NICOLAS VIUDEZ

Le laboratoire, spécialiste des formes homéopathiques et préparations magistrales, a remis ses premiers prix de thèse, récompensant des travaux autour des principes de la médecine anthroposophique.

Le laboratoire Weleda a décerné, jeudi 7 décembre 2017, à son siège de Huningue, en Alsace, trois prix de thèses récompensant des travaux autour de la médecine anthroposophique, principe qui régit toute la gamme de l'entreprise, connue essentiellement du grand public pour ses cosmétiques et produits de parapharmacie. « Le médical représente tout de même 46 % de notre CA en 2016 » souligne Jean-Michel Libion, docteur en pharmacie et responsable du développement de l'activité des médicaments de prescription de Weleda. L'homéopathie s'est encore retrouvée au coeur de la tourmente cette année, avec le déremboursement de ces préparations annoncé au Royaume-Uni et des appels revenant à intervalles réguliers sur l'application d'une telle mesure dans l'Hexagone. « Nous n'avons pas de crainte sur ce sujet car il y a une vraie demande des patients en France », souligne Peter Braendle, président du directoire de Weleda France. Le laboratoire se veut confiant pour l'avenir, boosté par un recours grandissant aux solutions naturelles sur lesquelles Weleda a bâti sa réputation. La tentation pourrait cependant être grande de délaisser le médical, qui nécessite le suivi des normes drastiques de la pharmacie, pour le secteur des cosmétiques, plus facile à développer. « Ces deux secteurs sont là depuis la création du laboratoire. En termes d'investissements, nous sommes dans les deux démarches et nous souhaitons les faire perdurer, côte à côte », rassure Peter Braendle qui souligne par ailleurs : « l'expertise, notamment sur les plantes et sur leurs propriétés santé que nous développons pour le médical, rejaillit sur le secteur des cosmétiques ». Weleda a ainsi récemment investi 2,3 millions d'euros pour la modernisation de son site de Huningue qui produit près de 4 millions d'ampoules injectables sous-cutanées par an. Conscient du scepticisme qui entoure l'homéopathie, le laboratoire souhaite développer des liens avec le monde académique en donnant un plus grand écho aux recherches sur le sujet. « Ces prix sont importants car ils valorisent la recherche, l'être humain, et donnent l'occasion à de belles rencontres sur ce sujet », a indiqué Peter Braendle, en introduction à la remise des prix.

 

L'homéopathie contre le stress pré-opératoire

Les trois étudiants récompensés se sont vu décerner chacun un prix de 1 500 euros. L'un des prix a ainsi été attribué à Marie Bataille. L'étudiante, de l'université de pharmacie de Montpellier, a mené une étude sur le recours à l'homéopathie et à l'aromathérapie, avant une opération chirurgicale et en alternatives aux benzodiazépines. Cette étude a été réalisée à la clinique Montagard, à Avignon, un centre chirurgical spécialisé dans l'orthopédie. Elle a porté durant 3 mois sur une centaine de personnes. Les patients ont pris, une semaine avant l'opération, un traitement homéopathique contre le stress pré-opératoire, complété par le recours à l'aromathérapie, sous forme de sticks d'huiles essentielles. L'évaluation par questionnaire a montré l'efficacité de ce protocole préopératoire, le tout sans les effets secondaires qui peuvent être associés aux benzodiazépines. Depuis cette thèse, le recours à l'aromathérapie et à l'homéopathie a été généralisé sur la clinique, par ailleurs déjà en pointe en ce qui concerne le recours aux médecines complémentaires. « J'espère que cette question des médecines naturelles va se développer, les jeunes générations d'étudiants sont peut-être plus sensibles à ce sujet, ce sont aussi des questions qui nous sont posées en officine et auxquelles nous devons répondre », estime Marie Bataille, qui a mené cette étude. Dans un autre registre, Pierre-Baptiste Laurent, étudiant en pharmacie à Strasbourg, a, lui, été récompensé pour sa thèse sur la « théorie des signatures ». Une théorie ancienne qui établit une correspondance entre la forme des plantes et leurs potentiels thérapeutiques. « Pour ce travail, j'ai dû remonter jusqu'à l'Antiquité. On cherchait alors les plantes médicinales par couleur ou forme pour savoir quelles pathologies elles pouvaient éventuellement traiter », souligne Pierre-Baptiste Laurent. Si, depuis, cette théorie a été invalidée, le jeune thésard précise : « Énormément de plantes sont tombées dans l'oubli et elles pourraient être des pistes intéressantes pour la recherche ». Weleda a profité de cette remise de prix pour annoncer que l'évènement s'inscrivait dans le temps. Un appel à candidatures est d'ores et déjà lancé et d'autres thèses seront à nouveau à l'honneur, en 2018. Weleda emploie 2 000 personnes dans le monde, il compte trois sites de production en Suisse, Allemagne et France, pays qui sont par ailleurs les principaux marchés de l'homéopathie en Europe. L'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires sur le marché français s'élevant à 86,1 millions d'euros en 2016, en croissance de 9 %. Son site français d'Huningue est situé au carrefour de trois frontières, à quelques kilomètres de la ville de Bâle, et à proximité de l'Allemagne, où sont cultivées les variétés de plantes utilisées dans la gamme de produits de Weleda.

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