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VibioSphen : un modèle mixte pour lutter contre la résistance aux antibiotiques

Alexane Roupioz

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La start-up est sur tous les fronts. En proposant des prestations de services aux industriels, VibioSphen souhaite répondre aux demandes d'externalisation de la R&D des big pharma. En parallèle, l'entreprise développe une activité de recherche basée sur l'exploitation d'une molécule aux propriétés immunomodulatrices intéressantes dans le traitement de maladies infectieuses type pneumonie.

À 36 ans, Maxime Fontanié a retrouvé les bancs de l'école. Ceux de la Toulouse Business School, où il suit un Master Business Administration afin d'acquérir des connaissances en stratégie d'entreprise. Une aide précieuse pour ce scientifique de formation désormais p-dg de VibioSphen, start-up qu'il a créée en septembre 2014 avec son ancien collègue de Sanofi, Pierre Rouby. Avec l'externalisation de la R&D, un nouveau marché se dessine pour combler l'expertise que les big pharma n'auront plus en interne. « Je pense que le modèle de la sous-traitance développé par Airbus est un peu le modèle vers lequel les big pharma souhaitent se tourner » confie Maxime Fontanié. Alors quand, en juillet 2012, le géant de l'industrie pharmaceutique annonce qu'il souhaite se désengager du site de Toulouse, les deux chercheurs toulousains y voient une opportunité de monter leur propre entreprise.

Forts de leurs quatre années d'expérience au sein du service des maladies infectieuses de Sanofi, les deux co-fondateurs lancent leur projet en mars 2013. Ils rejoignent la cellule d'essaimage de Sanofi qui leur apporte un soutien financier et les conseille. Un an plus tard, ils reçoivent une subvention de BpiFrance à hauteur de 26 000 euros. Au départ, la jeune entreprise est une CRO (Contrat Research Organisation), elle fait de la prestation de services pour Sanofi, les instituts de recherche académique, les big pharma et les sociétés de biotechnologies. VibioSphen propose des modèles pharmacologiques pour tester l'efficacité de molécules sur de nombreuses maladies infectieuses telles que les pneumonies, les septicémies ou encore les infections fongiques. La jeune entreprise offre des modèles « catalogue » qu'il est possible de modeler à façon. Des biostatisticiens sont en charge de la réalisation des designs des tests, cela permet d'obtenir des résultats fiables et de qualité. « Ces deux derniers aspects nous procurent un avantage concurrentiel », confie Maxime Fontanié. Cette offre de sous-traitance représente aujourd'hui la majorité de l'activité de la start-up.

« Mais ne faire que de la CRO, c'est compliqué. Pour rendre le projet plus attractif, on a rapidement voulu développer une activité de recherche », confie le p-dg. Un projet basé sur des molécules qu'il a étudiées lorsqu'il travaillait chez le géant de l'industrie pharmaceutique. « Actuellement, on négocie avec Sanofi pour récupérer les molécules et la propriété intellectuelle associée », explique Maxime Fontanié. L'objectif ? Maitriser l'inflammation générée par l'infection bactérienne et donc d'éviter certains dégâts tissulaires. En combinant les propriétés de cette molécule à l'action d'antibiotiques, « on estime pouvoir réduire de moitié le temps de traitement par antibiotiques des maladies infectieuses ». Une approche innovante dans un contexte où le seul développement de nouveaux antibiotiques reste la priorité de nombreux acteurs de l'industrie pharmaceutique.

 

Vers un modèle mixte

 

Le développement de cette activité de recherche se fera sur le long-terme. D'ici à la mi-2016, les deux co-fondateurs prévoient la fin de la preuve de concept. Ils espèrent valider l'efficacité de leurs molécules. Dans un second temps, si les tests s'avèrent prometteurs, le projet entrera en phase de développement clinique avec des tests chez l'homme et une possible commercialisation. La réflexion sur cette phase a d'ores et déjà commencé car les fondateurs le savent, ils ne pourront pas réaliser seuls ces phases cliniques. Trois sociétés, dont les noms ne peuvent être mentionnés, sont susceptibles d'accompagner la start-up dans son projet. À terme, VibioSphen envisage un modèle mixte dans lequel la sous-traitance et la recherche représenteraient chacune 50 % de l'activité de l'entreprise. Pour le développement de leur société, Maxime Fontanié et Pierre Rouby peuvent également compter sur la pépinière Prologue Biotech qui a accepté d'héberger VibioSphen.

« Au départ, il nous fallait des infrastructures adaptées à notre activité, notamment des animaleries et un laboratoire. C'est ce qui a primé dans notre décision d'intégrer Prologue Biotech géré par le Sicoval » confie le p-dg. Les deux co-fondateurs ont estimé que la pépinière offrait d'autres aspects intéressants. Les entreprises peuvent bénéficier d'entretiens avec des professionnels en ressources humaines, des cabinets d'experts comptables ou de recrutement. « Ce sont des conseils gratuits et de très bonne qualité. C'est un gain de temps sur le fonctionnement de l'entreprise » remarque Maxime Fontanié. Des conseils, ils en échangent aussi avec d'autres start-up. Ils partagent leur expérience avec de jeunes entrepreneurs, un bon moyen pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. La pépinière organise des événements à l'international. Très rapidement, VibioSphen prévoit d'assister à des salons à l'étranger. « C'est primordial pour notre développement commercial car le plus gros de notre marché est à l'international. »

Carte d'identité

Date de création : 1er septembre 2014 Spécialité : développement d'une thérapie innovante dans le domaine des infections pulmonaires Implantation : Prologue Biotech, Labège (31) Nombre d'employés : Les deux cofondateurs : Maxime Fontanié et Pierre Rouby - Janvier 2015 : embauche d'un pharmacologue pour la partie CRO - Courant 2015 : ouverture d'un poste de chercheur en immunologie Chiffre d'affaires (prévisions) : - 2014 : 20 000 € - 2015 : entre 250 000 € et 300 000 € - Juin 2014 : subvention de la BpiFrance (26 000 €) - Octobre 2014 : intégration de la pépinière Prologue Biotech

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