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Vaccins : GSK investit 500 millions d'euros dans une nouvelle usine en France

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GlaxoSmithKline (GSK) a confirmé la construction, à Saint-Amand-les-Eaux (Pas-de-Calais), d'une usine de production de vaccins, représentant un investissement d'environ 500millions d'euros sur cinq ans. Lors de sa mise en service en 2011, la nouvelle usine devrait, dans un premier temps, produire exclusivement Cervarix, le vaccin contre le cancer du col de l'utérus actuellement en cours d'évaluation par les autorités européennes.
Ce dernier, qui ferait l'objet d'une demande d'AMM aux États-Unis avant la fin de l'année, est en compétition avec Gardasil de Merck & Co. Un concurrent direct déjà homologué outre-Atlantique et qui vient de l'être en Europe. Une concurrence qui n'inquiète pas Christophe Weber, président de GSK France. « Ce nouveau marché sera assez grand pour deux acteurs, estime-t-il. D'autre part, il existe certaines différences entre les deux produits ». Notamment sur les souches de papillomavirus – l'agent pathogène du cancer de l'utérus – contre lesquels il est efficace. Par la suite, le site, qui disposera d'une capacité d'environ 300 millions de doses par an, sera également chargé de la fabrication d'autres vaccins. Parmi lesquels un vaccin contre la grippe de nouvelle génération et des vaccins conjugués contre la méningite et les infections à Streptococcus pneumoniae. Ce projet devrait conduire à la création de 300 emplois d'ici à 2009, puis 750 emplois à l'horizon 2011, selon GSK. Dans le détail, l'usine comprendra deux zones de formulation, huit lignes de lyophilisation, des lignes de remplissage et de conditionnement, ainsi que des espaces dédiés au contrôle qualité, sur 2000 m2. Le choix de Saint-Amand-les-Eaux s'est appuyé sur plusieurs critères, a indiqué la direction du laboratoire, se refusant à identifier les concurrents malheureux de la ville thermale. Seule indication, ces sites concurrents étaient européens. « Nous souhaitons disposer dans chaque région d'un ou deux sites pour chacun de nos vaccins. a précisé Jean-Pierre Garnier, président de GSK. Ce n'est ainsi pas avec les pays asiatiques que la France doit se comparer en termes de compétitivité, mais avec ses homologues européens », a-t-il ajouté. « Ce site bénéficiera tout d'abord des compétences de notre filiale locale Sterilyo, spécialisée dans la production de formes stériles et la lyophilisation », souligne Jean Stephenne, président de GSK Biologicals, filiale du groupe spécialisée dans les vaccins. Par ailleurs, la proximité du site avec l'unité belge de Rixensart, quartier général mondial de la division, a également joué. « De plus en plus, nous souhaitons rapprocher nos équipes de recherche de celles en charge de la production », indique le dirigeant. Le site belge héberge en effet à la fois le plus important centre de R&D de GSK Biologicals, mais également différentes unités de production, primaire (synthèse de vaccins en vrac) ou secondaire (mise sous forme pharmaceutique). C'est d'ailleurs de Belgique que proviendront les vaccins en vrac qui seront conditionnés à Saint-Amand-les-Eaux. Des investissements en série dans la production de vaccins GSK a multiplié, ces deux dernières années, les investissements en production pour ses vaccins. Avec notamment la construction pour 150 millions d'euros d'une nouvelle usine de produits pédiatriques à Singapour. Ou encore le rachat à Wyeth de son usine et de son centre de R&D sur les vaccins de Marietta (Pennsylvanie). Sans oublier l'usine d'Hamilton (Massachusetts), héritée de l'acquisition en 2005 de la société américaine Corixa. Une opération qui lui avait également apporté une nouvelle technologie d'adjuvants que GSK utilise dans plus de la moitié de ses vaccins actuellement en développement. Un troisième site nord-américain, celui de Laval au Canada, avait également été intégré suite à une acquisition, celle d'ID Biomedical. Et en 2004, le laboratoire avait déjà investi 450 M€ en Belgique pour y accroître ses capacités. « La multiplication de ces projets s'explique par le nombre croissant de produits issus de notre recherche », avance Jean Stephenne. Une productivité qui provient notamment du faible taux d'échecs dans le développement de vaccins. Une fois l'étape de la preuve de concept franchie, 70 % des vaccins arrivent sur le marché. Selon les estimations de GSK, cette activité devrait représenter 13,8 % de ses ventes en 2010, contre 7,5 % l'an dernier. Le pipeline de GSK Biologicals compte actuellement 23 projets, dont 13 ne sont pas issus de la R&D maison, mais font l'objet d'un accord de licence. À commencer par Cervarix.

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