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Une usine-école pour s'initier à l'environnement industriel

Une usine-école pour s'initier à l'environnement industriel

IMAGE VIRTUELLE DU BÂTIMENT DE L'ÉCOLE-USINE.

© © Alsace BioValley - GKG

L'université de Strasbourg va bientôt abriter une usine-école reproduisant les conditions de travail en salles blanches. Des apprenants de tout niveau, Français ou étrangers, en formation initiale ou continue, pourront bénéficier de cet outil unique en Europe.

« La capacité d'un territoire à proposer une main-d'œuvre qualifiée est devenue le premier facteur d'implantation des entreprises pharmaceutiques », estime Guillaume Ebelmann, directeur de programme au sein du cluster Alsace BioValley. Face à ce constat, l'Alsace, qui appartient à un bassin d'emploi de 50 000 personnes dans le secteur pharmaceutique avec ses régions frontalières de Suisse et d'Allemagne, va se doter d'un outil pédagogique unique en Europe. Elle s'apprête à construire une usine-école qui permettra à des étudiants d'être immergés dans des conditions réelles de production GMP et de se familiariser tant avec l'environnement de travail, grâce à 3 000 m2 de salles blanches (classes B et C) sur une surface totale 5 500 m2, qu'avec des matériels spécifiques qui équiperont des lignes complètes de formes sèches, liquides et stériles. Baptisée EASE pour European Aseptic and Sterile Environment Training Center, cette usine-école verra le jour fin 2013-début 2014 et sera construite à Illkirch (67) sur le campus de l'Université de Strasbourg. Elle s'inspire d'une usine-école spécialisée en bioproduction et installée aux États-Unis dans l'Université de Caroline du Nord (BTEC ou Biomanufacturing Training and Education Center), partenaire de l'Université de Strasbourg. En revanche, la structure alsacienne ne se focalisera pas uniquement sur la bioproduction. Il a été décidé d'adresser également la production pharmaceutique classique et dans une moindre mesure la chimie fine et l'agroalimentaire qui peuvent opérer en environnement confiné.

Guillaume Ebelmann revient sur la genèse du projet : « Une rencontre organisée il y a trois ans entre universitaires et industriels a montré que les étudiants, notamment issus de licences pro et de masters, avaient de bonnes connaissances théoriques. En revanche, ils n'avaient jamais travaillé dans un environnement de salles blanches alors qu'ils pourraient être amenés à manager des équipes dans des environnements confinés ». Outre les aspects techniques, les aspects psychologiques, notamment liés à la problématique d'isolement, voire de confinement, revêtent une importance capitale. D'où l'idée de se doter d'un outil d'immersion des apprenants pour tester leurs aptitudes, tant physiques que psychiques. Néanmoins, il a été très vite décidé que cette structure ne bénéficierait pas uniquement aux cursus universitaires. Dans le cadre d'un partenariat avec le Rectorat de l'Académie de Strasbourg, l'Université de Strasbourg accueillera également des étudiants de Bac pro ou de BTS, en particulier dans le cadre de contrats d'apprentissage ou de professionnalisation. Il a également été prévu des possibilités de location de la plateforme par des opérateurs de formation privés ou publics ou par des entreprises, pour assurer de la formation continue de salariés. Ainsi, en termes de volume horaire, ce centre sera majoritairement occupé par des parcours de formation en alternance (75 % du temps), pilotés par plusieurs CFA et des opérateurs privés nationaux, dont notamment l'Institut de Formation des Industries de Santé (IFIS). Durant les 25 % de temps restant, le centre accueillera des cursus universitaires et des formations continues. Au total, près de 3 500 apprenants seront accueillis chaque année : 770 étudiants en formation initiale, dont 280 apprentis, 220 apprenants en parcours de requalification professionnelle certifiante (CQP et CQPi) et 2 500 salariés en formation continue.

Un projet porté par le Grand Emprunt

Aujourd'hui, les industriels se plaignent d'avoir à former à leurs frais leurs nouveaux opérateurs sur de longues périodes, de 8 à 12 mois, pour qu'ils soient pleinement opérationnels dans leurs installations. Grâce à L'EASE, des opérateurs qualifiés vont faire leur entrée sur le marché en étant directement opérationnels. Un atout pour les industriels locaux, mais également pour des industriels étrangers qui souhaiteraient s'installer dans la région.

Ce projet représente un investissement global de 27,5 millions d'euros. Il est porté par l'Université de Strasbourg en partenariat avec le cluster Alsace BioValley, et il est financé par le Conseil Régional d'Alsace, la Communauté Urbaine de Strasbourg, des fonds européens et de nombreux partenaires industriels et l'État. Le programme des Investissements d'Avenir couvrira un tiers du budget car le projet EASE a été retenu dans le cadre de l'appel à projet « Investir pour la formation en alternance » et plus particulièrement au niveau de l'action « modernisation de l'appareil de formation en alternance », dotée d'un budget de 250 M€. Parallèlement, le Crous de Strasbourg recevra un coup de pouce financier pour la construction d'une résidence hôtelière de près de 200 studios à tarifs sociaux, dans le cadre du même appel à projet, mais au niveau de l'action « Développement de solutions d'hébergement adaptées pour les jeunes engagés dans une formation en alternance ». Ces logements permettront notamment l'hébergement d'étudiants en alternance. De leur côté, une dizaine d'industriels vont apporter leur contribution à travers des dons d'équipements ou de prestations intellectuelles. « Merck Millipore nous a ouvert la totalité de son catalogue », illustre Guillaume Ebelmann. « Siemens se propose d'assurer la régulation énergétique de tout le bâtiment. L'enveloppe même du bâtiment servira d'outil pédagogique à taille réelle pour les métiers de la maintenance et de la régulation énergétique », ajoute-t-il. Citons également la participation du cabinet d'ingénierie et de maîtrise d'œuvre OTE de François Morel, concepteur de salles blanches et du cabinet d'architectes GKG. D'autres industriels apporteront leur contribution probablement au niveau de l'enveloppe du bâtiment ou d'équipements comme des remplisseuses, des lyophilisateurs, des machines à laver, l'installation de la boucle d'eau ... Mais les contrats restent à finaliser. « Outre les crédits d'impôts apportés par ces actions de mécénat, l'intérêt pour les industriels est que de futurs prescripteurs seront formés sur leurs équipements », souligne le directeur de programme qui s'engage néanmoins à ne travailler qu'avec des fournisseurs qui ont pignon sur rue. « Notre objectif est d'avoir des installations et des matériels les plus représentatifs possible », conclut Guillaume Ebelmann.

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