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Une journée de la SFSTP sur l'industrie 4.0

NICOLAS VIUDEZ
Une journée de la SFSTP sur l'industrie 4.0

Une journée riche en réflexion sur l'industrie 4.0.

© © SFSTP

La SFSTP a organisé, le 7 juin à Lyon, une journée autour de l'industrie 4.0. Entre exemples venant de la pharma et projets exceptionnels sur d'autres secteurs, la manifestation esquissait une feuille de route sur les choix à effectuer.

« L'industrie 4.0 est une réalité, elle est en route, avec l'objectif d'améliorer la performance ». C'est par ces mots que Danièle Bordi, la présidente de la SFSTP, a introduit le rendez-vous de l'amélioration continue organisé par la société savante et intitulé « Industrie 4.0 : quels choix pour le futur ? ». Une journée de conférences et d'échanges qui s'est tenue au coeur du 9e arrondissement de Lyon dans un hôtel particulier ayant appartenu à Juliette Récamier. Du XVIIIe siècle, les participants ont été vite transportés vers le futur avec Karim Vissandjee, senior advisor pour la promotion de l'industrie 4.0 de Sanofi, qui proposait une visite virtuelle surprenante de l'usine du futur élaborée par le géant français.

 

L'usine du futur dessinée par Sanofi

Avec sa mutation vers la bioproduction, Sanofi doit inventer un modèle opérationnel nouveau, globalisé, avec une approche complète par « business unit » et une intégration de la dimension digitale. « La digitalisation ne peut pas se faire par et pour Sanofi uniquement, nous devons intégrer des partenaires technologiques, des sociétés savantes mais aussi des collaborateurs » a souligné Karim Vissandjee. La réflexion de Sanofi est axée sur un process entraîné par la demande, et non plus l'offre, avec comme objectif d'améliorer de 20 % le temps de lancement de ses nouveaux produits. La bascule vers la bioproduction pose aussi la question de la qualification des nouveaux outils de production et Karim Vissandjee a mentionné la possibilité d'utiliser des modèles 3D de simulation pour ces équipements. Preuve que la question résonne au-delà des industriels, une réflexion est actuellement en cours sur ce sujet à la FDA qui vient de renforcer ses effectifs pour mieux anticiper cette transition vers de nouveaux équipements. Enfin, avec le travail sur le vivant, plus sensible que la pharmacie traditionnelle, la question des déviations deviendra omniprésente et il faudra les anticiper. « Nous ne sommes qu'aux prémices de la digitalisation. Dans les dix ans qui viennent, j'espère que l'on pourra répondre à cette question de la flexibilité des process », a projeté Karim Vissandjee. Avec ses milliards de données collectées à chaque lot et rendues exploitables par les opérateurs au moyen d'écrans tactiles disposés dans l'usine, la vision du futur proposée par le groupe français a néanmoins déjà fait des envieux. Plus en aval de la production, Frédéric Picano, responsable de la « supply chain » EMEA chez Biomérieux, était venu présenter les réflexions en cours chez le spécialiste du diagnostic. Le groupe a mis en place une gestion à distance du stock de ses clients avec un outil qui se connecte au logiciel de gestion de laboratoire du client et peut ainsi connaître l'état des stocks de réactifs. L'objectif : mieux rentabiliser les envois en évitant les colis à moitié remplis, faciliter la gestion du stock en interne, et pour le client, diminuer un coût de livraison. Autre solution acessible rapidement, la signature électronique est un des exemples de digitalisation présentés par Marc Meyer, managing director pour Werum IT Solutions France. Avec cet ajout intégré à la ligne, les dossiers papier auxquels ils manquent une signature pourraient devenir un mauvais souvenir. La signature passerait ainsi par un écran tactile ou par une montre connectée, portée par l'opérateur, qui enregistrerait directement les autorisations à chaque étape. Mais de l'outil à l'humain, il n'y a qu'un pas et Dominique Ben Dhaou était venue rappeler : « On a perdu du bon sens dans l'entreprise : le digital n'est pas un frein mais un levier. Cela nous offre des opportunités pour voir le travail et les relations humaines de façon différente ». La directrice de Point North et spécialiste des ressources humaines, a insisté sur l'importance de faire évoluer les procédés de recrutement. « Il faut s'appuyer sur des capacités d'adaptation avec des personnes capables d'apprendre rapidement ».

Des exemples inspirants venus d'autres secteurs

Des exemples hors de la pharma sont également venus rythmer la journée organisée par la SFSTP. Olivier Louedin, directeur de la Fab Smart & Innovate operations chez Air Liquide, est ainsi venu présenter le projet 4.0 du géant français des gaz industriels : 20 millions d'euros pour connecter et optimiser à distance les 20 sites français du groupe et analyser le milliard de données par jour, qui émanent des usines. Un dernier exemple marquant est venu du Québec et de l'agroalimentaire, avec le témoignage de Stéphanie Chagnon, vice-présidente exploitation de Fruit d'or, leader mondial de la transformation de canneberge. En 2015, un incendie a détruit leur principal site de production. La responsable est venue montrer comment ce sinistre a été l'occasion de penser différemment la production en intégrant un maximum d'outils connectés dès la conception d'une nouvelle usine. Un bon exemple d'évolution des états d'esprits qu'ont appelé de leur voeux les intervenants, à l'instar de Karim Vissandjee : « Dans l'industrie pharmaceutique, on était très replié en interne, il faut s'ouvrir, aller chercher des solutions à l'extérieur ». Une journée qui aura certainement motivé les acteurs de l'industrie à faire ce premier pas.

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