Nous suivre Industrie Pharma

Une extension polyvalente dédiée à la synthèse à façon

DE LEVERKUSEN, NICOLAS VIUDEZ

Sujets relatifs :

, ,

Saltigo a récemment étendu son site ZeTO de Leverkusen en s'appuyant sur une installation flexible pour produire une grande variété de molécules. La filiale de Lanxess souhaite ainsi booster ses capacités de production sur ce marché porteur.

Au Chempark de Leverkusen, la nuit, on ne voit qu'elle à des kilomètres à la ronde. La croix-logo de Bayer, l'ancienne maison-mère de Lanxess, est toujours omniprésente, sous la forme d'une installation lumineuse imposante, perchée à une vingtaine de mètres du sol. Elle semble veiller comme un totem familier sur le site ZeTO de Saltigo. ZeTO pour Zentrales Technikum Organisch, un acronyme derrière lequel se cache un site de production pilote entièrement dédié à la synthèse à façon. Saltigo, la filiale de Lanxess dédiée à la chimie fine, a inauguré le 28 novembre 2017, l'extension de ce site pilote qui fêtait également à cette occasion ces 50 ans d'existence. Dès janvier 2018, Saltigo voit ainsi ses capacités de production boostées. « Nous produisons à 10 % pour la pharmacie, 15 % pour la chimie fine et à 75 % pour l'agrochimie », précise Torsten Derr, qui ne détaillera pas davantage les types de produits sortant du ZeTO, secret industriel oblige. « Nous observons à la fois une augmentation des volumes de production et l'arrivée de molécules de plus en plus complexes » souligne cependant le dirigeant. 60 millions d'euros auront été investis pour transformer le site quinquagénaire en usine adaptée aux évolutions du marché de la chimie. La clé de son évolution réside dans la flexibilité, une qualité indispensable pour s'adapter à la diversité des commandes et à la sophistication galopante des produits.

 

Une flexibilité totale de la production

ZeTO est en fait constitué de deux bâtiments, ZeTO 1 et ZeTO 2, des faux jumeaux, nés en même temps, au coeur des années 60, mais avec une différence de taille à l'avantage du ZeTO 2. La flexibilité est présente dès la réception des marchandises avec le nouveau hangar de stockage. Au lieu de réservoirs fixes, les matières premières sont acheminées par des citernes mobiles au format container, auxquelles sont raccordés les conduits qui vont alimenter l'usine et ses 75 réacteurs, capables de fournir des lots de l'échelle pilote à la production industrielle, pour un volume total de 470 mètres cubes. Parmi ces réacteurs, un équipement de 16 mètres cubes a été installé dans ZeTO 1, monté sur des cellules de chargement sensibles à la pression, ce qui permet un contrôle précis des phases de dosage et de déchargement. Mais la vraie originalité de l'extension du ZeTO réside dans son réseau de conduits. Sur le papier, un vrai labyrinthe de connectiques et de tuyaux, et à la clef, la possibilité d'interconnecter l'ensemble des équipements nécessaires au process. Chaque réacteur peut être couplé, combiné pour additionner les synthèses et produire des molécules complexes. « Nous disposons d'un permis qui nous autorise à produire quasiment toutes les substances chimiques », précise Torsten Derr. Les produits radioactifs et les OGM faisant partie des quelques exceptions de ce permis à spectre large. Le ZeTO compte ainsi une grande diversité de technologies dans son portfolio : amination, cyanation, halogenation, alkylation et acylation, méthylation, nitrilation, etc. La manipulation de composés carcinogènes est également possible, de même que la synthèse d'aromatiques fluorés. Le site comprend enfin une plateforme cGMP pour la production d'actifs pharmaceutiques.

 

Le « made in Germany » face à la concurrence chinoise

Avec cet investissement, Saltigo souhaite également surfer sur la tendance actuelle de défiance vis-à-vis de la production chinoise, pour récupérer des commandes, en mettant en avant son "made in Germany". Et Torsten Derr d'insister, lors de son discours inaugural, sur les actions développées par les industriels du Chempark pour réduire les risques de pollution du site. Une forme de clin d'oeil appuyé à l'actuel casse-tête chinois de gestion des déchets qui a occasionné de nombreux arrêts et ruptures d'approvisionnement. Station d'épuration XXL, incinérateur, site d'enfouissement des déchets prévu pour durer : les entreprises du Chempark ont fait les choses en grand pour montrer patte blanche sur leur capacité à limiter l'impact environnemental. Une façon également de rassurer le voisinage immédiat du site. Avec les cessions de Bayer et la création de nouvelles entreprises, le plan du Chempark de Leverkusen, qui matérialise les différentes entreprises présentes sur le site, a des faux airs de puzzle coloré, signe du bouleversement survenu dans ce secteur, ces dernières années. Depuis 2006, année de sa création, Saltigo a su se faire un nom dans ce paysage en investissant 300 millions d'euros sur son seul site de Leverkusen. L'entreprise possède également un site de production à Dormagen, à une vingtaine de kilomètres de Leverkusen. Saltigo est une filiale du groupe Lanxess, spin-off lancé en 2004 de l'activité chimie de Bayer. Elle emploie 1 200 personnes dans le monde et a généré 1,72 milliard d'euros de ventes en 2016.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Un manomètre avec avertissement étalonnage

Un manomètre avec avertissement étalonnage

Crystal Engineering, une unité d'Ametek Sensors, Test & Calibration, a ajouté un système d'avertissement automatique « étalonnage nécessaire » à son manomètre XP2i. Le[…]

01/07/2018 | FournisseursMESURE
Un test de détection des endotoxines

Un test de détection des endotoxines

Tubes coniques pour les protéines

Tubes coniques pour les protéines

Un manomètre intelligent

Un manomètre intelligent

Plus d'articles