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Un vaccin contre l'asthme allergique ?

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Un vaccin contre l'asthme allergique ?

Les nanotaxis permettent d'administrer des séquences d'ADN de l'allergène pour combattre l'asthme allergique.

© © Bruno Pitard

Des chercheurs de Nantes ont élaboré un vaccin novateur contre l'asthme, administré en intramusculaire chez la souris.

Et si nous produisions dans notre organisme les allergènes nécessaires pour se désensibiliser à une allergie ? Une idée saugrenue mais qui a été employée par une équipe de l'Institut du thorax (CNRS/Inserm/Université de Nantes) pour élaborer un vaccin par injection intramusculaire contre l'asthme allergique. Cette maladie respiratoire chronique affecte près de 300 millions de personnes dans le monde et 250 individus en meurent prématurément, chaque année. « Dans la plupart des cas, l'asthme allergique est engendré par une mauvaise réponse immunitaire causée par un allergène, engendrant une production des immunoglobulines de type E qui sont responsables d'une réaction allergisante débouchant sur l'asthme allergique », explique Bruno Pitard, directeur de Recherche CNRS et de l'équipe Innovations en biothérapie de l'Institut du thorax. Actuellement, deux types de traitement de l'asthme allergique existent. L'un consiste à traiter les symptômes de la maladie par des corticoïdes, sans toutefois la guérir. Une autre méthode vise à traiter de manière pérenne l'asthme allergique, via une administration répétée de doses croissantes d'allergène pour en diminuer (plus ou moins efficacement) l'hypersensibilité de l'organisme. Un protocole que les chercheurs de l'équipe Innovations en biothérapie de l'Institut du thorax ont complètement modifié pour l'adapter à Derf 1, un allergène commun déclenchant l'asthme allergique véhiculé par l'acarien Dermatophagoides farinae. « Plutôt que d'administrer des extraits protéiques d'allergènes de manière répétée pour diminuer la sensibilité, nous avons travaillé à partir de séquences d'ADN spécifiques de l'allergène », indique Bruno Pitard.

Des nanotaxis comme moyen de transport

 

Pour délivrer ces séquences d'ADN au sein du muscle, les chercheurs ont utilisé un nanovecteur constitué d'une molécule synthétique. Ces nanotaxis ont été mis au point quelques années auparavant par l'équipe, puis brevetés et exploités commercialement par la société biopharmaceutique nantaise In Cell Art, dont Bruno Pitard est un des fondateurs (voir Industrie Pharma n°27). Le transport des séquences d'ADN de lallergène engendre une synthèse protéique de l'allergène dans l'organisme. « Cela le force ainsi à produire des immunoglobulines de type G, orientant le système vers une réponse non allergisante et protectrice. Cela permet en quelque sorte de rééduquer le système immunitaire », détaille le directeur de l'équipe de recherche. Et les résultats sont probants après deux injections à trois semaines d'intervalle chez un modèle murin atteint d'asthme allergique. En effet, les chercheurs ont constaté une réduction significative de l'hypersensibilité des voies aériennes et des niveaux de cytokines inflammatoires en comparaison avec des souris asthmatiques non vaccinées. « Outre lefficacité thérapeutique, les nanovecteurs offrent une meilleure résistance des principes actifs encapsulés aux conditions environnantes comme la température, et assurent une délivrance plus sécurisée par rapport à des systèmes de délivrance classiques », ajoute Bruno Pitard.

Les travaux de l'équipe de l'Institut du thorax sont au stade de l'étude préclinique réglementaire. « Les essais complémentaires sur l'homme devraient durer entre trois et quatre ans. Si les essais sont concluants, une commercialisation du vaccin serait envisageable dans une petite dizaine d'années », précise le chercheur. Quant au protocole de vaccination, il avait déjà fait ses preuves dès 2010 pour une autre pathologie, le carcinome hépatocellulaire, qui est l'une des principales évolutions de la cirrhose du foie. Preuve de l'intérêt grandissant pour ce système de délivrance, le géant mondial de la pharmacie Sanofi a engagé un partenariat avec In Cell Art afin de trouver un moyen d'utiliser les nanovecteurs pour la délivrance de médicaments. Bruno Pitard et ses collègues ne comptent toutefois pas s'arrêter là : « Nous travaillons actuellement à l'élaboration de vaccins prophylactiques basés sur nos nanotaxis, pour lutter contre des bactéries pathogènes et des virus émergents tels que celui de la grippe H5N1 ».

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