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Un système « plus rapide, plus efficace et plus sûr »

Un système « plus rapide, plus efficace et plus sûr »

SIGNATURE D'UNE CONVENTION CADRE, LE 3 NOVEMBRE 2011.

© © Harald Gottschalk

Depuis le 3 novembre 2011, les rappels de lots de médicaments passent par un nouveau système mis en place par l'Afssaps et l'Ordre des pharmaciens. Il permettra d'accélérer la diffusion de l'information.

« Dans ce contexte de crise et cette sensation de crise, il est important que nous marquions notre engagement sur le présent et le futur afin de redonner confiance », a affirmé Dominique Maraninchi, directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Dans cet objectif, l'Agence s'est rapprochée de l'Ordre des pharmaciens pour améliorer les retraits et rappels de lots de médicaments. « Notre but est de nous associer, nous rapprocher dans un même objectif de santé publique. Toute la chaîne des produits de santé est impliquée pour rassurer sur la sécurité de l'ensemble de notre système », a-t-il ajouté. C'est dans ce but que l'Afssaps et le Conseil national de l'Ordre national des pharmaciens (CNOP) ont signé, le 3 novembre, une convention cadre concernant le retrait et le rappel de lots de médicaments. Depuis cette date, le système du Dossier pharmaceutique (DP) mis en place par le CNOP permet d'accélérer la diffusion des informations auprès des officines et ainsi améliorer les retraits de lots. « Il arrive qu'il y ait des lots ou plus rarement des produits retirés du marché. Il faut que ces décisions soient immédiatement applicables », a souligné Dominique Maraninchi. Le nouveau système devrait permettre de « passer de 48 heures à quelques minutes » pour informer toutes les pharmacies de France, s'enthousiasme celui qui s'est chargé de sa mise en place, Jean-Pierre Paccioni, président du Conseil central de la section B.

Concrètement, cette convention dont le premier point porte sur les retraits et rappels de lots de médicaments vise à « rendre cette procédure plus rapide et plus sûre et de fournir une information plus complète », indiquent les deux organismes. La décision d'un rappel de lot est prise par le pharmacien responsable du laboratoire pharmaceutique dont le médicament présente un défaut. Le laboratoire reçoit d'abord des réclamations. Toutes les réclamations ne donnent cependant pas lieu à un retrait de lot de médicaments. « Sur 140 millions de boîtes mises sur le marché, nous avons environ 1 000 réclamations qui concernent des boîtes abîmées, des problèmes de notices, des comprimés abîmés, etc. », signale Jean-Pierre Paccioni, qui cite l'exemple de son laboratoire GSK. Une fois le problème signalé, le pharmacien responsable juge si l'événement peut avoir « des conséquences sur la santé publique. Il peut alors réunir une cellule de crise qui va analyser et vérifier le problème signalé avant d'en informer l'Afssaps », détaille Jean-Pierre Paccioni. Avant le 3 novembre 2011, la suite des opérations était régie par une convention signée dans les années 90 entre l'Ordre national des pharmaciens, Les Entreprises du médicament (Leem) et la Chambre syndicale de la Répartition pharmaceutique (CSRP). Le rappel ou retrait de lot validé par l'Afssaps était transmis par le pharmacien responsable du laboratoire pharmaceutique aux grossistes répartiteurs par fax. Après une ressaisie du texte qui ne devait pas dépasser 748 caractères, le message était relayé vers les officines sous forme de bordereau inséré dans les bacs de livraison de médicaments. « Il fallait environ 48 heures pour que l'information arrive aux officines et nous étions relativement limités dans la taille du message. Ce système ne pouvait pas évoluer et pouvait induire des erreurs », constate Jean-Pierre Paccioni. Le rapprochement avec l'Ordre national des pharmaciens et l'utilisation du Dossier pharmaceutique permettent aujourd'hui d'améliorer le système. Ainsi depuis le mois de novembre, le message validé par l'Afssaps est adressé par le pharmacien responsable du laboratoire concerné à l'hébergeur du Dossier pharmaceutique. A ce moment, le message est relayé à l'ensemble des pharmacies connectées au DP, en métropole et dans les départements d'Outre-Mer. « Plus de 20 800 pharmacies sont équipées du DP. Dans certains départements, c'est 100 % des officines qui l'ont mis en place. Près de 17 millions de Français ont un DP », souligne Isabelle Adenot, présidente du CNOP. Elle précise par ailleurs que ce système a été financé « par la profession ». Un système qui permet dorénavant de diffuser les informations sur les rappels et retraits de lots « de façon plus rapide, plus directe et de toucher l'ensemble des officines de façon synchrone », s'est félicité Dominique Maraninchi (Afssaps). Le message qui arrive dans les pharmacies devra être pris en compte immédiatement. En effet, le message s'affiche sur tous les écrans d'ordinateurs de l'officine et bloque le système jusqu'à sa prise en compte. « En France, entre 40 et 50 rappels de lots sont effectués en moyenne chaque année », indique Jean-Pierre Paccioni. Le nouveau système fonctionnera par ailleurs 7j/7 et 24 h/24. Il interviendra par exemple les jours fériés pour les pharmacies de garde. Pour les officines qui ne sont pas équipées du DP et les distributeurs en gros, un système de « télécopies du texte de l'alerte » est maintenu. La quarantaine de tests effectués en un an ont permis d'établir une moyenne de 17 minutes pour informer toutes les officines équipées du DP. « Il s'agit d'un système plus efficace, plus sûr, plus rapide. Il est important que les pharmaciens s'emparent du DP », s'est félicité Isabelle Adenot (CNOP).

Et la mise en place de ce système auprès des officines n'est qu'une première étape. Jean-Pierre Paccioni a déjà commencé à travailler sur un système concernant les rappels de lots dans les hôpitaux. Pour la suite, il se prend à rêver d'un système qui demain bloquerait les commandes en cours chez les grossistes répartiteurs. Et par la suite d'utiliser le datamatrix pour avoir une traçabilité complète pour un rappel de lots jusqu'au patient. « Pour l'instant, nous n'avons pas de limites, mais nous devons stabiliser chaque avancée au fur et à mesure », souligne-t-il avant de donner rendez-vous en janvier pour l'étape concernant les hôpitaux et de préciser qu'il s'agit « d'un programme de plusieurs années de développement ».

 

Le message bloque le système dans les officines jusqu'à sa prise en compte.

 

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