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Un projet de 70 M# en stand-by

Julien Cottineau

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Il n'est plus fréquent de voir se profiler de larges investissements en France dans l'industrie chimique. La plupart des grands projets ont une fâcheuse tendance à fleurir hors de l'Hexagone et même hors du Vieux continent. A l'heure, en outre, où la réindustrialisation du pays est un des sujets récurrents, notamment dans le cadre des présidentielles, Arkema n'avait pas imaginé rencontrer une quelconque opposition à un projet de 70 millions d'euros pour renforcer sa filière française des polymères fluorés. Et en convoquant un comité central d'entreprise (CCE) le 17 février pour présenter le projet, la direction n'avait pas prévu de se trouver confrontée à une grève surprise entraînant le blocage et l'arrêt temporaires des deux sites concernés : Pierre-Bénite (Rhône) et Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence). Cette grève d'une journée, sous l'impulsion de la CGT, a eu pour effet le report sine die du CCE et du projet, la direction n'ayant pas du tout goûté cette péripétie. D'autant que les deux sites venaient tout juste de redémarrer des unités temporairement fermées lors du récent et très vigoureux épisode hivernal.

« De quoi consolider la filière PVDF d'Arkema » 
 

Le projet aujourd'hui en stand-by comporte deux volets. L'objectif principal est d'augmenter à Pierre-Bénite de 50 % les capacités de polyfluorure de vinylidène (PVDF), polymère fluoré que le groupe commercialise sous la marque Kynar et qui est utilisé dans les peintures, l'offshore, et dans des segments en forte croissance comme le traitement de l'eau, le photovoltaïque ou les batteries ion-lithium. Soit de quoi consolider la filière PVDF d'Arkema en France et pérenniser le site. Sur ce volet, qui comprendrait la création d'une dizaine de postes contre une suppression d'environ cinq, soit un solde positif, il n'y a pas d'opposition. C'est le second volet qui coince. En parallèle de l'installation d'un nouveau réacteur de PVDF à Pierre-Bénite, Arkema prévoit une restructuration sur le site de Saint-Auban afin d'y réorganiser les productions de solvant chloré trichloroéthane (T111) pour justement optimiser l'alimentation en T111 des potentielles extensions de capacités de PVDF. Or, la restructuration envisage la suppression d'une vingtaine de postes sur six ans, à savoir des départs en retraite qui ne seraient pas remplacés, selon la direction. Affirmant que « la CGT n'est absolument pas opposée à des investissements », Jean-Marie Michelucci, coordinateur du syndicat pour Arkema, s'indigne du fait qu'à « chaque fois qu'il y a des investissements, la direction restructure ». Le syndicat a ainsi voulu marquer les esprits avec une grève éphémère. D'autant que le contexte actuel avec le projet de cession du pôle Vinyliques au groupe Klesch continue d'inquiéter et que Saint-Auban a déjà suffisamment subi de fortes restructurations ces dernières années, selon la CGT. Si le volet des suppressions de postes a également inquiété les autres syndicats, ceux-ci n'ont en revanche pas suivi la grève. « La CFDT demandait depuis "x" mois et années des investissements sur ces deux sites, il était donc inconcevable de lancer un mouvement de grève à l'approche de ce CCE », affirme Gérard Staes, délégué syndical central FCE-CFDT d'Arkema. Opposée à la CGT sur la façon de procéder, la CFDT sera cependant « très vigilante sur les futures organisations du travail mises en place dans le cadre de ce projet », reconnaît-il. Le syndicat consulte actuellement les salariés des deux sites pour déterminer leur position et décider de la marche à suivre. Mais, comme d'autres organisations, relance la direction d'Arkema pour remettre au plus vite le projet sur la table.

 

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