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Un laser pour remplacer les aiguilles

Aurélie Dureuil

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Pantec Biosolutions en bref

- Création en décembre 2005

- 20 employés

- 1,2 M CHF de subventions de l'Agence suisse pour la promotion de l'innovation

- 20 M CHF levés en 2010

- Pas de chiffre d'affaires pour le moment

Un laser pour remplacer les aiguilles

© Pantec Biosolutions

Pantec Biosolutions allie un système utilisant lasers et patchs transdermiques pour délivrer les médicaments de façon intradermique sans piqûre. Elle publie les résultats de ses premières études cliniques.

Si le Liechtenstein est connu en tant que paradis fiscal, le pays est peu cité quand il s'agit de recherches et d'innovations dans le domaine de la santé. C'est pourtant dans la principauté qu'a été créé Pantec Biosolutions, en décembre 2005. La jeune société propose de s'affranchir des aiguilles pour délivrer des médicaments. Sa réponse : le laser. Pour toutes ces substances qui doivent être injectées dans les tissus de façon transdermique, Pantec Biosolutions développe une solution utilisant un laser afin de créer des micropores dans l'épiderme pour faciliter le passage de la substances qui est contenue dans un patch.

Le système laser est nommé Please (Painless laser epidermal system). La société qui a reçu le brevet sur cette technologie en septembre 2009 disposera de deux équipements : dans un premier temps, un destiné aux professionnels de la santé et, à plus long terme, un utilisable par les patients à leur domicile. La technologie Please permettra aux patients d'utiliser à leur domicile le laser avant d'appliquer un patch contenant le traitement. Le laser fonctionne sur une surface équivalente à une pièce d'un euro. En fonction de l'application, il permet de créer entre un et environ 700 micropores. La taille des micropores pouvant être adaptée à la taille de la molécule qui doit pénétrer. En 2006, la société a mené une étude auprès de 12 volontaires sur la tolérance du laser sur la peau. Les résultats ont montré que les patients ont constaté « peu ou pas d'inconfort » et qu'« aucune brûlure n'a été relevée sur les couches adjacentes de l'épiderme ».

Reste alors à déterminer la taille des molécules qui peuvent passer à travers le derme. « Ces micropores autorisent le passage de molécules de petites et grandes tailles. Nous avons démontré que nous pouvons délivrer des vaccins par exemple », se félicite Christof Boehler, p-dg de Pantec Biosolutions. Pour l'heure, la société se concentre sur des traitements intervenant dans la fécondation in vitro. Car la société développe également les patchs contenant les molécules actives.

Une première étude clinique

Pantec Biosolutions s'intéresse aux traitements hormonaux dans le cadre de fécondation in vitro. Un marché que la société estime entre 1,5 et 2 milliards de dollars. L'entreprise effectue actuellement des essais cliniques. Pantec entend par exemple apporter une solution aux femmes devant suivre un traitement contre l'infertilité. « Ces femmes doivent subir environ 50 injections ou plus. En général, il s'agit d'une injection par jour pendant un mois ou plus. Ce sont des procédures douloureuses et qui présentent des risques potentiels d'infection », souligne le p-dg. Pantec Biosolutions a publié en février les résultats d'une étude clinique de phase I sur la délivrance de l'hormone folliculostimulante (FSH) en utilisant le système Please et un patch. « Le but de cette étude était d'examiner les principales caractéristiques de pharmacocinétiques ainsi que la sécurité et la tolérance d'un patch de la protéine FSH sur des volontaires sains de sexe masculin », indique la société qui souligne que « la taille et les propriétés physico-chimiques de cette protéine FSH (dont la masse atomique est de 32 kiloDalton), ne permettent pas une imprégnation passive à travers la peau intacte ». Les volontaires avaient donc préalablement été traités avec le laser. « Ce pré-traitement a créé des microcanaux dans la couche la plus externe de la peau, la couche cornée, pour faciliter le passage de la FSH à travers la peau et accélérer son entrée » dans la circulation sanguine. Ainsi, alors que l'hormone ne peut pas passer la barrière de l'épiderme quand il est intact, la création de micropores et l'application d'un patch ont permis à la FSH de se diffuser dans le sang « avec une pharmacocinétique reproductible et une variabilité inter-individu négligeable », selon les conclusions de l'étude diffusées par Pantec Biosolutions.

Forte de ces résultats, la société, qui emploie 20 personnes, a procédé à une levée de fonds en juillet. Au cours d'un tour de table de 20 millions de francs suisses (15,4 M€), Pantec Biosolutions a accueilli un nouvel actionnaire, l'Autrichien The StemCell Holding spécialisé dans les investissements dans le secteur des sciences de la vie. La société s'est refusée à donner des détails sur la répartition de cette levée de fonds. Cette opération renforce la situation financière de Pantec Biosolutions qui peut aborder une nouvelle étape stratégique de son développement. « Nous prévoyons une commercialisation dès l'année prochaine de notre appareil destiné aux professionnels pour les applications de dermatologie », confie Christof Boehler. En parallèle, Pantec Biosolutions poursuivra ses études cliniques sur la combinaison de deux patchs hormonaux transdermiques candidats avec le système Please dans les traitements de fécondations in vitro. Le dirigeant envisage par ailleurs le lancement d'essais cliniques dans le traitement de cancer de la peau « en fin d'année ou l'année prochaine ».

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