Nous suivre Industrie Pharma

Un laboratoire d'État : rêve, utopie, impertinence ?

La rédaction

Sujets relatifs :

, ,

La presse se fait régulièrement l'écho, depuis quelque temps, des ruptures de stocks de certains médicaments de grande nécessité, la plupart du temps en traitant bien évidemment les laboratoires pharmaceutiques de tous les noms d'oiseaux !

Je n'entrerais évidemment pas dans la polémique, qui comme toute joute oratoire ou scripturaire serait inutile et inféconde, mais me risque à vous dire que « I have a dream that one day....», l'État aurait toute autorité et légitimité à posséder son propre laboratoire, en complément de ceux existants, et en cas de besoin ou d'urgence sanitaire avérées, fabriquerait les médicaments (génériqués ou non) qu'il estimerait devoir mettre à la disposition de ses concitoyens. Après tout, cela éviterait de penser que les 90 millions de doses vaccinales H1N1, commandées par notre célèbre ministre de la Santé reconvertie en animatrice télé, auraient eu comme seule finalité d'enrichir certains laboratoires. Comme il en fut de même pour le Tamiflu, et pour lequel des centaines de palettes dorment aujourd'hui dans des entrepôts militaires près d'Orléans, en attendant la prochaine épidémie, voire pandémie.

Somme toute, l'État fabrique bien des « produits d'armement » de toutes sortes, à la fois pour ses propres besoins, et pour en faire un commerce lucratif selon toute vraisemblance. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour l'un des trois piliers d'un État, qui, je le rappelle, sont la Défense, la Santé et l'Éducation.

Comme l'État fixe lui-même les prix des médicaments, il pourrait aussi fixer les siens. Cela serait amusant ! Nous verrions inéluctablement le déficit de la Sécu fondre comme neige au soleil. Et puis, on constaterait que la recherche publique est faite de chercheurs qui trouvent, et non de chercheurs qui cherchent, en mettant sur le marché des produits innovants, y compris pour les maladies orphelines, avec des coûts de R&D et de production permettant de mettre à disposition du public des médicaments peu onéreux, sans rupture de stocks, en maîtrisant et en s'assurant la maîtrise de ses approvisionnements, donc de l'indépendance sanitaire de notre pays.

Une telle usine, toutes formes galéniques confondues, coûterait en construction et équipements 5 à 6 % du déficit de la SS annoncé pour 2013. Donc peanuts car, assurément, le retour sur investissements ne prendrait pas plus de deux à trois ans.... !

Et puis, ce laboratoire serait le fleuron de l'industrie pharmaceutique française, comme l'ont été à leur époque les réalisations comme Caravelle, Concorde ou le TGV, et ferait partie, c'est certain, du Top 5 des laboratoires mondiaux. Et puis, cela mettrait un peu de piment et d'émulation dans cet univers soumis, si l'on en croit Patrick Pelloux, au « lobbying infernal et scandaleux des laboratoires privés » !

Bon, pas de panique. Toute cette élucubration n'est que le fruit d'un rêve, si irréaliste et impertinent soit-il ! ..... Et pourtant !

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Les Philippines poursuivent Sanofi pour le Dengvaxia

Les Philippines poursuivent Sanofi pour le Dengvaxia

Le gouvernement philippin a annoncé, le 1er mars, son intention d'engager des poursuites contre des responsables de Sanofi Pasteur pour « négligence grave ayant entraîné la mort » concernant le[…]

Nouvelles recommandations de l'ANSM pour les médicaments à base d'argile

Nouvelles recommandations de l'ANSM pour les médicaments à base d'argile

Scott Gottlieb, le n°1 de la FDA démissionne

Scott Gottlieb, le n°1 de la FDA démissionne

Délais raccourcis pour les essais à design complexe et thérapie innovante

Délais raccourcis pour les essais à design complexe et thérapie innovante

Plus d'articles