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Un géant styrénique

Julien Cottineau

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On ne voit pas tous les jours émerger un "player" de plus de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Un nouveau venu qui recense 19 sites industriels sur trois continents, plus de 3 600 salariés, et qui s'empare d'emblée du leadership mondial. En mariant leurs activités styréniques au sein de l'entité Styrolution, BASF et Ineos se renforcent. Ils en profitent aussi pour alléger leurs périmètres d'un segment qui a largement souffert de la crise et des surcapacités mondiales. Selon le dernier rapport en date de Chemicals Market Associates (CMAI), les activités styréniques dans le monde disposeront début 2011 de 6 millions de tonnes par an de surcapacités. Pour autant, CMAI note que l'environnement des styréniques refleurit. D'une part car la boulimie de projets d'usines a cessé, et que, d'autre part, la demande repart à la hausse, inaugurant une période de croissance sur les cinq prochaines années. Estimé à 20 Mt/an de capacités installées et à un chiffre d'affaires annuel de plus de 60 milliards d'euros par l'International Styrene Industry Forum, le marché mondial des styréniques retrouverait donc des couleurs. Ce qui devrait plutôt sourire à un géant déjà très bien positionné.

Ineos et BASF détiendront Styrolution à parts égales. Ineos, dont les activités styréniques en 2010 pèseront environ 2 Mrds €, s'acquittera auprès de BASF d'un petit complément, dont le montant est resté confidentiel, pour l'obtention des 50 % du capital de Styrolution, sachant que le groupe allemand injecte des activités dont les ventes avoisineront les 3 Mrds € cette année. Basé à Francfort, en Allemagne, Styrolution entrera officiellement en activité le 1er janvier prochain. La nouvelle entité sera dirigée par Roberto Gualdoni, promu p-dg. L'actuel président de la division styréniques du géant allemand sera secondé par Christoph de la Camp, actuel directeur financier d'Ineos Nova. A l'origine, Styrolution était le nom donné par BASF à sa filiale créée au début de l'automne pour y inclure l'ensemble de ses activités styréniques. Comme envisagé et souhaité, le géant allemand ne sera donc pas seul à bord. S'il est le plus grand contributeur en termes de ventes, BASF apporte à Styrolution un réseau solide mais concentré, avec six usines dont deux en Allemagne, et ses unités en Belgique, en Corée du Sud, en Inde et au Mexique. Toutes ses productions de styrène monomère (SM), d'acrylonitrile-butadiène-styrène (ABS), de copolymères de styrène-butadiène (SBC) et de polystyrène (PS) seront reversées dans Styrolution. A l'exception des productions de polystyrène expansé (PSE). A Ludwigshafen et Nanjing, BASF conservera également ses unités de SM/PS pour ses productions de PSE. Ineos aussi conservera ses productions de PSE. Le groupe britannique contribuera pour près de 2 200 salariés et 13 usines à la coentreprise : cinq usines aux États-Unis, cinq en Europe dont celle de Wingles en France, et les usines en Thaïlande, en Inde et au Canada. Ce dense réseau comprendra les unités de la coentreprise Ineos Nova, et nécessitera donc le rachat par Ineos de 50 % des parts de Nova Chemicals. Ce qui est une cause entendue, sans que le montant de la transaction n'ait été divulgué. Avec cette force de frappe, Styrolution a de quoi faire frémir Styron. L'ancienne division de Dow, acquise par Bain Capital Partners cette année, pèse un chiffre d'affaires presque deux fois moindre (3,7 Mrds $, soit environ 2,8 Mrds €). Un géant en chasse un autre.


 

 

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