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Politique de santé : Un CSIS conforme aux attentes de l'industrie

À Dreux, Laura Hendrikx

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Politique de santé : Un CSIS conforme aux attentes de l'industrie

Frédérique Vidal, ministre de la Recherche, de l'Enseignement supérieur et de l'Innovation.

© CSIS

Le 8e Conseil stratégique des industries de santé s'est déroulé, le 10 juillet 2018, à Matignon, soit deux ans après le dernier en date. L'occasion pour le gouvernement de présenter une série de mesures visant à rendre la France attractive pour les industries innovantes du secteur de la santé.

C'était le rendez-vous à ne pas manquer. Mardi 10 juillet, l'industrie pharmaceutique française avait les yeux rivés sur Matignon, où se déroulait le 8e Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), en présence d'une trentaine de dirigeants de laboratoires d'envergure internationale. Parmi eux, Boehringer Ingelheim et MSD en ont profité pour annoncer des investissements à venir en France. Le gouvernement a, quant à lui, présenté une série de mesures. « Les principaux axes des engagements de l'État ont pour objectif de rendre la France attractive pour les industries innovantes », a déclaré Frédérique Vidal, la ministre de la Recherche, de l'Enseignement supérieur et de l'Innovation, dans le cadre de sa visite du site d'Ipsen à Dreux (Eure-et-Loir), l'après-midi même. Des axes qui portent sur l'accélération des délais d'accès au marché, la mobilisation de la recherche française, une industrie tournée vers l'innovation et un dialogue plus stable et plus lisible.

Concrètement, l'État envisage de réduire les délais d'accès au marché à 180 jours et les délais d'autorisation des essais cliniques respectivement à 60 jours au niveau des CPP, 45 jours pour les médicaments et les dispositifs médicaux et 110 jours pour les médicaments de thérapies innovantes, tout en accélérant les dispositifs d'accès précoce à l'innovation. En ce qui concerne la mobilisation de la recherche française, le gouvernement souhaite développer un mandataire unique, favoriser les liens entre le public et le privé et créer un Health Data Hub, qui ambitionne de devenir l'une des plus grandes bases de données santé au monde. Pour l'innovation, les mesures consistent à développer une filière de médicaments de thérapie innovante, à faire émerger un « hub mondial des biotechnologies de demain » en France et à mobiliser 2 milliards d'euros de financements publics et privés à travers les fonds Innobio II et FABS. Enfin, le gouvernement envisage de simplifier les règles de régulation du marché des médicaments, de redéfinir les orientations du Comité économique des produits de santé (CEPS) pour « donner toute sa place à la négociation conventionnelle » et de préparer la réforme de l'évaluation des médicaments. Concernant la visibilité, le CSIS prévoit de mettre en place un plancher maximal de croissance annuelle de 3 % pour les prix des médicaments innovants et de 0,5 % du chiffre d'affaires, correspondant à 1 % des dépenses remboursées, pour l'ensemble des médicaments sur trois ans.

Accélérer et simplifier les processus de valorisation

L'ensemble de ces engagements devrait, à terme, permettre de résoudre le problème du passage de l'innovation vers le marché. « Les mesures que nous portons dans le cadre du CSIS permettront de rendre plus rapides et plus simples les processus de valorisation », a déclaré Frédérique Vidal, qui a évoqué une réorganisation des agences afin d'éviter les allers-retours et la lourdeur de l'administration et du contrôle. Selon elle, l'objectif est d'aller plus vite tout en garantissant la sécurité à travers une méthodologie commune à l'État et à l'industrie du médicament. La ministre de la Recherche, de l'Enseignement supérieur et de l'Innovation a souligné que ce 8e CSIS sortait du schéma selon lequel l'industrie voudrait aller trop vite, tandis que l'État aurait tendance à trop la réguler. « Rarement depuis sa création en 2004, l'instance exclusive de dialogue entre le gouvernement et les industriels de la santé aura débouché sur des mesures aussi opérationnelles », a indiqué le Leem, qui se félicite également de la fin de la surtransposition des textes européens. L'association France Biotech a, quant à elle, salué « un signal fort en faveur des start-up et des PME de la Healthtech », mais préconise la mise en place de dispositifs permettant aux fonds privés et aux Français d'investir plus facilement dans l'industrie d'avenir que constitue la santé.

MSD VA INVESTIR 80 MILLIONS D'EUROS EN FRANCE

L'Américain MSD a annoncé, dans le cadre du 8e CSIS, qu'il allait intensifier ses activités en France, à travers un plan d'investissements de plus de 80 millions d'euros. « Depuis un an, l'impulsion politique nouvelle en faveur de l'innovation conforte nos plans d'investissements en R&D et dans le digital. Les signaux envoyés par le CSIS, qui devraient permettre d'améliorer les conditions d'accès au marché des innovations thérapeutiques et de renforcer l'attractivité de la recherche clinique, nous encouragent à poursuivre notre engagement et à renforcer nos investissements dans ce pays », a déclaré Cyril Schiever, président de MSD France. Dans le détail, 45 ME seront consacrés au soutien de programmes de recherche translationnelle et clinique, notamment pour promouvoir une soixantaine d'essais cliniques en oncologie. Un investissement qui placera la France en tête des pays contributeurs aux essais cliniques du groupe en Europe, cette année. Par ailleurs, 10 ME seront investis dans les données de santé, et 25 ME dans la transformation digitale

BOEHRINGER INGELHEIM CONSTRUIT UN SITE DE 200 MILLIONS D'EUROS À LYON

Lors du 8e CSIS, Boehringer Ingelheim a annoncé qu'il allait construire un nouveau site de production de vaccins contre la fièvre aphteuse et la fièvre catarrhale à Jonage, près de Lyon (Rhône). Le futur bâtiment de 15 000 m2 sera le fruit d'un investissement de 200 millions d'euros. La pose de la première pierre aura lieu à l'automne 2018, pour une mise en service prévue pour 2021. Ce nouveau centre permettra de répondre à la demande mondiale en matière de lutte contre ces deux pathologies, mais aussi de constituer des banques d'antigènes, réserves stratégiques de vaccins activables rapidement par les gouvernements en cas d'épidémie. « Ce projet illustre à la fois la position de leader scientifique et commercial de Boehringer Ingelheim dans la lutte contre la fièvre aphteuse dans le monde, ainsi que le rôle central de la France dans ce combat permanent contre cette maladie », a déclaré Érick Lelouche, président de Boehringer Ingelheim Santé animale en France. Si Lyon fait figure de choix stratégique pour ce nouveau site de production, c'est notamment parce que celui-ci va pouvoir travailler en étroite collaboration avec les autres sites de Boehringer Ingelheim, déjà bien implantés dans la zone. Le processus de formulation et de conditionnement des vaccins qui y seront produits sera réalisé sur le site voisin de Lyon Porte-des-Alpes (Saint-Priest). Le nouveau centre de production de Jonage devrait entraîner la création d'une centaine d'emplois qualifiés.

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