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Un automate de criblage des biofilms

La lutte contre les biofilms ou agrégats de bactéries est une préoccupation commune aux hôpitaux (infections nosocomiales) et à de nombreux industriels, comme ceux de la pharmacie. Créée en 2004 à Clermont-Ferrand, la start-up Biofilm Control a mis au point un procédé de criblage, automatisable, à haut débit et peu coûteux, pour découvrir des agents anti-biofilms. Le Biofilm Ring Test évalue la capacité des micro-organismes à former des biofilms. L'analyse est réalisée dans une microplaque de 96 puits dans lesquels une solution de bactéries et de particules magnétisables est déposée. Au moment du test, la microplaque est posée sur des aimants de façon à ce que sous le fond de chaque puits se trouve un aimant. En l'absence de biofilm, les particules vont subir l'influence du champ magnétique et s'amasser au centre pour former une tache visible sur un lecteur spécifique. À l'inverse, lorsqu'un biofilm se développe au fond du puits, les particules sont progressivement immobilisées. Moins nombreuses à réagir au champ magnétique, elles produisent une tache moins nette, qui disparaît même, lorsque le biofilm est totalement formé. Cette technique de détection est testée par trois équipes CNRS de Rouen, INSA Lyon et Institut Pasteur Paris. « Notre technologie est déjà validée. Nous avons lancé la commercialisation des systèmes depuis ce printemps. À présent, nous sommes dans une phase de retours d'expérience des utilisateurs », explique Thierry Bernardi, p-dg de Biofilm Control. Une polymérothèque d'exopolysaccharides La machine se compose d'un lecteur piloté par une station informatique, utilisée avec un kit constitué de microplaques de 96 puits et des microbilles magnétiques. Les applications sont multiples, depuis le criblage de molécules anti-biofilms jusqu'à la sélection de produits de traitements de surface, d'antiadhésifs, en passant par l'étude des compétitions bactériennes. L'outil a également un intérêt diagnostic dans la réalisation d'antibiogrammes. « À l'origine, nous avons développé cette technologie dans le but de découvrir de nouveaux agents anti-infectieux. Nous sommes en train de réviser notre modèle d'affaire pour nous réorienter vers ce drug discovery. La machine a mobilisé notre temps mais depuis nous cherchons un partenaire pour l'optimiser en le rendant encore plus automatisé, d'ici au début de l'année prochaine », précise-t-il. Tous les biofilms ne sont pas indésirables. Lors de leur formation, les micro-organismes synthétisent des polymères originaux. « Ces exopolysaccharides trouvent de nombreuses applications comme agents de texture dans la cosmétique et comme excipients en pharmacie. Ils constitueront une polymérothèque », souligne Thierry Bernardi. n N.T.

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