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Transcure Biosciences

Florence Martinache

Les clés

2011 date de création (2012 pour l'animalerie d'Archamps).

5 employés : 2 à Archamps et 3 en Suisse.

1,3 M CHF env. de chiffre d'affaires prévu pour 2012 (env. 1,1 M€)

100 CHF (830 000 € de capitaux de départ fournis par les cofondateurs, 1200 000 CHF (1 M€) du premier client)

Différentes aides en cours de demande

Transcure Biosciences

Patrick Nef, le dirigeant.

© © TransCure bioServices

La start-up franco-suisse Transcure Biosciences œuvre en vue de mettre au point une thérapie curative contre le virus du Sida (VIH). Elle a pour l'instant mis sur pied une animalerie très particulière.

« L'éradication du virus du Sida est le but ultime ». Patrick Nef nourrit ce rêve et tente de le concrétiser à travers Transcure Biosciences, la société qu'il dirige. Fondée à Genève en décembre 2011, son histoire a commencé avec la volonté de trois professeurs, des universités de Genève, Zürich et Pretoria, de mettre en commun leurs recherches. L'objectif : mettre au point et tester une thérapie définitive contre le Sida. Pour les aider dans la mise en place de la structure, ils ont fait appel à Patrick Nef, docteur en biochimie qui a multiplié les expériences de responsable scientifique ou business au sein de diverses sociétés pharmaceutiques et de biotechnologie. La thérapie sur laquelle reposent les espoirs des fondateurs de Transcure Biosciences s'inspire du cas du « patient de Berlin ». En 2008, à Berlin, un homme VIH-positif et traité en conséquence avait contracté un lymphome, cancer du système lymphatique, pouvant toucher entre autres les lymphocytes T CD4+, cibles du virus du Sida. Le traitement du lymphome impliquait une greffe de moelle osseuse compatible et l'arrêt du traitement anti-VIH. Particularité : le donneur choisi pour ce patient faisait partie d'une infime partie de la population du nord de l'Europe, résistante au VIH. Suite à cette greffe, le taux d'anticorps contre le VIH du patient a chuté et depuis 4 ans, ce taux est passé sous le seuil détectable, et cela sans prise d'antirétroviraux. Et même si certains scientifiques prônent la prudence quant au terme de « guérison », de grands espoirs sont nés du cas de ce patient. Il faut savoir que les rares personnes chez qui le virus du Sida ne fait pas mouche présentent une mutation sur l'un ou les deux allèles du gène codant pour le co-récepteur CCR5 des lymphocytes T. Celui-ci étant la porte d'entrée du VIH dans ses proies. L'idée de la start-up est donc simple sur le papier : manipuler génétiquement les cellules hématopoïétiques du patient, génératrices entre autres des lymphocytes T, pour empêcher la fonction du co-récepteur CCR5.

Il s'agit de faire subir au patient une greffe autologue, c'est-à-dire de prélever des cellules de sa moelle osseuse, détruire celles restantes, puis lui greffer les cellules prélevées rendues résistantes à l'infection par le VIH.

Des souris VIH pour la recherche

Il faudra toutefois attendre un bon moment pour que la méthode soit validée ou rejetée. Les essais cliniques ne pourront en effet commencer que lorsque les 9 millions d'euros nécessaires à leur mise en œuvre auront été levés. Trois contacts ont d'ores et déjà été pris pour d'éventuels financements. Mais pour l'instant, Transcure Biosciences se concentre sur sa seconde activité : une plateforme de services. « L'un des cofondateurs, le professeur Speck de l'université de Zürich, a développé depuis 5 ans un modèle de souris VIH », le premier du genre. Il s'agit en fait d'une souris présentant un système immunitaire humain et donc sensible au VIH. Ce qui n'est pas le cas des souris non « modifiées », le VIH étant spécifique à l'homme. « Jusqu'à maintenant, le seul modèle pour étudier le Sida chez l'homme était un virus similaire chez le singe, le SIV, mais il est seulement cousin du VIH et ne se comporte pas exactement de la même façon que lui », précise Patrick Nef. Ces souris permettent donc de tester sur un petit animal non seulement les médicaments propres au VIH, mais également ceux contre l'ensemble des maladies en lien avec le système immunitaire. La start-up espère pouvoir développer des plateformes spécifiques pour chacune de ces maladies afin que les entreprises ou centres académiques intéressés puissent venir faire des tests sur la souris. En lui fournissant un million d'euros, le premier client de la société lui a permis de mettre en place sa plateforme et ainsi ouvrir une animalerie à Archamps (Haute-Savoie). L'entité, créée en avril 2012, porte le nom de Transcure Bioservices et compte deux employés sur site.

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