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Toxicologie:Cosmétiques : Immunosearch se niche dans la toxicologie prédictive  

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Voici une semaine, nos colonnes présentaient l' « homme virtuel », comme un futur cobaye de la R&D.
Voici une semaine, nos colonnes présentaient
l' « homme virtuel », comme un futur cobaye de la R&D. Le projet de la société Immunosearch est en quelque sorte un des « organes » virtuels de ce cobaye. La mission de la société provençale est de développer des tests toxicologiques alternatifs aux modèles animaux, pour répondre aux besoins des industries du parfum et de la cosmétique. Dans un premier temps. Car d'autres applications sont envisagées, en thérapeutique, notamment.
Créé en décembre 2006, Immunosearch a une genèse originale car au tout début de l'histoire, voici trois ans, c'est le premier projet de R&D labellisé par le Pôle PASS, acronyme de « parfums, arômes, senteurs et saveurs ». Face au règlement Reach et au 7e amendement à la directive des produits cosmétiques, qui vise à interdire progressivement, dès 2009 et jusqu'en 2013, l'utilisation d'animaux pour tester des ingrédients entrant dans la fabrication des produits cosmétiques, le pôle provençal décide d'initier un service de R&D susceptible de soutenir les industriels des parfums et des cosmétiques locaux (région PACA). Des contraintes réglementaires couplées à un besoin urgent de tests alternatifs aux animaux sur les irritations et allergies dermatologiques… Tous les ingrédients sont réunis pour mettre en place un projet de R&D « dans nos domaines de compé
La « Biotech virtuelle » gagne du terrain en France Quantum Geomics, Deinove, Pharnext…. Le point commun entre ces sociétés ? Leur modèle d'affaires de management d'une start-up innovante sans laboratoire physique. D'une certaine façon, elles le partagent avec Immunosearch qui possède néanmoins ses propres paillasses mais qui a développé un réseau de partenaires dense. « Nous orchestrons de la matière grise. Pourquoi développer des compétences en interne alors qu'on les trouve ailleurs? »… Les arguments ne manquent pas mais « ce modèle de recherche implique de bien négocier les contrats de recherche pour ensuite revendiquer des droits sur des découvertes », observe Hervé Groux. « C'est un business model intéressant qui est en développement en France mais je dois admettre que je n'ai jamais vu cela aux États-Unis où j'ai passé quelques années à porter un projet. » Il a quand même conservé en interne « tout le coeur de nos activités. Tous les échantillons passent par chez nous. Nous les distribuons ensuite. »

Finances 2,175 millions d'euros en capital, décembre 2006, les membres fondateurs restent majoritaires 100000 euros en janvier 2007 levés auprès des industriels Mane, Robertet et Iris Pharma 75000 euros en juillet 2008 500000 euros de chiffre d'affaires 2007-2008, liés aux activités de services Reach 2 millions euros de CA prévisionnel, liés aux activités Reach + contrats de recherche tences », glisse Hervé Groux, à la tête du projet et de la start-up depuis. Un réseau de partenaires de recherche Fort d'une solide expérience en valorisation et en développement de projets de recherche entre les États-Unis et la France, Hervé Groux constitue une équipe de vétérans du milieu académique et industriel. Pour conduire cette recherche, le laboratoire de biologie cellulaire de 200 m2 accueille onze personnes. Pour les autres technologies, Hervé Groux a tissé un réseau de partenaires. « Nous accédons à des plateformes de criblage à haut débit de laboratoires académiques », précise-t-il. À côté de ces activités de recherche, Immunosearch propose un service complet autour de Reach, depuis la réalisation des tests de toxicologie jusqu'à la rédaction des dossiers. « Nous sommes représentant exclusif de sociétés hors Europe et même parfois de sociétés françaises qui ne possèdent pas la structure pour gérer les enregistrements », souligne-t-il. La start-up a signé avec Ernst & Young un partenariat pour traiter des aspects juridiques et administratifs des dossiers. Les enregistrements intéressent les ingrédients du parfum, pas les mélanges. Grâce à Reach, la société a enregistré un chiffre d'affaires de 500000 euros sur l'exercice 2007-2008. De quoi faire avancer la pure R&D. “Développé sous contrôle dermatologique ou hypoallergénique”. Sous ces appellations se cachent une science, un savoir-faire et des technologies. C'est notamment la spécialité des biologistes d'Immunosearch. « Au lieu de faire des tests aveugles, nous avons cherché à connaître le mécanisme sous-jacent à un effet allergique ou à une réaction de peau. Nous sommes en train de recueillir des données sur la compréhension par l'identification de biomarqueurs de ces mécanismes biologiques », explique Hervé Groux. Un ensemble de données qu'il s'agit de lier entre elles et auxquelles un sens métabolique ou physiologique est donné. Pour cela, il travaille sur la mise au point d'une base de données avec une équipe de l'INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique) de Sophia Antipolis. Elle interroge d'autres bases de données accessibles sur le web en plus des données originales issues des recherches de la start-up. Un algorithme permet d'interroger le web, de traduire et de donner un sens à cette base de données tentaculaire. « Nous avons lancé ce projet voici un an. Depuis, nous avons des données sur 10000 gènes de 500 échantillons biologiques », précise-t-il. Parmi les autres partenaires : l'équipe I3S (Informatique, signaux et systèmes de Sophia Antipolis), une unité mixte CNRS universitaire de Nice qui donne accès à une plateforme de protéomique et l'Institut de pharmacologie cellulaire qui laisse accès à une plateforme génomique. Avec une autre équipe ERT (Equipe de recherche technologique) de Marseille, spécialiste des peptides, il travaille sur la création de tests prédictifs de sensibilité dermatologique. « Avec une équipe du CEA à Paris, nous accédons à une plateforme moléculaire du complément pour cribler des peptides modifiés », explique-t-il. Enfin, depuis le début de son histoire, Immunosearch est soutenu par deux industriels, Mane et Robertet ainsi qu'Iris Pharma, un CRO spécialisé dans l'œil. Une des originalités du modèle de cette société est cette grande diversification des technologies. « Diversification, en effet. Mais nous ne nous dispersons pas parce que nous nous posons une seule question scientifique. Si les origines des données sont diverses, il s'agit de bien comprendre les mêmes mécanismes », nuance le président de la société. Cette diversification a d'ailleurs un sens scientifique. Si une allergie se développe chez la souris, le porc ou l'homme, les mécanismes biologiques peuvent être les mêmes. En multipliant les modèles, on évite justement les bruits de fond pour dégager les mécanismes de voies communes. Ces travaux aboutiront à la mise au point de modèles fondés sur l'identification et la caractérisation de biomarqueurs. Ils pourraient être standards ou développés à la carte. Immunosearch n'a pas encore signé de projet de recherche mais « est en discussion avec trois projets industriels qui attendent la signature de prestation R&D ». De même, les brevets vont bientôt être déposés. Trouver sa place dans ce qu'Hervé Groux considère comme un « terrain miné » car beaucoup de brevets ont déjà été déposés dans ce domaine. « En revanche, nous avons bien fice Epargner les animaux pour sacrifier la santé d'hommes ? Gare aux HRIPT ou Human Repeat Insult Patch Test. Ce sont des tests cutanés que l'industrie cosmétique utilise pour évaluer le degré de toxicité de leurs produits. Et cette industrie contrainte d'épargner de plus en plus les animaux, utilise paradoxalement beaucoup plus d'hommes cobayes qu'auparavant. Concrètement, ces patchs contiennent le produit cosmétique mis en contact avec la peau des participants. Les tests sont répétés avec des doses variables jusqu'à ce que l'effet irritant ou l'allergie de contact se manifeste plus que clairement. De ces tests découle un risque de sensibilisation de personnes testées. Ainsi qu'un certain questionnement éthique dont la Commission européenne devrait se saisir aussi. Votre titre ici Les tests peptidiques ou le Peptide binding Quand un produit allergisant entre en contact avec la peau, le mécanisme d'allergie est provoqué par la reconnaissance par une courte protéine, un peptide, du produit chimique. Les chercheurs d'Immunosearch sont en train de développer un « portefeuillle » de peptides impliqués dans ces mécanismes immunologiques. Les molécules sont jugées « sensibilisantes » quand elles se fixent à l'un de ces peptides. S'il se fixe, le produit est sensibilisant. S'il ne se fixe pas, pas d'effet allergisant. Cette interaction est dépendante de la séquence de ces peptides. L'idée du projet « Peptide binding » est de confronter la banque de peptides caractérisés et isolés par Immunosearch à une batterie de produits chimiques. Cet outil permet de discriminer très rapidement les produits susceptibles de provoquer des effets allergisants. « Nous envisageons la possibilité de revendre la licence de ce test à une société intéressée », précise Hervé Groux. Le projet est conduit en partenariat avec un laboratoire de Marseille, spécialiste des peptides et il a été soumis à l'Oséo/Anvar pour récolter 300 000 euros. nos contrats de collaborations pour garantir une répartition équitable de la propriété intellectuelle », précise-t-il. D'ici à l'année prochaine, la surface du laboratoire doublera au moins, il comptera 10 personnes supplémentaires qui conduiront deux projets Oséo/Anvar additionnels d'une valeur de 300000 euros chacun. Le premier sur le “peptide binding” et le second sur la base de données humaines. Enfin, Hervé Groux n'exclut pas de diversifier ses travaux et outils de R&D vers des applications en sciences de la vie. Développement de tests de diagnostic, modèles de toxicologie pour évaluer des médicaments, génèse de cibles thérapeutiques… Autant de déclinaisons possibles. N.T.

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