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Edito : Tous unis contre le PLFSS 2014

Sylvie Latieule

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Edito : Tous unis contre le PLFSS 2014

Comment allons-nous financer notre sécurité sociale en 2014 ? Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, qui y travaille depuis plusieurs mois, a présenté le 26 septembre dernier son projet de loi, le PLFSS* 2014. Dans les grandes lignes, il propose de ramener en dessous de la barre des 13 milliards d'euros le déficit du régime général et du fonds de solidarité vieillesse. A titre de comparaison, ce déficit devrait atteindre 16,5 milliards d'euros cette année et si aucune mesure n'était prise, il serait attendu à 21 milliards d'euros l'an prochain, compte tenu de l'accroissement de la population et de son vieillissement.

Le tour de vis à donner est donc important. Et une fois de plus, les industriels du médicament vont devoir mettre la main à la poche. Non pas sous forme d'une contribution exceptionnelle, mais à travers des baisses de prix qui toucheront tous les types de médicaments : des princeps avec ou sans brevet, des génériques, des médicaments de ville ou hospitaliers... Au total, l'économie attendue est de 960 millions d'euros. Bien entendu, les industriels du médicament sont furieux et inquiets car il existe une forte corrélation entre les prix des médicaments et la rentabilité de leur outil industriel. Ce projet de loi est « en contradiction et en incohérence avec la politique industrielle du gouvernement », a déclaré Patrick Errard, président intérimaire du Leem. A trop vouloir faire pression sur les prix, c'est la production sur notre territoire que l'on met en péril en faisant planer des risques de délocalisation. Pourtant, les industriels du médicament avaient eu l'occasion de s'épancher sur la question lors du Comité stratégique des industries de santé (CSIS) et du Comité stratégique de filière (CSF), qui se sont tenus en juillet. Persuadés d'avoir été entendus, ils vivent ce PLFSS 2014 comme un reniement. « Nous sommes évidemment tout à fait choqués de voir que ces mesures ne prennent pas en considération le message que nous avons passé », a ajouté P. Errard. Pour le G5 Santé, le constat est le même. Ce cercle de réflexion, qui rassemble les principales entreprises françaises de la santé et des sciences du vivant, estime que des baisses des prix massives imposées sans concertation auraient des conséquences négatives sur l'emploi en France, alors que l'une des mesures phares du CSF Santé visait justement à encourager la production en France et l'emploi. A son tour, le Gemme, qui fédère les industriels du médicament générique, a fait ses comptes : plus de 200 millions d'euros de baisses prix lui seraient réclamés alors que les génériques ont permis de faire 2,4 Mrds € d'économies, rien qu'en 2012. Si l'on veut faire plus d'économies, le Gemme estime qu'il n'y a qu'à prescrire plus de génériques !

Autant dire que ce PLFSS 2014 fait l'unanimité dans la critique. Mais le projet de loi doit maintenant emprunter le chemin parlementaire. Attendons de voir si les protestations de tous ces professionnels de santé seront de nature à infléchir la mouture finale.

* Projet de loi de financement de la sécurité sociale.


 

Le projet de loi sur le financement de la sécurité sociale est en contradiction avec la politique industrielle du gouvernement.

 

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