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Toulouse : le cancéropôle sur les rails

Sylvie Latieule
Une nouvelle étape vient d'être franchie dans la création du cancéropôle de Toulouse avec l'inauguration de l'Institut de sciences et technologies du médicament de Toulouse (ISTMT) le 29 janvier dernier. Instigateur de ce cancéropôle, Philippe Douste-Blazy, ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille, avait fait le déplacement, accompagné de François d'Aubert, ministre délégué à la Recherche, et de Bernard Meunier, directeur du CNRS.
L'ISTMT est le fruit d'une collaboration de plus de vingt ans entre les laboratoires Pierre Fabre et le CNRS qui a permis notamment la découverte de la Navelbine par le Pr Potier du CNRS. Provisoirement installé sur le parc technologique Canal Biotech, l'Institut devrait déménager en 2007 sur le site de Langlade (ex-AZF) qui est en cours de réhabilitation. Trois laboratoires mixtes de recherche composent l'ISTMT dont la vocation est de découvrir des candidats médicaments, prêts à entrer en phase I, dans le domaine de l'oncologie. Chez Pierre Fabre, on espère isoler une à deux molécules par an. Mais, côté CNRS, c'est la compréhension des phénomènes qui prime. L'ISTMT s'appuiera sur un premier laboratoire spécialisé en chimie. Il s'attachera à créer une bibliothèque d'extraits de plantes naturelles, enrichie de molécules de synthèse. Avec plus de 8000 échantillons de parties de plantes, le laboratoire possède déjà une collection importante. Mais l'objectif est d'atteindre au plus vite les 20000 échantillons botaniques. Ces échantillons seront ensuite criblés par le laboratoire de pharmacologie à l'aide de robots. Pour ceux présentant une certaine activité pharmacologique, s'ensuivront des allers-retours avec le laboratoire de chimie pour mettre au point des molécules semi-synthétiques, dérivées de la molécule naturelle initiale, présentant une activité maximale et une toxicité minimale. Enfin, la troisième unité mixte va s'attacher à fournir de nouvelles cibles pour le criblage, tout en travaillant sur la compréhension des mécanismes d'action des molécules présentant une activité anticancéreuse. Au total, 60 chercheurs sont accueillis dans les trois laboratoires mixtes de l'ISTMT. S'y ajoutent 38 personnes issues du centre de recherche en oncologie expérimentale, 100 % Pierre Fabre, relocalisé sur le même site. Le montant global de l'investissement se chiffre à environ 5 M (dont 3,5 pris en charge par l'Europe et le solde par Pierre Fabre). Les frais de fonctionnement (5 M par an) sont à la charge de Pierre Fabre. La contribution du CNRS est essentiellement de la matière grise. L'ISTMT constitue l'un des piliers du futur cancéropôle de Toulouse au même titre que le nouveau centre de recherche Sanofi-Aventis, les installations existantes d'Isochem et « l'hôpital anticancéreux » promis par le ministre. De leur côté, les laboratoires Pierre Fabre ont encore d'autres projets dont la construction d'une unité de production de vinflunine, matière active du nouvel anticancéreux Javlor, et probablement la relocalisation de la plate-forme de recherche de la jeune société de biotechnologies Urogène, spécialisée en urologie, qu'ils viennent tout juste d'acheter. À terme, le groupe espère constituer à Toulouse un centre de recherche de 750 personnes, entièrement dédié à l'oncologie. Sylvie Latieule

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