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Theranexus avance sur son premier produit

Aurélie Dureuil

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La jeune société lyonnaise a lancé une phase Ib pour son premier produit dans le traitement de la narcolepsie.

L'arrivée en phase clinique aura été rapide pour la jeune société lyonnaise. Créé en mars 2013, Theranexus a procédé à l'inclusion des premiers volontaires pour la phase Ib de son premier produit en octobre 2015. « Notre étude en cours montre que notre modèle fonctionne », se félicite Franck Mouthon, président et cofondateur de Theranexus. Cette rapidité à aller vers la démonstration clinique de son produit, Theranexus l'explique par la technologie développée. C'est dans les laboratoires du CEA que Franck Mouthon et Mathieu Charvériat, les deux cofondateurs de Theranexus, se sont rencontrés. « Dans le cadre de nos recherches, nous avons identifié un mécanisme cellulaire qui permet d'améliorer l'efficacité des traitements actuels. Cette observation était inattendue. Nous travaillions dans le domaine des maladies neurodégénératives sur des modèles prions et nous avons fait cette observation sur nos modèles témoins », détaille Franck Mouthon. Il ajoute : « Ce mécanisme nous fait penser au mécanisme de la résistance aux antibiotiques mais appliquée au cerveau. Dans le cadre de maladies psychiatrique et neurologique, cette résistance oblige à augmenter les doses ou à changer de traitement ». Les chercheurs ont alors identifié les connexines au centre de ce mécanisme. « Cette cible se trouve au niveau du cerveau. En agissant sur cette cible, nous améliorons l'efficacité des traitements », indique le président de Theranexus. Forte de ce constat, la jeune société s'est plongée dans les produits existants de la Pharmacopée humaine, pour « chercher des médicaments qui pouvaient avoir une activité sur ce mécanisme ». Ce sont ces produits que développe aujourd'hui Theranexus en les associant aux premières lignes de traitements dans les indications sélectionnées.

 

Une association de deux produits connus

 

Un premier produit de Theranexus repose sur la combinaison d'un traitement contre les troubles de l'éveil et d'un autre appartenant à la Pharmacopée humaine et repositionné sur le mécanisme identifié. « Nous associons deux produits qui sont déjà en usage chez l'homme. De ce fait, les risques de développement sont mieux maîtrisés », témoigne Franck Mouthon. Une connaissance des produits qui permet à la société de débuter des essais cliniques de phase Ib à peine 18 mois après sa création pour ce traitement nommé THN102. Cette étude est coordonnée par l'unité Fatigue et Vigilance de l'IRBA (Institut de recherche biomédicale des armées) avec le soutien de la Pharmacie centrale des armées qui produit les lots cliniques. Elle est réalisée à l'hôpital d'Instruction des armées de Percy (Clamart, Hauts-de-Seine). L'étude est conduite en double-insu chez des volontaires sains privés de sommeil, avec un groupe placebo, un comparateur actif et des groupes pour lesquels le THN102 est administré à trois doses différentes. L'étude vise à évaluer l'effet de THN102 notamment « sur les capacités de maintien d'éveil et les capacités cognitives (attention, mémoire) », selon la société. Les résultats sont attendus au 1er semestre 2016 pour ce produit qui entend apporter une réponse aux patients souffrant de narcolepsie, maladie qui touche environ 10 000 personnes en France et plus de 500 000 dans le monde, selon Theranexus. La société entend débuter une phase II dès 2016 pour ensuite « chercher un partenaire industriel », confie le dirigeant.

Theranexus poursuit également le développement d'un second programme. Ce traitement concerne les douleurs neuropathiques, « qui apparaissent chez certains patients souffrant de diabète, d'accidents vasculaires cérébraux, ou plus généralement de lésions des nerfs », indique Franck Mouthon. Il précise : « Elles touchent 30 millions de personnes dans le monde. L'arsenal thérapeutique actuel repose majoritairement sur l'usage d'antiépileptique ou d'antidépresseurs. Theranexus se pose en réponse à ce besoin avec un produit combinant un antidépresseur et un médicament ciblant les connexines ». Si ce programme est moins avancé que celui dans le domaine de la narcolepsie, le dirigeant prévoit une première démonstration pharmacologique chez l'homme, à l'horizon 2017. Outre ces deux programmes, la société de neuf personnes poursuit les développements afin de « renforcer tous les aspects technologiques et la propriété intellectuelle », indique Franck Mouthon. Avec toujours l'objectif « d'amener les produits en phase II pour trouver un partenaire industriel », indique le dirigeant.

Pour poursuivre ces développements Theranexus a réalisé son premier tour de table en novembre 2014. Cette opération lui a permis de lever 3,6 millions d'euros auprès d'Auria Partners, CEA Investissement, Emergence Innovation 1 et Rhône-Alpes Création. La société réfléchit actuellement à « renforcer les équipes sur le business development et sur l'activité de recherche », indique Franck Mouthon. Un deuxième tour de table est également envisagé « courant 2017 », annonce le dirigeant. Un peu plus de deux ans après sa création, Theranexus poursuit ainsi le développement de ces deux programmes et l'émergence de nouvelles combinaisons thérapeutiques.

Theranexus en chiffres

2013 : création de la société 3,6 M€ levés en novembre 2014 9 employés 2 programmes en cours

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