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Teva s'empare du pôle Génériques d'Allergan

Camille Boulate

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Fin juillet, Teva a annoncé le rachat de l'activité du pôle Génériques d'Allergan. L'Israélien essayait depuis des mois de mettre la main sur son principal concurrent, l'Américain Mylan, opération désormais abandonnée.

Coup de théâtre dans la pharmacie cet été ! Le groupe israélien Teva s'est lancé fin juillet dans l'acquisition des génériques d'Allergan pour 40,5 milliards de dollars (35 Mrds €). Une annonce d'autant plus surprenante que le leader mondial des génériques tentait depuis le printemps de s'emparer de l'Américain Mylan pour une somme presque similaire. En juin, Teva avait même pris une participation de 4,61 % dans le capital de Mylan, tandis que ce dernier, qui avait toujours refusé la fusion avec Teva, s'était lancé dans un raid sur Perrigo pour s'en prémunir. L'offre sur Allergan, acceptée à l'unanimité par les deux conseils d'administration, a désormais mis un terme aux ambitions de Teva sur Mylan.

 

L'héritage des génériques d'Actavis

Eric Vigodman, p-dg de Teva, a indiqué à l'AFP « que les génériques d'Allergan constituaient la plus haute priorité pour son groupe ». En s'emparant du pôle Génériques d'Allergan, Teva - qui a réalisé 20,3 milliards de chiffre d'affaires en 2014 - se placerait directement dans le top 10 des laboratoires pharmaceutiques mondiaux. L'entreprise table, pour 2016, sur un chiffre d'affaires pro forma de 26 Mrds $ et Ebitda d'environ 95 Mrds $.

Teva indique qu'Allergan recevra 33,75 Mrds $ en numéraire et 6,75 Mrds $ sous formes d'actions, conférant à Allergan une participation de 10 % au capital de l'entreprise israélienne. La transaction devrait être finalisée d'ici à la fin du premier trimestre 2016. Depuis la fusion avec Actavis pour 66 Mrds $, l'activité générique d'Allergan représente un catalogue d'environ 1 000 produits et pèse 6,75 Mrds $ de ventes, dont 4,1 Mrds $ rien qu'en Amérique du Nord (sur les 23 Mrds $ de chiffre d'affaires en 2014). L'accord entre Teva et Allergan porte d'ailleurs sur l'héritage des génériques d'Actavis. L'ensemble des unités de production génériques, des structures commerciales d'OTC (excepté celles destinées aux produits oculaires), le fournisseur Medis, les unités de R&D, et certaines marques internationales passeront sous le giron de l'Israélien. En revanche, Allergan ne cède pas son activité de biosimilaires et entend simplifier son modèle de fonctionnement en gérant désormais 12 unités de production et en se focalisant sur sept aires thérapeutiques : ophtalmologie, esthétique (notamment grâce au Botox), santé féminine, gastroentérologie, l'urologie, le système nerveux central, et les maladies infectieuses. Sans son activité Génériques, le laboratoire américain s'attend à générer un chiffre d'affaires pro forma d'environ 15,5 Mrds $ pour l'année 2015. Après déduction d'impôts et charges diverses, la transaction devrait représenter un pécule net de 36 Mrds $ en numéraire, calcule Allergan qui compte réinvestir cette somme pour « accélérer les perspectives robustes de croissance » de ses activités et marques. De son côté, avec cette acquisition, Teva prendra le contrôle de 29 usines de production et pôles de R&D ainsi que de 16 000 employés supplémentaires. « Cette transaction marque une nouvelle étape dans notre plan qui renforcerait notre position, déjà forte », a insisté Eric Vigodman. À un horizon de trois ans, Teva entrevoit des synergies et des économies de coûts annuelles d'environ 1,4 Mrds $ (opération, production, vente, marketing).

Allergan met la main sur Naurex

En parallèle de la cession de ses génériques, le laboratoire américain a annoncé mettre la main sur la société de biotechnologies Naurex, spécialisée dans les maladies du cerveau. L'accord prévoit que la société américaine verse à Naurex un premier paiement initial en cash de 560 M$ (499 M€), suivi d'un second, à l'issue de la transaction attendue pour janvier 2016, de 100 M$. Cette entreprise détient plusieurs produits en développement, notamment dans la dépression majeure, dont les plus avancés sont en phase II et III.

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