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Techniques spatiales et vaccination réunies pour lutter contre la dengue

Sylvie Latieule

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Un vaccin contre la dengue proche de la commercialisation

La dengue est une maladie due à un virus transmis par les moustiques, qui existe sous quatre formes distinctes (sérotypes 1 à 4). Elle menace près de la moitié de la population mondiale et touche environ 220 millions de personnes par an, dont deux millions, principalement des enfants, développent une fièvre hémorragique. De nombreux facteurs ont contribué à la résurgence de la dengue, à commencer par l'urbanisation et l'augmentation des voyages. Sanofi Pasteur mène depuis près de 20 ans des recherches pour la mise au point d'un vaccin. Un candidat - qui cible les quatre sérotypes - est désormais en phase III avec des études cliniques conduites en Amérique Latine et en Asie. Les premiers résultats seront connus fin 2012. Le programme mondial d'études cliniques devrait inclure près de 45 000 participants, enfants et adultes de 15 pays différents. Parallèlement, Sanofi Pasteur a déjà annoncé en 2009 un investissement de 350 M€ pour la construction d'une unité de production. C'est le site français de Neuville-sur-Saône qui a été retenu pour accueillir cet outil d'une capacité de 100 millions de doses par an, dont les premiers lots commerciaux sortiront en 2014. Même s'il s'agit d'un produit de haute technologie, Olivier Charmeil, président de Sanofi Pasteur a assuré que son groupe pratiquera un « pricing responsable », en accord avec les États, pour que les populations à risque soient protégées.

Techniques spatiales et vaccination réunies pour lutter contre la dengue

Sanofi Pasteur conduit des essais cliniques pédiatriques en Thaïlande.

© © Sanofi Pasteur

LE CNES ET SANOFI PASTEUR S'ALLIENT POUR AMÉLIORER LA CONNAISSANCE AUTOUR DES ÉPIDÉMIES DE DENGUE ET LIMITER LA TRANSMISSION DE CETTE MALADIE QUI REPRÉSENTE UNE MENACE PLANÉTAIRE.

Quel est le point commun entre le Centre National d'Etudes Spatiales (Cnes) et Sanofi Pasteur, la branche vaccins du groupe Sanofi ? Ces entités ont toutes deux décidé de relever des défis de santé publique au plan mondial en utilisant chacune ses propres outils. Pour l'une, la surveillance satellitaire pour prévoir les épidémies. Pour l'autre, le développement et la production de vaccins pour soigner les populations. Sur la base de cette ambition commune, le Cnes et Sanofi Pasteur viennent d'annoncer le lancement d'un projet pilote visant à lutter contre la dengue. Une maladie due à quatre types de virus différents et qui est transmise par les moustiques. Elle représente aujourd'hui une menace pour près de la moitié de la population mondiale. Les départements et territoires français d'outre-mer ne sont pas épargnés. En 2010, les îles des Caraïbes ont été touchées par la plus grave épidémie jamais enregistrée.

Moyennant des budgets limités de 100 000 euros par partenaire et par an, mais l'appui de nombreux chercheurs, le Cnes et Sanofi Pasteur vont tenter de cartographier les zones de la planète menacées par la dengue, par l'utilisation de nouvelles technologies d'images satellites. Ce projet nécessitera 2 à 3 ans de recherches selon Muriel Lafaye, responsable Environnement, climat, santé au Cnes.

A charge ensuite pour Sanofi Pasteur de lancer des partenariats avec les gouvernements pour mettre en place des campagnes de vaccination appropriées, sachant que son vaccin en phase III de développement se rapproche de la commercialisation. En matière de pandémie, « le vaccin est une partie de la réponse, il faut combiner nos approches », a déclaré Olivier Charmeil, président-directeur général de Sanofi Pasteur, pour justifier ce partenariat.

Le projet n'en demeure pas moins d'une forte complexité. Non content de proposer des cartographies de zones à risques, il vise surtout à modéliser ce que pourraient être les futures zones d'épidémies. Heureusement, le projet ne part pas de zéro. Il va utiliser les techniques de « télé-épidémiologie » déjà mises au point par le Cnes et le Laboratoire d'Aérologie. Il s'agit d'une méthodologie brevetée qui croise à la fois des données environnementales, climatiques, entomologiques, microbiologiques... pour déboucher sur une sorte de « météo des moustiques » qui va de pair avec la transmission de virus. L'observation spatiale apporte pour sa part des informations précises sur l'environnement susceptible d'agir sur le développement des moustiques et des microorganismes, telles que l'eau, le climat, la végétation, les sols. Un étang, un bidon, mais aussi un pneu abandonné sont autant de sites où peut se produire une prolifération larvaire, tout particulièrement dans des zones chaudes et humides de la planète ! Le Cnes a déjà eu l'occasion d'expérimenter la méthode au Sénégal dans le cadre de deux projets. L'un dans la vallée du Rift où il s'agissait de fournir des cartes de présence de moustiques qui menaçaient la santé du bétail. Ce projet a représenté 10 ans de travail. L'autre à Dakar visait à déterminer le risque de paludisme dans la ville (5 ans d'études). A noter que d'autres agences spatiales comme la Nasa ou la Jaxa (agence spatiale japonaise) travaillent également sur cette thématique de la télé-épidémiologie. « Beaucoup pensent que la méthode du Cnes serait la voie à suivre », a déclaré Muriel Lafaye.

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