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Sus aux antibiotiques

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Sus aux antibiotiques

Sylvie Latieule Rédactrice en chef

Une journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques organisée le 18 novembre, le lancement d'un vaste plan européen, avec une déclinaison française promise par Xavier Bertrand, ministre de la Santé... En France, comme dans toute l'Europe, on consomme trop d'antibiotiques. Le problème est que leur prescription rassure. Rien qu'en France, on pourrait probablement réduire d'un quart la consommation. C'est du moins l'objectif que se fixe le plan de Xavier Bertrand.

Mais l'usage excessif d'antibiotiques ne doit pas être mis qu'à l'actif des patients. Il faut aussi regarder du côté des éleveurs. « Chez les animaux, les antibiotiques aujourd'hui, c'est automatique ! Plus de la moitié de la production mondiale est destinée aux bestiaux, affirmait Didier Pittet, de l'OMS, à l'occasion du 3e Forum mondial sur les infections nosocomiales (propos rapportés dans L'Express). La promiscuité des animaux dans les élevages en batterie oblige les producteurs à administrer préventivement des antibiotiques à l'ensemble du troupeau. C'est le seul moyen qu'ils ont trouvé pour éviter les épidémies. » Si le plan français épargne les éleveurs déjà rendus responsables de la pollution des nappes phréatiques, le plan européen les met plus clairement en cause. Cette consommation des antibiotiques doit à tout prix être contenue à cause des phénomènes de résistance qui font peser un risque majeur sur la santé publique. Chaque année, 25 personnes meurent d'une infection due à des bactéries résistantes dans l'Union Européenne, et les données récentes confirment que le nombre de patients infectés continue d'augmenter. « L'émergence des bactéries à NDM-1 pan-résistantes ou, encore plus récemment, l'épidémie d'infections à E. coli multirésistante en Europe illustrent la gravité de cette menace » souligne le groupe BioMérieux, engagé de longue date dans la lutte contre la résistance bactérienne et les maladies nosocomiales. Et en période de contraction des dépenses de santé, l'Union européenne estime que l'on pourrait économiser 1,5 milliard d'euros en évitant des dépenses supplémentaires, liées à ces problèmes de résistance. Outre le bon usage des antibiotiques et la maîtrise des consommations, un bon moyen de lutter contre des bactéries récalcitrantes est l'innovation. Malheureusement, ce domaine thérapeutique est victime d'une baisse d'intérêt de la part des grands groupes pharmaceutiques. « Le nombre d'antibiotiques en développement décline de 30 % par décennie », estime BioMérieux. Un autre chiffre peut sembler inquiétant : 80 % des antibiotiques vendus en France sont des génériques, par définition des médicaments dont le brevet a été déposé il y a plus de 20 ans. Mais si certains grands acteurs ont préféré renoncer à ce domaine de l'antibiothérapie, comme Sanofi ou Roche, d'autres grands noms sont heureusement restés dans la course comme AstraZeneca, GSK ou Merck, tandis que des start-up émergent. Rien qu'en France, on peut citer Da Volterra, Nosopharm ou Deinove. Il n'est peut-être pas trop tard pour résister contre la résistance. Mais l'effort doit être collectif et le plus global possible.


On pourrait économiser 1,5 Mrd € en évitant des dépenses liées à ces problèmes de résistance.

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