Nous suivre Industrie Pharma

Stratégie : Eli Lilly veut viser les bonnes cibles

Sujets relatifs :

,
Mieux cibler les thérapies: Sydney Taurel, le président de Lilly, a fixé pour son groupe cette priorité, le 5 octobre à Fegersheim.
Il venait célébrer les 40 ans du site alsacien d'insuline et hormone de croissance, le plus important de Lilly dans le monde (1800 salariés), et y lancer officiellement les travaux d'un nouveau laboratoire de microbiologie de 20 millions d'euros, partie prenante du programme local d'investissements de 280 M€ entre 2003 et 2008. « Nous devons tendre vers un nouveau modèle de développement de produits afin de rééquilibrer la balance entre les bénéfices et les risques liés aux effets secondaires, un rapport que le principe de précaution fait actuellement pencher vers le second terme », a déclaré Sydney Taurel. De façon concrète, Lilly entend exploiter plus à fond tous les outils technologiques en devenir, comme la théranostique, la pharmacogénomique ou les biomarqueurs, ces derniers étant déjà utilisés pour plus de 80 % des candidats médicaments du groupe situés en phase I. En exemple, le dirigeant cite le Strattera, produit non stimulant de lutte contre le déficit de tension chez l'enfant: de 50 % sur un panel général de patients, le taux d'efficacité est passé à 60 % en ciblant les anxiogènes, soit une performance qui se rapproche des 70 % atteints par les non-stimulants. De même, une thérapie pour le lymphome non Hodgkinien ciblée sur les patients insensibles au rituximab amène Lilly à travailler sur l'enzastaurine. Celle-ci forme l'une des molécules en phase III avec l'olanzapine (neurosciences), l'insuline inhalée (attendue sur le marché en 2010), le prasugrel concurrent de Pravix (cardiologie) et l'arzoxifène contre l'ostéoporose. Lancer un produit biotechnologique par an à partir de 2011 Les biotechnologies forment un autre axe décisif de développement: « Nous en sommes devenus le cinquième acteur mondial. Elles représentent le tiers de notre pipeline et notre objectif consiste à lancer deux nouveaux produits par an, dont un biotech à partir de 2011 », a annoncé Sydney Taurel. Peuvent-elles fleurir dans l'Hexagone? « Votre pays jouit d'excellentes compétences scientifiques et d'une longue tradition des sciences de la vie. Ce qui lui fait davantage défaut, c'est l'attitude positive par rapport à la prise de risque et à la création d'entreprise », répond le dirigeant américain. Qui accorde toutefois à l'équipe Sarkozy le bénéfice de la « reconnaissance de la valeur de l'innovation », à travers les crédits d'impôts. Il salue la « répartition plus large de l'effort » de réduction du déficit de la Sécurité sociale, sous-entendu une politique moins focalisée sur l'industrie pharmaceutique: « auparavant, 65 % de l'effort était concentré sur les médicaments qui représentent 20 % des dépenses de santé ». Une R&D renforcée en Chine et en Inde Francophile et parfait francophone, Sydney Taurel n'en calcule pas moins ses coûts. Il ne cache pas l'attrait de la fiscalité comme facteur de choix de l'Irlande pour un récent investissement. Quant à la Chine, elle concentre désormais 20 % des capacités de R&D chimique du groupe. « Nous restons vigilants sur les risques en matière de propriété intellectuelle », signale le président. À ce titre, Lilly a instauré en Inde un « modèle de R&D à bas prix » qui pourrait être promis à bel avenir. Le groupe fait appel à des partenaires locaux qui développent des molécules pour son compte, et non sous licence. Il conserve l'exclusivité de la propriété en cas de succès des essais. Christian Robischon

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition  »

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition »

Créateur du Genopole d'Evry, qu'il a dirigé de 1998 à 2017, Pierre Tambourin nous livre ses réflexions sur l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans la traitement du Covid-19. La pandémie de[…]

27/03/2020 | Coronavirus
Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Bioproduction : Les propositions du Leem pour renforcer la filière

Bioproduction : Les propositions du Leem pour renforcer la filière

Plus d'articles