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Stanipharm

Aurélie Dureuil
Stanipharm

Les nanoparticules sont déposées sur l'excipient.

© © Stanipharm

La jeune société nancéenne a développé une technologie utilisant le CO2 supercritique pour donner une nouvelle vie aux principes actifs peu solubles en fin de brevet.

Reprendre des parts de marché avec un médicament proche de la fin de brevet grâce aux nanoparticules, tel est le positionnement de Stanipharm. La société propose une seconde vie pour les principes actifs peu solubles. « Pour un médicament en fin de brevet, les laboratoires pharmaceutiques travaillent sur une reformulation différenciée afin de donner une nouvelle vie au médicament avec des coûts et des risques de développement réduits », détaille Frantz Deschamps, cofondateur et dirigeant de Stanipharm. La société a développé un procédé de cristallisation des principes actifs sous forme de nanoparticules. Un procédé découvert au sein de la société Separex, spécialisée dans les équipements utilisant du CO2 supercritique. « Nous avons mis au point ce procédé en 2008 pour la production de nanoparticules cristallines qui se dissolvent rapidement dans l'eau. Nous avons vu le potentiel pour l'industrie pharmaceutique qui compte aujourd'hui sept produits sur le marché incorporant ce type de nanoparticules. Elles sont produites par un procédé top-down qui consiste en des étapes de broyage en voie humide. Or certaines poudres de principe actif ne peuvent pas être broyées. C'est sur ce marché de niche que nous nous positionnons aujourd'hui », indique le dirigeant. Le procédé de Stanipharm, nommé StaniTab, permet d'obtenir des particules, par exemple de 200 à 300 nm, qui vont alors se dissoudre rapidement dans l'eau. La société a également développé le procédé StaniJect qui repose sur le même principe, mais est mis en œuvre pour produire des nanodispersions injectables à libération prolongée de prodrogues lipophiles. Le dirigeant souligne par ailleurs que « ces deux procédés sont réalisés en une seule étape et sans solvant ».

Le spin-off a été créé en 2010 pour valoriser cette technologie auprès des laboratoires pharmaceutiques. Une démarche payante, puisque Stanipharm a enregistré des premiers contrats dès sa création. « Trois clients ont déjà mené avec succès des tests précliniques chez l'animal », confie Frantz Deschamps.

Une activité pour les nouvelles molécules

Maintenant que la preuve de concept a été obtenue pour la reformulation de molécules existantes, la société s'attaque au marché des nouvelles entités chimiques. « Aujourd'hui, plus de 60 % des molécules en développement ne sont pas assez solubles et demandent une formulation spécifique pour être biodisponibles », indique Frantz Deschamps qui voit des applications potentielles pour son procédé. « La technologie reste la même. La grande différence réside dans la très faible quantité de produit disponible à ce stade précoce du développement. Nous travaillons actuellement sur le scale-down du procédé afin de le mettre en œuvre à toute petite échelle », précise-t-il. La société qui dispose d'un laboratoire de développement, de deux salles blanches, et d'un laboratoire analytique entend ainsi se concentrer sur la mise au point de ces nouvelles applications.

La société travaille également à la montée en échelle de son procédé. « Nous avons vocation à produire un nombre croissant de lots cliniques. Nous confierons ensuite la production commerciale soit à nos clients, soit à des CMO partenaires », confie Frantz Deschamps. Pour la mise au point du procédé à l'échelle commerciale, la jeune entreprise a conclu un partenariat avec IFP Énergies nouvelles. Dans ce cadre, l'organisme public de recherche fournira des compétences en modélisation, génie des procédés et ingénierie. L'objectif est : « d'extrapoler ce procédé » et notamment par des travaux de « compréhension fine de ce procédé à l'aide d'outils de modélisation in silico et sur la conception d'un réacteur à grande échelle ». Au sein de ses installations de Champigneulles, Stanipharm produit actuellement des lots jusqu'à environ 100 g. L'objectif est d'atteindre des productions de dizaines de kilogrammes, selon le fondateur.

Les clés

7 employés

400 000 € levée de fonds en juin 2010

800 000 € CA cumulé 2010-2012

50 m2 de salles blanches et laboratoires à Champigneulles (54)

8 brevets

Aides : OSEO/ISI (Projet Vitrena), Agence de mobilisation économique du conseil régional de Lorraine (Projet Bioprolor)


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