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Soyons les ambassadeurs de notre excellence

La rédaction

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Le dernier congrès des Printemps de la Production Pharmaceutique portait sur l'excellence des sites industriels en France et donc sur le « Made in France ». Je suis surpris de constater à quel point ce sujet est quasiment tabou, voire polémique, et l'extrême prudence avec laquelle il est traité.

Il a été rappelé le protectionnisme affiché des pays nord-américains, asiatiques, japonais ou maghrébins. Aussi, certains hauts dirigeants français, plus particulièrement les façonniers jugent opportun de préciser les étapes de fabrication sur les boîtes, en étendant cette initiative à l'échelle européenne, et d'offrir des crédits aux entreprises favorisant la production nationale. D'autres, représentants des « Big Pharma », s'insurgent : « Comment peut-on être un secteur exportateur de plus de 5 milliards d'euros et vouloir être protectionniste ? » Ils se disent prêts à ne plus recevoir de subventions en France si la fiscalité est réduite ! En agitant le spectre de PME asphyxiées et condamnées à licencier.

Je ne reviendrai pas, pour l'avoir traité dans une précédente chronique, sur les éléments qui nous permettent d'affirmer l'excellence des sites industriels implantés sur le territoire national. C'est un fait sur lequel tous les dirigeants s'accordent. Mais cette course à l'excellence, louable par ailleurs, nous amène à vouloir être « les premiers de la classe », y compris en Europe. Nous nous inventons des contraintes réglementaires, techniques et technologiques toujours plus « haut, toujours plus fort », sans être en capacité de l'imposer aux autres. Des exemples ? Après avoir imposé le Datamatrix, il y a à peine 5 ans, ce qui a coûté une petite fortune à notre industrie, on peut se demander si cela a réellement servi à quelque chose à l'heure de la mise en oeuvre de la « Sérialisation » ! Nous nous imposons, en France, une origine de nos matières premières de très haute qualité, alors que des filiales implantées ailleurs n'hésitent pas à s'approvisionner dans des pays qui n'offrent pas les mêmes niveaux de qualité. Ce qui, d'ailleurs, a amené, récemment, l'ANSM, à retirer du marché français une bonne centaine de produits fabriqués dans ces dits pays.

Pendant combien de temps continuerons-nous à nous « tirer une balle dans le pied » ? Quand oserons-nous défendre l'excellence de notre industrie ? Nous devrions être les promoteurs, les ambassadeurs de ce savoir-faire, de cette qualité. Le Cluster Polepharma, par la voix de son Président, a d'ailleurs proposé au LEEM 3 axes : Favoriser la production en France via un Crédit Impôt production ou un allègement des taxes spécifiques, Développer la filière de fabrication de génériques en France, et Intégrer la dimension industrielle et sociétale dans la régulation via une politique industrielle ambitieuse. Il serait temps de se pencher et d'approfondir ces propositions, sans tabou, sans polémique.

 

Je suis surpris de constater à quel point le sujet du "Made in France" est quasiment tabou, voire polémique.

 

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