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Social : Vague de restructurations chez les “big pharma”

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AstraZeneca, Johnson & Johnson, Amgen et Bristol-Myers Squibb ont annoncé cet été de vastes mesures d'économies.
Après Pfizer, Sanofi-Aventis et Merck ces derniers mois, c'est au tour d'AstraZeneca (AZ), Johnson & Johnson (J&J), Amgen et Bristol-Myers Squibb (BMS) d'annoncer de nouvelles mesures d'économies et de réduction de leurs effectifs. À l'occasion de la publication de ses résultats semestriels, AZ a ainsi rendu public la suppression de 4600 postes, soit 11 % des effectifs si l'on prend en compte les 3000 déjà annoncées en février dernier. Si la première vague de restructuration touchait principalement les usines du groupe, la seconde concerne les ressources humaines, la visite médicale et le marketing (1800 postes), ainsi que les systèmes d'information et support (1800), la R&D (700) et à nouveau les usines (300). En France, le groupe emploie 2500 personnes et possède deux sites de production, suite à la vente de celui de Monts au suédois Recip Pharma. AZ justifie notamment ces mesures par les ventes décevantes de Toprol (metoprolole) prescrit contre l'hypertension, et son anti-ulcéreux Inexium (esoméprazole). Pour maintenir sa rentabilité, il devra trouver 900 M$ (660 M€) d'économies annuelles. J&J supprime 3 à 4 % de ses effectifs Le groupe américain J&J compte, quant à lui, se séparer de « 3 à 4 % de ses effectifs au niveau mondial », soit « entre 3600 et 4800 postes » sur les 120500 existants. Cette restructuration qui coûterait « entre 550 et 750 M$ » (entre 403 et 550 M€), engendrerait dès l'an prochain des économies comprises « entre 1,3 et 1,6 Mrd $ » (entre 950 M€ et 1,17 Mrd €). J&J, qui a pourtant enregistré un bénéfice net supérieur aux attentes au deuxième trimestre, a été pénalisé par un effondrement de ses ventes de Procrit (époétine alfa), d'Eprex (érythropoïétine) – deux traitements contre l'anémie – et de Cypher, une endoprothèse (stent), à la suite de la publication d'études remettant en cause leur sûreté. Le groupe anticipe également un manque à gagner lié à la perte de ses brevets sur deux médicaments vedettes: Topamax (topiramate), contre les migraines, et Risperdal (risperidone), contre la schizophrénie, dont les ventes cumulées de 6,2 Mrds $ (4,5 Mrds €) en 2006 pourraient s'effondrer face la concurrence des génériques. D'autant plus qu'Invega (paliperidone), qui doit prendre le relais de Risperdal, a mal démarré. Si J&J a refusé d'avancer des objectifs de croissance sur les prochaines années, il a confirmé celui annoncé sur 2007, compris entre 4,02 et 4,07 $ par action. Selon certains analystes interrogés par le Financial Times, ce programme couplé à un rachat d'actions de 10 Mrds $ (7,3 Mrds €) pourrait lui permettre de conserver une croissance de 10 % de ses bénéfices. Amgen et BMS restent flous sur leurs futures mesures L'américain Amgen, leader sur le marché des médicaments issus de biotechnologies, a lui aussi annoncé un important programme de restructuration, qui portera sur 2200 à 2600 postes, soit 12 à 14 % de ses effectifs. Il a décidé de réduire ses coûts en raison du déclin des ventes de son blockbuster Aranesp (darbépoétine alfa), un traitement contre l'anémie dont les ventes ont régressé de 19 %, à 578 M$ (424 M€). Pour cela, il revoit à la baisse son budget de R&D, qui s'élèvera tout de même « à 3,2 Mrds $ (2,3 M€) ou 23 % de ses ventes l'an prochain ». Et va « modérer ses projets d'investissements dans ses usines ». Amgen prévoit ainsi d'économiser entre 1 et 1,3 Mrd $ en 2008, notamment en fermant certaines unités de production. Enfin, James Cornelius, le nouveau patron de BMS, a lui aussi annoncé « un programme de réduction des coûts et des effectifs dans certains domaines et la rationalisation de l'activité de certaines usines ». « Nous donnerons plus de détails plus tard dans l'année », a-t-il ajouté. Mécaniquement, BMS a relevé ses perspectives de croissance de son bénéfice sur 2007 qui devrait « dépasser les 20 % », et atteindre « entre 1,35 et 1,45 $ par action », contre une estimation précédente comprise entre 1,3 et 1,40 $. Pour l'an prochain, il confirme des conjectures, entre 1,6 et 1,70 $ par action. Ce quatrième plan vient s'ajouter aux précédentes restructurations en cours depuis 2004, et qui devraient, au total, permettre au groupe d'économiser près de 800 M$ (586 M€) par an dès 2008. C.G.

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