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SNPE cherche une porte de sortie pour sa chimie fine

Cédric Ménard
La nouvelle, attendue depuis plusieurs mois déjà par le secteur de la chimie fine française, est tombée: Isochem devrait quitter le groupe SNPE d'ici peu. Le groupe public français vient de confier à une banque d'affaires le soin « d'explorer les différentes options stratégiques relatives à l'avenir d'Isochem », selon Hervé Ruiz, délégué central CGT de la filiale. Si le nom de la banque d'affaires mandatée par SNPE n'a pas été dévoilé, il s'agirait, selon nos informations, de Rothschild & Cie.
Quant à la forme que prendra la sortie d'Isochem de SNPE, « toutes les options restent ouvertes », dont une vente en bloc ou par appartements, selon un porte-parole du groupe. Les premières conclusions de la banque d'affaires pourraient être connues avant la fin de l'année. La décision de SNPE n'est pas une surprise. « Son activité souffre toujours des conséquences de l'accident de Toulouse, qui est intervenu à un moment où le marché était très difficile », selon la direction du groupe. Concurrence asiatique et baisse de la productivité des laboratoires pharmaceutiques ont en effet mis à mal les entreprises du secteur ces dernières années. Après trois programmes de restructuration depuis 2002, la société, présente dans la synthèse à façon pour la pharmacie, les intermédiaires de spécialités et les molécules pour l'agrochimie, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 132,7 millions d'euros, en baisse de 4 %. Au cours de l'exercice, la filiale a enregistré une perte opérationnelle de 16,9 M€. En 2004, la perte s'était établie à 33,6 M€. Au-delà d'Isochem, c'est l'ensemble de l'unité opérationnelle Chimie fine de SNPE qui est concernée par la cession. Cette dernière comprend notamment NeoMPS, filiale spécialisée dans la synthèse de peptides. Une activité en croissance: les capacités de son unité strasbourgeoise vont être triplées. La chimie fine de SNPE, avec huit usines dans le monde, a aussi pour elle son expertise dans la chimie du phosgène et dans les synthèses pharmaceutiques à haute valeur ajoutée. Aujourd'hui, « Isochem est en redressement, mais ses résultats ne sont toujours pas satisfaisants. Il y a beaucoup de mouvements de rapprochement dans la chimie fine mondiale, et nous voulons y participer. »
De fait, on peut considérer que la société est allée au bout de ce qu'elle pouvait faire pour sa Chimie fine, et que la poursuite de son développement nécessite de passer le relais à un nouvel actionnaire. Le choix de ce dernier devrait sans doute être conditionné aux garanties sociales et aux perspectives de développement qu'il peut apporter, eu égard au statut public de SNPE. Outre le cas Isochem, c'est l'ensemble de la chimie fine française qui est dans une phase de transition. Après la cession par Rhodia de sa synthèse à façon pharmaceutique à l'Indien Shasun, Novasep est également sur le point de changer d'actionnaire. Sans oublier la Chimie fine et les Colorants d'Orgasynth dont la reprise va être finalisée. Un rachat conduit par David Simonnet, ex-directeur commercial d'Isochem (CPH n°355), avec le soutien du fonds d'investissement Groupe Alpha. Prochain dossier potentiel: PCAS, qui pourrait changer de mains une fois sa fusion avec Dynaction entérinée.

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