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Siemens s'attaque au marché français

Aurélie Dureuil
Siemens s'attaque au marché français

DANS L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE, LE GROUPE AFFICHE SA DIFFÉRENCE AVEC SES CDILX, CRÉÉS PAR IONPURE.

© © Siemens

Le spécialiste des automates entre sur le marché de l'eau de process. Pour l'industrie pharmaceutique, il entend se démarquer sur l'électrodéionisation avec deux systèmes.

Le groupe, qui développe notamment des solutions d'automatisation industrielle, diversifie son portefeuille de produits pour l'industrie en France, en s'engageant sur le marché du traitement de l'eau de process. Pour le secteur de la pharmacie, Siemens propose deux types de systèmes standard de traitement de l'eau : le PreVue et le système S3. Tous deux reposent sur le CDILX, « un produit pour l'électrodéionisation créé et mis à jour par la société IonPure, acquise par Siemens », confie Olivier Buridant, Key Account Manager au sein de Siemens Water technologies, high purity water. Pour le PreVue, Siemens utilise généralement un CDILX « classique ». « Ce système est commercialisé en France depuis 2005. Il fonctionne pour 300 cycles à 85 °C en continu pour délivrer de l'eau hautement purifiée », précise Olivier Buridant. La nouveauté pour le marché français est le S3. « Il s'agit d'un système d'électrodéinisation qui fonctionne en « stop and go » avec un CDILX Siemens. Le système ne produit que quand il y a un besoin d'eau hautement purifiée », détaille Olivier Buridant. Le système repose sur un CDILX spécifique qui permet une sanitisation à 85 °C à chaque demande de production et fonctionne pour 3 500 cycles à 85 °C. Quand l'utilisateur démarre son système S3, l'eau est chauffée à 85 °C puis est refroidie à 18 °C. Cette étape dure au maximum 30 minutes et est programmable. Cette opération doit être répétée après chaque arrêt du système pendant plus de 1,5 jours. La sanitisation peut être démarrée par l'opérateur ou programmée, selon la demande, grâce à l'automate Siemens. « Cette montée en température permet de détruire les bactéries et donc d'éviter les risques de formation de biofilms. Le contrôle microbien se fait de façon plus efficace, vu la sanitisation à 85 °C, qu'avec la recirculation désinfectée chimiquement », assure le responsable chez Siemens. Une fois refroidie, l'eau subit une étape d'osmose, une d'électrodéionisation puis une UF qui permet d'obtenir une conductivité inférieure à 1 micro siemens. Le système qui répond à la CFR 21 Part 11 et GAMP affiche des débits compris entre 500 l/heure et 6,5 m3/h. « L'avantage principal du système S3 est la réduction de la consommation d'un grand nombre de paramètres », avance Olivier Buridant. Le système permet d'économiser de l'énergie en ne fonctionnant pas en permanence mais seulement pour les phases d'utilisation. Par ailleurs, les eaux de rejet sont diminuées. Siemens annonce une économie annuelle de 150 kwh d'électricité et de 15 millions de litres d'eau. Sur le marché américain, le groupe chiffre à 92 500 $ (68 000 €) l'économie réalisée la 1e année, après l'installation d'un système S3. Olivier Buridant note également : « L'absence de cuve de recirculation fait du S3 un système plus compact qui occupe moins de place dans les unités ». Par ailleurs, cette installation affiche une consommation réduite de consommables comme les filtres, les systèmes d'ultra-violet, les sels et les agents chimiques d'ajustement du pH. De même, la durée de vie des pompes et des membranes de filtration est allongée. « Le système S3 fonctionne uniquement pendant les phases de production. Le reste du temps, la phase d'arrêt permet de limiter l'usure des composants et la consommation d'énergie », conclut Olivier Buridant.

Il se montre par ailleurs confiant sur l'accueil des systèmes S3 et PreVue par les industriels de la pharmacie en Europe. « Aux États-Unis, six installations pour l'industrie pharmaceutique sur dix font appel à un système S3. En Europe, une référence est déjà acquise. De plus un réel intérêt se manifeste chez nos clients », souligne le responsable du produit sur le marché européen.

Le lancement de ces produits sur le marché français s'inscrit dans une démarche plus générale de diversification de son portefeuille de produits dans l'Hexagone. Siemens s'engage en effet sur un nouveau marché : l'eau industrielle. Le groupe s'appuie sur l'expertise de l'Américain USFilter. Acquis en 2005, ce groupe rassemblait plus de 300 sociétés autour de la thématique du traitement de l'eau. Aujourd'hui, Siemens entend se développer en France, « le deuxième marché d'Europe avec un chiffre d'affaires d'environ 150 millions d'euros », indique Olivier Van Aerde, directeur Europe de Siemens Industry Water technologies, high purity solutions. L'objectif du groupe est d'atteindre une part de marché de 20 %, soit un chiffre d'affaires de 30 M€ à l'horizon 2013. « Si on arrive sur ce marché, on veut devenir n°1 ou n°2 », annonce le directeur Europe pour ce secteur. Ce développement passera par de la croissance interne mais également externe. En 2013, cette activité devrait compter entre 50 et 100 personnes. Concernant de futures acquisitions, Olivier Van Aerde se refuse à donner des précisions.

Le groupe a identifié cinq marchés prioritaires : la chimie et pétrochimie, la pharmacie, l'électricité, les boissons et l'agroalimentaire, et les semi-conducteurs et l'énergie solaire. « Nous introduisons sur ces marchés des produits phares qui nous différencient », souligne Olivier Van Aerde. Siemens proposera, entre autres, des membranes de filtration, des systèmes d'électrodéionisation, et des solutions de recyclage avant rejet des eaux de process. Afin de se positionner sur le marché français, le groupe mise sur « quatre axes stratégiques ». Le premier repose sur l'innovation. Michel Milerioux, directeur Industry solutions en France, rappelle que Siemens a investi 5,1 % de son chiffre d'affaires (76,65 Mrds €) soit 3,9 Mrds € en 2009 pour sa R&D. Olivier Van Aerde résume le deuxième axe stratégique : « Nous aidons nos clients à gérer leurs ressources en eau de la manière la plus efficace et la plus rentable ». Le groupe entend également se distinguer de ses concurrents grâce à « un portefeuille varié et une présence mondiale » avec « la plus large gamme de services et de traitements de l'eau au monde », selon Olivier Van Aerde. Enfin, la stratégie de Siemens s'appuie sur « des solutions durables ». Le groupe entend également bénéficier de sa présence dans l'Hexagone et notamment chez les industriels pour leur présenter cette nouvelle activité. En France, Siemens compte plus de 8 000 salariés, répartis dans neuf centres de R&D, sept unités de production et une trentaine de sites régionaux. La filiale française a réalisé un chiffre d'affaires de 2,67 Mrds € pour l'exercice clos au 30 septembre 2009. Un chiffre d'affaires que le groupe prévoit de doubler pour atteindre 5 Mrds € en 2015, indique Michel Milerioux.


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