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SGS Life Science Services confirme son virage vers les biotech

Propos recueillis par Sylvie Latieule
SGS Life Science Services confirme son virage vers  les biotech

ANNE HAYS EST VICE-PRÉSIDENTE EXÉCUTIVE DE SGS LIFE SCIENCE SERVICES ET MEMBRE DE L'OPERATION COUNCIL DU GROUPE SGS.

© © SGS

A travers acquisitions et développements internes, SGS Life Science Services se bâtit une gamme complète de services à destination du secteur biopharmaceutique. Anne Hays, vice-présidente exécutive, détaille les résultats et la stratégie de cette activité à très forte croissance.

Vous dirigez depuis 2010 la branche Life Sciences du groupe suisse SGS. Comment se porte cette activité ?

Anne Hays : SGS Life Science Services propose une gamme complète de services à l'industrie pharmaceutique et biopharmaceutique, mais aussi à toutes les autres industries liées aux produits de santé. Des analyses en laboratoire aux essais cliniques, SGS contribue au développement et à la mise sur le marché de produits pharmaceutiques. SGS Life Science Services réalise environ 200 millions de francs suisses de chiffre d'affaires sur un marché qui affiche une croissance soutenue. Cette année, nous avons néanmoins connu quelques difficultés sur le marché de la recherche clinique. Comme toutes les autres CRO (contract research organization, ndlr), nous avons été touchés par l'appauvrissement en nouvelles molécules des « pipelines » de l'industrie pharmaceutique. En revanche, notre activité Laboratoire comptant 19 entités réparties en Amérique du Nord, Europe et Asie, s'est particulièrement développée avec une croissance à deux chiffres. L'objectif de doublement du chiffre d'affaires à l'horizon 2014 est toujours d'actualité.

D'où vient ce succès de la branche Laboratoire ?

A. H. : L'une des clés de ce succès vient de notre orientation stratégique dans le domaine biopharmaceutique. A l'heure actuelle, 15 % des molécules mises sur le marché sont d'origine biotech, mais ce pourcentage devrait atteindre les 50 % à l'horizon 2017. Nous avons appliqué cette stratégie biotech à travers des acquisitions mais aussi en développant en interne de nouveaux services. Ainsi fin 2010, nous avons intégré la société britannique M-Scan spécialisée dans la caractérisation de peptides, de protéines, de glycoprotéines et d'anticorps. Cette société, également leader dans le développement des biosimilaires, possède quatre laboratoires respectivement situés au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse et aux États-Unis et bénéficie d'une reconnaissance internationale dans ce domaine. Nous avons également acquis en mai 2012 la société Vitrology, basée à Glasgow, spécialisée dans les tests de sécurité biologique. Cette société bénéficie également d'une présence à l'international, notamment aux États-Unis et en Asie. Par ailleurs, concernant la croissance interne, fin 2011, nous avons élargi les compétences de notre laboratoire bioanalytique de Poitiers en investissant dans de nouvelles capacités de tests bio-cellulaires et avons développé une compétence sérologique dans notre laboratoire de Wavre en Belgique. Courant 2013, ces mêmes services seront déployés dans nos quatre laboratoires d'Amérique du Nord puis en Asie. Ceci nous permet ainsi de disposer également d'une offre complète en immunoanalyse. Il faut savoir qu'aujourd'hui, l'expertise et l'expérience dans le domaine de la biopharmacie constituent un critère important dans le choix d'un sous-traitant. Ce secteur des biotechnologies nécessite des investissements lourds dans des technologies analytiques pointues. Ceci nous amène donc à évoluer vers une activité de sous-traitance de spécialités auprès des industriels de la pharmacie avec la mise en place de contrats de partenariat de longs termes.

Y a-t-il d'autres explications à ce succès ?

A. H. : Notre point fort vient aussi de notre stratégie de « full package service ». Si, par exemple, une petite société de biotechnologie découvre un nouvel anticorps monoclonal, nous sommes en mesure de lui proposer toutes les prestations dont elle peut avoir besoin : de la caractérisation, des études de stabilité, des pré-formulations galéniques, des essais cliniques... Notre succès tient à notre présence auprès de nos clients dès la phase de découverte de la nouvelle molécule et tout au long de son cycle de vie, jusqu'à des études post-commerciales. Le seul segment où nous ne sommes pas présents est celui des essais précliniques car nous sommes signataires d'une charte qui exclut la réalisation des essais sur animaux.

Vous manque-t-il encore des technologies pour parfaire votre offre ?

A. H. : Nous travaillons toujours à l'optimisation de notre portefeuille. Par exemple en 2013, nous avons des projets en cours dans le domaine de la préformulation et de la formulation, notamment au Royaume-Uni et aux États-Unis. Nous cherchons également à nous renforcer dans des domaines tels que la protéomique.

Quelle est votre stratégie à l'international ?

A. H. : Pour l'heure, SGS opère dans le domaine des Sciences de la Vie à travers 19 laboratoires. Ces dernières années, notre stratégie a consisté à renforcer notre réseau en Amérique du Nord et en Asie sur toutes les prestations historiques de SGS Life Sciences, en particulier en étude de stabilité et en développement pharmaceutique. C'est ainsi, par exemple, que nous nous sommes implantés en Chine, à Singapour et en Inde. En janvier 2012, nous avons même ouvert un second laboratoire en Inde à Mumbai (Bombay), à la demande d'un de nos clients. Ce laboratoire qui a débuté avec 9 personnes en équivalent temps pleins emploie désormais 30 personnes. Il réalise des études de stabilité post-commerciale. Néanmoins, notre objectif est aussi de diversifier ses activités et de l'ouvrir à d'autres clients. C'est un modèle économique intéressant que nous souhaitons dupliquer. En termes de développement géographique, nous regardons du côté de l'Amérique du Sud où nous pourrons bénéficier de la présence établie du groupe SGS.

Hormis des difficultés ponctuelles en recherche clinique, les marchés sur lesquels SGS Life Sciences évolue enregistrent de très fortes croissances. Quelle est l'explication ?

A. H. : Les acteurs de la sous-traitance analytique bénéficient de l'essor de nouvelles technologies appliquées à la recherche biologique et biopharmaceutique. Ces dernières qui n'existaient pas, pour leur majorité, il y a encore une dizaine d'années, se déploient rapidement avec des applications diverses. Aujourd'hui, aucun laboratoire pharmaceutique n'est à même d'intégrer l'ensemble de ces technologies avec l'expérience et l'expertise requises. Le secteur de la sous-traitance analytique est donc en pleine mouvance. Il évolue d'une sous-traitance de routine vers une sous-traitance d'expertise, tournée vers les larges molécules. Quant au marché de la sous-traitance de services analytiques, il devient de plus en plus global et les acteurs devraient être amenés à se consolider. Les leaders internationaux absorbent des entités plus petites afin d'accéder à leurs technologies et expertises. Mon objectif est de faire de SGS Life Sciences le numéro un mondial de cette sous-traitance d'expertise analytique appliquée à la biotechnologie et la biopharmacie. Nous parlons de sous-traitance, mais nous devrions plutôt parler de co-traitance, tant la collaboration dans le développement est étroite entre le laboratoire pharmaceutique et son partenaire SGS.

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