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Servier maintient ses bases françaises pour poursuivre l'internationalisation de sa production

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

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L'année 2014 s'avère importante pour le groupe Servier. Le laboratoire qui fête les 60 ans de sa création a perdu son président et fondateur, Jacques Servier, au printemps. Alors que son successeur, Olivier Laureau, a présenté en juin sa stratégie, Christian Sauveur, vice-président Industrie, détaille les développements de l'activité de production autour de ses bases françaises et de l'internationalisation.

Comment est organisée la direction Industrie des laboratoires Servier ?

Christian Sauveur : Au siège à Suresnes œndlr, Hauts-de-Seineæ, nous sommes une équipe d'une soixantaine de personnes. Nous avons en charge les 11 sites de production du groupe : neuf pharmaceutiques et deux de chimie fine. Servier possède historiquement une production en France avec ses deux sites principaux de Gidy, près d'Orléans œndlr, Loiretæ et de Bolbec en Haute Normandie. Nous servons 140 pays dans le monde.

 

Quels sont les montants investis sur les sites de production de Servier ?

C.S. : En 2013, 37 millions d'euros ont été investis dans cette direction. Dont 20 M€ également répartis sur les sites français. Il s'agit principalement d'investissements de maintien des sites, d'ingénierie, et également d'adaptation à l'évolution des normes. Aujourd'hui, les exigences réglementaires ainsi que les contraintes environnementales nécessitent énormément d'investissements. Par exemple, nous avons terminé au mois de mai la mise en place d'un bassin de traitement pluvial sur le site de Gidy, c'est un investissement de 5 M€. Nous travaillons également sur la mise en place de la sérialisation. Cela a commencé par la Turquie puis suivront la Corée du Sud, l'Arabie Saoudite, le Brésil et l'Europe. Ce sujet occupe une équipe dédiée sous la responsabilité d'un collaborateur de ma direction à temps plein. Nous devons choisir la bonne technologie et mettre de la cohérence au niveau des sites. Par ailleurs, nous investissons dans les hommes et l'organisation. Le modèle pharma évolue très vite. Auparavant, l'organisation était basée sur les grosses séries de plusieurs millions de boîtes. Aujourd'hui, nous avons toujours des lots importants mais viennent s'y ajouter des lots plus petits qui deviennent majoritaires. Nous devons adapter les technologies, nos équipements et les compétences des équipes. Le portefeuille de Servier compte une vingtaine de molécules. Rien que sur le site d'Arklow (Irlande), nous avons 1 600 références. Il s'agit de combinaisons de dosage, d'associations, et chaque pays souhaite avoir une nomenclature spécifique.

 

Olivier Laureau a présenté la stratégie de recherche qui vise à mettre sur le marché un nouveau produit tous les deux ans. Comment les accueille-t-on en production ?

C.S. : Le site de Bolbec réalise le développement industriel des nouveaux principes actifs. Il s'agit du lien entre la R&D et le passage à l'industrie. C'est là que sont produits les premiers grammes d'un nouveau principe actif avec toujours l'objectif de servir vite le chercheur pour ses études de pharmacologie, de toxicologie, etc., tout en pensant à l'échelle de la production et au dossier de demande d'AMM qui sera déposé. Le développement galénique est réalisé à Orléans. En fonction des particularités techniques, la production peut ensuite être faite sur un ou plusieurs des sites du groupe, principalement Gidy et maintenant Arklow qui est en train de se développer.

 

Qu'en sera-t-il des produits issus des biotechnologies ?

C.S. : Effectivement dans le pipeline, nous avons 22 projets dont 50 % dans le domaine de l'oncologie. Et cinq concernent la biotechnologie. Nous devrions avoir notre premier anticorps monoclonal qui sortira sur le marché en 2018. Aujourd'hui, sur la production de biotech, nous avons fait le choix de ne pas nous équiper dans un premier temps. Nous avons passé un accord de sous-traitance avec Boehringer Ingelheim pour le principe actif et Vetter pour le produit fini. Nous allons regarder comment évolue le marché. Nous voulons pouvoir travailler dans la maîtrise de ce genre de technologies sans forcément avoir de production dédiée qui se chiffre en centaine de millions d'euros d'investissements. Nous accueillerons un nouveau collaborateur dédié à la biotech au sein de la direction générale Industrie en septembre. Nous pourrions nous équiper d'un laboratoire pilote. C'est quelque chose que nous regardons de très près. Nous sommes également intéressés par la possibilité d'utiliser les capacités de production d'une spin-off de l'université de Dublin en Irlande. Cette unité de production pourrait être un atout non négligeable pour accéder rapidement à des anticorps monoclonaux voire également pour la production de premières quantités pré-clinique et clinique.

 

Une autre volonté d'Olivier Laureau est le développement des génériques avec les marques Biogaran et Egis. Comment cela se traduit-il en matière de production ?

C.S. : Les laboratoires Servier investissent 25 % du chiffre d'affaires dans la recherche de nouveaux médicaments. La partie générique reste complémentaire de notre activité principale. Et pour la production, nous utilisons le potentiel de nos usines. Biogaran qui était dédié à la France va devenir de plus en plus international. Nous avons acheté Pharlab au Brésil pour internationaliser cette marque. Aujourd'hui, la production des médicaments de Biogaran est répartie à 55 % en France, 39 % dans l'Union Européenne et 6 % dans le reste du monde. Nous produisons notamment sur les sites de Gidy et de Varsovie en Pologne. Nous sommes en train de mettre en place des synergies entre les portefeuilles de Biogaran et d'Egis. Nous avons racheté en janvier 2014 la totalité de ce laboratoire hongrois dont nous étions auparavant actionnaire majoritaire. Nous allons continuer à développer Egis sur ces marchés notamment en Hongrie et dans les pays de l'Est.

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