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Sept candidats pour sauver Kem One

Julien Cottineau

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Ce n'est pas encore un soulagement. Mais c'est encourageant. Au 14 juin, sept lettres d'intention de reprise étaient parvenues au tribunal de Commerce de Lyon, dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire de Kem One SAS, la partie amont de Kem One (CPH n°628). Si rien n'est encore concret, c'est un premier signe très positif alors que le dossier semblait mal engagé et que les solutions de reprise restaient sous silence. Autre signe positif : le tribunal de Commerce de Lyon a accepté de prolonger la date limite de dépôt d'offres jusqu'au 5 juillet, soit quelques jours avant le point d'étape sur la période d'observation et la procédure de redressement judiciaire prévu le 9 juillet. Ce qui permettrait de recueillir d'autres marques d'intérêt, mais surtout d'affiner et de compléter les propositions déjà sur la table.

L'identité des sept candidats n'a pas encore été dévoilée. Trois fonds d'investissements, un groupe industriel, deux personnes physiques, et un syndicat se sont manifestés, dixit le tribunal. De source syndicale, les trois fonds d'investissement seraient américain, italien et britannique. Le groupe industriel sur les rails, lui, serait européen. Des rumeurs disent même allemand. Du côté des personnes physiques, le nom de François Périer, ancien responsable de la chimie de base d'Elf Atochem, est évoqué. Il aurait notamment rencontré le management de Kem One à plusieurs reprises. Enfin, un ancien dirigeant de l'usine de Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) aurait soumis une proposition. Laquelle serait d'ailleurs la seule à ne pas reprendre l'ensemble du périmètre de Kem One SAS. D'après la CGT, cette proposition porterait seulement sur la reprise de la partie PVC et des actifs de Saint-Auban et d'Hernani, en Espagne.

Enfin, la dernière proposition émane de la CGT. L'organisation syndicale mise sur la « communauté de destin ». Elle affirme que si Kem One s'écroule, les conséquences en amont et aval seront dramatiques et que 20 000 emplois au total seraient menacés. Essentiellement dans les régions Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Rhône-Alpes, parmi les sous-traitants, mais aussi parmi les fournisseurs et les clients. Fluxel, filiale du Grand Port de Marseille en charge des terminaux pétroliers de Fos et de Lavera (Bouches-du-Rhône), aurait ainsi calculé que Kem One comptait pour 20 % de son activité, selon la CGT ! Le syndicat travaille donc sur la création d'un consortium composé à la fois de partenaires publics (Etat, régions PACA et Rhône Alpes) et de partenaires privés liés aux activités de Kem One et qui pourraient souffrir de sa disparition. Comme Arkema, Total, ou encore EDF, la consommation annuelle d'électricité de Kem One représentant l'équivalent de la consommation annuelle combinée de Paris, Marseille et Lyon, selon le syndicat. La CGT évoque même la possibilité d'intégrer au sein d'un tel consortium l'un des six autres candidats à la reprise de Kem One.

Certes, les éventuels repreneurs devraient mettre la main à la poche pour redresser Kem One. A l'époque de la cession de l'ancien pôle vinylique d'Arkema au groupe Klesch, était évoquée la nécessité d'investir 400 M€ en 5 ans pour moderniser l'outil industriel. Pour autant, malgré les besoins, l'outil semble en bon état de marche. Direction et syndicats de Kem One sont unanimes : la situation s'embellit sur les plans industriels et financiers depuis le début de la procédure de redressement. Les résultats sont en ligne avec le plan de financement, tous les sites produisent à des niveaux satisfaisants et écoulent toutes leurs productions, toutes les équipes sont mobilisées, et les comptes se redressent. Là aussi, c'est encourageant.


 

 

« La situation s'embellit aussi sur les plans industriels et financiers »

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