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Sasol investira en masse aux États-Unis

Julien Cottineau

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« Un investissement colossal de 16 à 21 milliards de dollars en Louisiane »

Le pétrochimiste sud-africain enclenche la vitesse supérieure. Un an après l'annonce de ses intentions d'expansion aux États-Unis (CPH n°563 et 573), Sasol s'engage désormais et va lancer l'ingénierie d'avant-projet détaillé pour un complexe intégré Gas-to-liquids (GTL)/vapocraqueur sur son site pétrochimique de Lake Charles, en Louisiane. Or le groupe a revu ses ambitions à la hausse par rapport au projet initial. Les capacités seront plus imposantes et un budget colossal de 16 à 21 milliards de dollars (entre 12 et 16 Mrds €) est désormais annoncé. L'abondance de réserves de gaz de schiste et d'éthane bon marché a été la motivation principale pour reconfigurer le projet dans les grandes largeurs.
 

Sasol va engager entre 5 et 7 Mrds $ pour la seule partie pétrochimique. Le futur complexe comprendra un vapocraqueur sur base éthane, d'une capacité non pas de 1 à 1,4 million de tonnes par an, comme envisagé initialement, mais de 1,5 Mt/an. Seront construites plusieurs unités en aval, mais le groupe n'a pas encore précisé la nature des dérivés qui y seront produits. A Lake Charles, il dispose déjà d'un vapocraqueur sur base éthane, aux capacités plus modestes et qui est le seul exploité et détenu par Sasol en Amérique du Nord. En aval se trouvent des unités d'alkyl-benzène linéaire, d'éthoxylation d'alcools, d'extraction de paraffine, ou encore d'oxyde d'aluminium. Le groupe précise également que ses complexes pétrochimiques actuellement en activité dans le monde produisent généralement des dérivés d'éthylène comme de l'oxyde d'éthylène, du mono éthylène glycol, des alcools, ou encore différents types de polyéthylène. Le vapocraqueur et ses unités pourraient être opérationnels courant 2017.
 

Ce complexe sera mis en service avant le complexe adjacent et amont de GTL. Pour ce projet, Sasol prévoit un investissement plus conséquent, de 11 à 14 Mrds $, et des capacités de 96 000 barils par jour (4 Mt/an). Il sera construit en deux phases, avec une tranche de 48 000 b/j opérationnelle courant 2018, et la seconde, identique, courant 2019. Ce complexe GTL produira des carburants, du diesel mais également des spécialités chimiques. Selon Chemical Week, environ 30 % des volumes produits par le complexe pourraient être convertis en spécialités chimiques. Il pourrait s'agir de productions d'huiles de base, de paraffines, d'alkyl-benzène linéaire, et de cires.Ce sera la première unité de GTL sur le sol américain, affirme Sasol. Le groupe a en parallèle finalisé une étude pour une unité de ce type dans l'ouest du Canada. Mais il attendra la bonne avancée de son projet américain avant de concrétiser son complexe canadien.
 

Le gouvernement de Louisiane, particulièrement enthousiaste face à ce gigantesque projet, aurait proposé des allégements de charges et de taxes. Au total, cela représenterait un montant de 135 M$, selon l'agence de presse américaine AP. Il faut dire qu'en plus des 7 000 emplois qui seraient nécessaires à la construction, le futur complexe intégré à Lake Charles permettrait la création de 1 200 postes permanents. Il s'agit également, selon l'État de Louisiane, du plus important investissement régional jamais enregistré et de l'un des plus grands investissements directs étrangers aux États-Unis. De quoi motiver quelques concessions financières.

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