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Sanofi veut échanger Merial contre l’OTC de Boehringer

Audrey Fréel

Le laboratoire français veut céder sa division animale Merial à Boehringer. En échange, il reprendrait l’activité santé grand public du groupe allemand  et recevrait 4,7 Mrds €.

Gros changement en vue pour Sanofi ! Le groupe français a entamé des négociations avec son concurrent allemand Boehringer Ingelheim en vue d’un échange d’actifs très stratégique. L’objectif ? Devenir leader mondial de l’OTC pour Sanofi et le numéro deux de la santé animale pour Boehringer. Pour cela, Sanofi troquerait sa division santé animale Merial, valorisée à 11,4 milliards d’euros, contre l’activité Santé Grand Public de Boehringer, valorisée à 6,7 Mrds €. Sanofi empocherait en outre un chèque de 4,7 Mrds €.

Fin de la santé animale pour Sanofi

En vendant Merial, Sanofi tirerait un trait sur la santé animale. Il s’était considérablement renforcé dans ce secteur en 2009, en reprenant les parts de l’Américain Merck dans leur coentreprise Merial. Puis en 2010, il avait tenté, en vain, de fusionner ses activités santé animale avec celle de Merck. A l’époque, les deux groupes s’étaient heurtés aux autorités de la concurrence.

Cette cession n’est pas vraiment une surprise puisqu’Olivier Brandicourt, le directeur général de Sanofi, avait évoqué en novembre un possible désengagement de Merial. La fusion avec l’activité santé animale de Boehringer donnerait naissance au numéro deux mondial sur ce secteur, juste derrière Zoetis (4,8 Mrds $ de chiffre d’affaires, l'ancienne division de Pfizer). Son chiffre d’affaires pro forma s’élèverait à environ 3,8 Mrds € en 2015. D’un effectif de 4 000 salariés, l’activité santé animale du groupe allemand a généré un chiffre d’affaires d’environ 1,13 Mrd € en 2014. Elle détient de solides parts de marché dans le domaine des vaccins pour les porcs et le bétail ainsi que dans celui des spécialités. De son côté,  Merial concentre ses activités sur les animaux de compagnie, les animaux d’élevage et la santé publique vétérinaire. Il devrait générer un chiffre d’affaires de 2,5 Mrds € en 2015. Il emploie 6 600 personnes, dont un tiers dans l’Hexagone. Son siège social se situe à Lyon, où sont employés 600 personnes. Merial France compte cinq sites de production dont deux à Lyon (Rhône), un à Toulouse (Haute-Garonne), un à Saint-Herblon (Loire-Atlantique) et un à Lentilly (Rhône). Il exploite aussi deux centres de R&D à Saint-Vulbas (Rhône) et Lyon. Boehringer s’est engagé à conserver les opérations commerciales, les centres de R&D et de production en France. Malgré tout, cette possible cession inquiète les syndicats de Sanofi. « Des incertitudes pèsent lourdement sur l’avenir de plus de 600 salariés sur le site de Lyon », pointe la CFDT. De son côté, la CFE-CGC regrette que ce projet n’aborde pas « l’aspect essentiel du capital des deux entreprises : celui de leurs salariés ».

Sanofi réaliserait 5,1 Mrds € de ventes dans l’OTC

Via cette opération, le laboratoire tricolore brigue, de son côté, la place de numéro un sur le marché mondial de la Santé Grand Public, avec des ventes pro forma 2015 de 5,1 Mrds €. Dans les OTC, Boehringer a généré des ventes d’1,4 Mrds € en 2014 tandis que Sanofi a enregistré un chiffre d’affaires de 3,3 Mrds € en 2014. Les deux groupes présentent des activités assez complémentaires. Sanofi mettrait la main sur des marques très connues, telles que l’antispasmodique Buscopan, le laxatif Dulcolax, les multivitamines Pharmaton, les antitussifs Mucosolvan et Bisolvon et le traitement contre le rhume Lysopaïne. Elles viendraient renforcer son portefeuille qui comprend notamment les anti-allergiques Allegra et Nasacort, les antalgiques Doliprane, No-Spa et Dorflex, les produits de santé digestive Essentiale, Enterogermina et Maalox et le produit d’hygiène féminine Lactacyd. Au niveau géographique, le groupe pourrait renforcer ses positions dans les OTC en Allemagne et au Japon, où sa présence est actuellement limitée.

Pour le moment, cette colossale opération n’en est qu’à ses prémices. Les accords définitifs devraient être signé dans les prochains mois, après consultation des partenaires sociaux. Les groupes devront ensuite obtenir les approbations réglementaires, notamment celle des autorités anti-concurrence. La transaction ne devrait donc pas être bouclée avant le quatrième trimestre 2016.

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