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Sanofi va céder son activité générique en Europe

Hélène Bour

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Lors de l'annonce de ses résultats du 3e trimestre, le leader pharmaceutique français a annoncé qu'il allait se défaire de ses activités génériques en Europe d'ici à deux ans. Cette cession, qui inquiète les syndicats, concernerait 3 000 emplois en Europe dont 200 en France.

C'est une nouvelle étape dans la réorganisation des activités de Sanofi, peut-être celle de trop pour les syndicats. Lors de l'annonce de ses résultats du dernier trimestre de 2016, le géant pharmaceutique a annoncé avoir pris la décision d'initier la cession de son activité Génériques en Europe, et qu'il prévoyait de la céder sous 12 à 24 mois.

Pour ce troisième trimestre, Sanofi a annoncé un bénéfice net en progression de 2,8 % à 1,67 milliard d'euros pour un chiffre d'affaires total de 9 Mrds € (+2 %). Le chiffre d'affaires des Génériques s'élève quant à lui à 453 millions d'euros pour ce dernier trimestre, « soit une progression de 1,3 % grâce aux performances des États-Unis et de l'Europe, qui ont compensé le léger recul enregistré dans les marchés émergents », note Sanofi. « Sur les 9 premiers mois, le chiffre d'affaires de cette activité a progressé de 0,8 %, à 1 386 M€. » En 2015, les Génériques du groupe ont généré un chiffre d'affaires d'1,9 Mrd €. Mais si l'activité Génériques en Europe demeure rentable pour le géant pharmaceutique, celui-ci a annoncé qu'il préférait toutefois se concentrer sur les autres parties du monde, notamment sur les marchés émergents. Cette décision, conforme à la feuille de route 2020 dévoilée par le groupe en novembre 2015, suscite l'incompréhension des syndicats. Dans un communiqué, la FCE-CFDT a ainsi tenu à dénoncer « la stratégie à court terme sans objectif à long terme » de Sanofi, qui « préfère lancer des programmes de rachat d'action de 3,5 milliards » plutôt que d'engager « de réels investissements dans des bio similaires », ce que le syndicat demande depuis des mois. Christophe Roque, président du syndicat régional CFE-CGC Chimie Méditerranée s'inquiète quant à lui de l'impact de cette cession sur le territoire français. Il dénonce une « stratégie purement financière et à court terme » et une « hérésie patriotique au niveau économique » alors même que Sanofi « fait partie intégrante du fleuron industriel français », nous a-t-il confié. Commercialisés sous la marque Zentiva, les génériques de Sanofi concernent environ 3 000 salariés en Europe. Mais s'ils sont essentiellement produits sur deux sites d'Europe de l'Est (Prague en République Tchèque et Bucarest en Roumanie), cette activité de produits génériques emploie tout de même 200 personnes en France, selon Christophe Roque. Dans l'Hexagone, cette décision aura un impact sur la distribution et la branche commerciale, assure le syndicaliste. « Depuis 2009, on assiste à une réduction drastique de la masse salariale de Sanofi en France, avec 5 000 emplois en moins », souligne-t-il, en ajoutant que l'activité de recherche de Sanofi a pratiquement disparu du territoire.

Une séparation du pôle chimie sur la table

Cette décision intervient alors que le groupe procède à des réorganisations majeures de son portefeuille. Il s'apprête ainsi à scinder son pôle chimie en deux entités (CPH n°777), l'une dédiée aux activités pour le compte du groupe et l'autre aux activités pour le compte de tiers. Cette division importante fait craindre aux syndicats une cession partielle, et pose la question de l'avenir des 1 600 salariés concernés. Le groupe, qui assure ne pas vouloir se désengager de la chimie, devrait en dire davantage en 2017. Sanofi a par ailleurs prévu d'échanger sa filiale santé animale Merial contre le pôle médicament sans ordonnance de Boehringer Ingelheim (CPH n°766). Pour faciliter le processus d'approbation par la Commission européenne, Sanofi a déjà cédé certains actifs du portefeuille de Merial au laboratoire pharmaceutique vétérinaire Ceva (CPH n°777).

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