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Sanofi envisagerait de supprimer 80 postes sur son site d'Elbeuf

Hélène Bour

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Le géant pharmaceutique français a annoncé l'abandon d'une nouvelle voie de fabrication de corticoïdes sur son site français d'Elbeuf, en Seine-Maritime. Un abandon de projet qui concernerait une quarantaine de salariés en CDI et des postes en intérim.

Le géant français prévoit d'arrêter sa nouvelle voie de fabrication (dite UCI) des corticoïdes et de supprimer des postes sur le site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). Annoncée par la CGT, cette information nous a été confirmée par un porte-parole de Sanofi. « Cette voie UCI permet la production d'intermédiaires de synthèse par fermentation biotechnologique », nous explique un responsable syndical. À l'origine, Sanofi l'a mise en place en 2012 pour abaisser le coût de revient des corticoïdes, en diminuant les étapes de fabrication. Antérieurement, la voie chimique comprenait en effet trois étapes, d'abord sur le site de Romainville (Seine-Saint-Denis), puis de Neuville-sur-Saône (Rhône) et enfin de Vertolaye (Puy-de-Dôme). Lors de la mise en place de la voie UCI, l'abandon de la fabrication de corticoïdes par voie chimique (dite « voie de soja ») s'était soldé par 905 suppressions de postes et la fermeture de ces activités sur les sites de Romainville (CPH n°518) et de Neuville-sur-Saône, ce dernier étant désormais dédié à la production de vaccins pour Sanofi Pasteur. La direction de Sanofi estime désormais que la production de corticoïdes par voie UCI est insuffisante, non pérenne et non viable vis-à-vis du marché, et que, par conséquent, le retour à la voie chimique est préférable. Mais Sanofi n'envisage pas de retourner à son ancienne organisation en trois temps : « Sanofi fait maintenant le pari de l'achat de matières premières à la concurrence », détaille la CGT. Le géant pharmaceutique prévoit d'acheter l'intermédiaire de synthèse à des groupes extérieurs en Chine et en Allemagne, puis de l'exploiter directement sur le site de Vertolaye. Un choix stratégique qui engendrerait la suppression d'environ 80 postes sur les quelque 300 que compte le site d'Elbeuf, d'après la CGT. La direction a indiqué qu'elle souhaitait reclasser tous ses salariés, mais aucune décision n'a été arrêtée à ce stade. De son côté, Sanofi nous indique que l'arrêt de la voie UCI, due à un retournement du marché, concernera plutôt une quarantaine de salariés - la CGT incluant les postes en intérim -, et qu'aucun plan social n'est prévu. Le groupe assure en outre que les salariés concernés seront reclassés sur les autres sites de Sanofi en Normandie, et que les discussions sont en cours à ce sujet.

 

Une décision économique floue pour la CGT

 

Pour la Fédération des industries chimiques de la CGT, « cette décision va avoir d'évidentes répercussions sur les sites de production d'Elbeuf et Vertolaye qui vont voir, pour les années à venir, une forte augmentation des Coûts de Revient Industriels (CRI) ». « La volonté de mettre fin au développement du nouveau procédé de fabrication UCI et de se tourner vers la concurrence pour l'achat de matières premières ne permettra pas de maîtriser les CRI donc les coûts finaux des corticoïdes. Les coûts de site vont augmenter et devront être supportés par le restant de l'outil industriel utilisé », s'inquiète la CGT. Celle-ci craint également une perte de confiance des clients de Sanofi, que la société a poussé à déposer des dossiers réglementaires par voie UCI, il y a peu. La CGT demande donc d'avoir accès aux éléments économiques ayant amené Sanofi à cette décision, pour voir si une autre solution peut être envisagée.

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