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Sanofi décide d'arrêter la production à Mourenx

L.H.

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Après le scandale autour de la Dépakine, c'est l'usine qui produit le principe actif de ce médicament qui met Sanofi dans la tourmente. Un contrôle de l'inspection des Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) mené sur l'usine de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) a en effet révélé « une situation de dépassement inacceptable des normes de rejets pour plusieurs composés organiques volatils, et notamment pour le bromopropane ». Le bromopropane est un composé organique volatil qui entre dans la fabrication du valproate de sodium, le principe actif de l'antiépileptique Dépakine. Il fait partie des cinq composés que le géant pharmaceutique français a le droit de rejeter dans l'air du bassin de Lacq, avec le toluène, l'isopropanol, le valéonitrile et le propène. Selon France Nature Environnement, les émissions de l'ensemble de ces composés sur ce site atteignent 770 000 mg/m3, soit 7 000 fois plus que la norme autorisée, fixée à 110 mg/m3. Si ce dépassement est spectaculaire, celui du bromopropane l'est encore plus. En mars dernier, les mesures ont révélé que ce dernier avait été rejeté à hauteur de 380 000 mg/m3, soit 190 000 fois la norme, fixée à 2 mg/m3. Ce dépassement a été mesuré sur deux colonnes d'abattage sur trois. Selon France Nature Environnement, Sanofi n'aurait en effet contrôlé qu'une seule des trois colonnes. En avril, l'État a donc mis en demeure le laboratoire, par arrêté préfectoral, de respecter les valeurs limites d'émission de différents composés organiques volatils sous trois mois, sous peine de fermeture administrative. Le lundi 9 juillet, Sanofi a annoncé la suspension immédiate de la production sur son site de Mourenx. Suite à cette annonce, le Gouvernement a indiqué que toutes les conditions en matière d'émissions et d'absence de risques pour les salariés et les riverains devront être réunies pour que l'État puisse autoriser une reprise de l'activité du site, et que des prélèvements et analyses seront effectués par des laboratoires indépendants sur le site et dans son voisinage pour s'en assurer. Si l'État a déclaré que « les mesures et analyses effectuées immédiatement avaient établi que ces dépassements ne présentaient pas de dangers pour les riverains à court terme », France Nature Environnement a souligné que le bromopropane pouvait avoir des effets néfastes sur la santé, comme des irritations des voies respiratoires, de la peau ou des yeux et a rappelé son caractère potentiellement cancérigène, mutagène et reprotoxique. Selon La République des Pyrénées, l'Association des riverains des sites industriels du bassin de Lacq (ARSIL) a organisé un rassemblement le 11 juillet, à Mourenx, afin de « témoigner de leur ras-le-bol et de leur indignation », a indiqué au quotidien Gilles Cassou, président de l'association.

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