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Sanofi-Aventis officialise son offre sur Genzyme

Juliette Badina

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Sanofi-Aventis officialise son offre sur Genzyme

Genzyme construit une unité de bioproduction à Framingham (Massachusetts) qui complétera les capacités de l'unité d'Allston (Massachusetts), aujourd'hui dans le collimateur de la FDA.

© Genzyme

Après une première offre le 29 juillet, Sanofi a réitéré sa proposition de rachat de Genzyme à 69 dollars par action, le 29 août dernier. Cette fois, par une offre officielle. Genzyme estime que l'offre sous-évalue la valeur de la société mais pourrait engager les discussions à un prix supérieur. A moins que Sanofi ne décide d'orienter l'opération vers une OPA hostile.

Sanofi-Aventis et Genzyme sortent de leur silence. Après avoir fait « plusieurs tentatives infructueuses visant à engager des discussions avec Henri A. Termeer, p-dg de Genzyme, et son équipe dirigeante », depuis plusieurs mois, et avoir fait parvenir une première proposition écrite le 29 juillet 2010, Sanofi-Aventis rend dorénavant son offre publique. Le groupe français propose d'acquérir la société de biotechnologies américaine (Cambridge, Massachusetts) avec une offre qui valorise Genzyme à environ 18,5 milliards de dollars (69 dollars par action). Cela représente une prime de 38 % par rapport au cours de l'action de Genzyme le 1er juillet dernier avant qu'il ne soit affecté par des rumeurs de rachat. Cette offre représente un multiple de 36 fois le bénéfice net par action estimé de Genzyme pour l'année 2010 et 20 fois le bénéfice net par action estimé pour 2011. « Le prix de l'offre inclut le potentiel de hausse lié au rétablissement attendu de la performance de Genzyme en 2011 », précise le groupe, en référence notamment aux problèmes de production que connaît la biotech sur son site de Allston (Massachusetts). « Genzyme réussit moins bien que ses pairs depuis plusieurs années, selon Christophe Viehbacher, directeur général de Sanofi-Aventis, et demeure confronté à un certain nombre de défis bien identifiés qui mettront trois à quatre années à être résolus ».

Selon Sanofi-Aventis, cette offre « permettrait à Genzyme d'accélérer ses investissements dans de nouveaux traitements, d'augmenter sa présence dans ses marchés existants et de se développer plus encore dans les marchés émergents ». De son côté, Sanofi a l'intention de faire de Genzyme son centre mondial d'excellence dans les maladies rares, et de renforcer sa présence dans la région de Boston où il dispose déjà d'unités de recherche dans les domaines de l'oncologie et des vaccins. Genzyme est en effet spécialisé dans les maladies rares, les maladies rénales, orthopédiques, le cancer, les mala- dies immunitaires ou liées à la transplantation, ainsi que les tests diagnostiques. Selon le groupe français, les activités de Genzyme dans le domaine des maladies rares seraient gérées comme une division autonome sous la marque Genzyme, avec ses propres structures de recherche et développement, de fabrication et de commercialisation.

Malgré les arguments du géant français, Genzyme ne semble pas être séduit. Le Conseil d'administration de la société vient de refuser à l'unanimité cette nouvelle offre, « qui n'a pas évolué par rapport à celle du 29 juillet ». Christophe Viehbacher se dit déjà prêt à engager « toute option qu'il jugera appropriée, dans le but de mener à bien ce rapprochement » si une offre « amicale » échouait. L'opération pourrait donc bien déboucher sur une OPA hostile, même si le patron de Sanofi ne se dit pas pressé pour une telle opération. D'autant plus qu'Henri Termeer, le patron de la biotech américaine, semble prêt à entamer des discussions, mais avec un relèvement du prix de l'offre. Selon les rumeurs du marché, Genzyme ne serait pas prêt à ouvrir ses livres de compte à Sanofi à moins de 75 dollars par action.

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