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Sanofi-Aventis face à ses défis

Cédric Ménard
Après trois mois de joutes, Jean-François Dehecq, p-dg de Sanofi-Synthélabo, voit son projet visant à créer un groupe français se plaçant dans le trio de tête mondial se concrétiser.
Tandis que Novartis, le seul laboratoire à être intervenu dans la bataille, a rangé son armure de chevalier blanc, ce succès pour le dirigeant français a néanmoins nécessité un nouvel effort de la part de Sanofi-Synthélabo. La société a dû revoir en forte hausse les conditions financières de son offre, afin de se mettre en adéquation avec la progression récente du cours du titre d'Aventis. Comme l'a déclaré J.-F. Dehecq, « c'est le marché qui détermine la valeur d'une entreprise, pas ses dirigeants ». Après l'acceptation de ce mariage de raison par Aventis, Jean-François Dehecq et son équipe ne manqueront pas de sujets de préoccupation dans les mois à venir. Car la création de Sanofi-Aventis, désormais seul laboratoire français à être présent dans le top 20 de la pharmacie mondiale, constitue un changement d'échelle pour Sanofi, qui verra son chiffre d'affaires annuel tripler. D'autant que J.-F. Dehecq entend conserver l'ensemble des produits d'Aventis (à l'exception des cessions requises par la Commission européenne). Avec de surcroît l'adjonction d'activités dans lesquelles Sanofi n'est pas présent, comme les vaccins et la santé animale. Surtout, Sanofi verra son budget de R&D passer de 1,3 Mrd d'euros à 4,2 Mrds d'euros et son pipeline prendre une autre dimension. Si cette complexité accrue peut apparaître comme l'un des défis auxquels fait face la nouvelle entité, J.-F. Dehecq semble la considérer comme une force. « Le rapprochement de nos deux R&D va nous permettre d'accélérer notre développement », assure le dirigeant. En précisant toutefois qu'un « recentrage sur les projets les plus prometteurs » est indispensable et pourrait conduire à l'abandon de certains projets. Aussi, l'un des éléments centraux de la réussite du groupe sera le facteur humain, crucial dans la productivité de la R&D. Ce dont est bien conscient J.-F. Dehecq, qui a multiplié les déclarations rassurantes aux salariés d'Aventis. Il n'estime pas devoir procéder à des licenciements secs, tout en s'engageant auprès des autorités allemandes sur le sort des chercheurs d'outre-Rhin, où Aventis emploie 1 600 personnes en R&D. « On ne gagne pas en licenciant à tour de bras. Nous avons besoin des gens d'Aventis et de leur adhésion à un projet commun » a-t-il réaffirmé, avant d'employer une expression aux accents raffariniens : « cela nécessitera l'ambition des équipes de direction, mais aussi des équipes d'en bas ». Les salariés du groupe franco-allemand ne semblent pas encore convaincus. Les représentants des employés au conseil de surveillance ont en effet voté contre l'acceptation de l'offre de Sanofi. La direction du groupe devra piloter au mieux un géant, alors que l'environnement de l'industrie pharmaceutique n'a fait que se durcir ces dernières années. Avec notamment la généralisation au niveau mondial des mesures visant à contenir les dépenses de santé. Des contraintes contre lesquelles J.-F. Dehecq entend lutter personnellement. Il vient de former le G5, club des dirigeants de laboratoires français, avec Pierre Fabre, Jacques Servier, Hervé le Lous et Jean-Luc Bélingard. Afin de faire « reconnaître la dimension stratégique de l'industrie du médicament » auprès du gouvernement. Une initiative qui fait étrangement écho à la préférence de Jean-Pierre Raffarin pour une issue franco-française de l'OPA de Sanofi sur Aventis. Cédric Ménard

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