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Sanofi-Aventis dans l'ère biotech

Julien Cottineau

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C'est fait. Genzyme rejoint le giron du leader pharmaceutique français. Presque six mois après le lancement officiel de l'offre, Sanofi-Aventis parvient à boucler le dossier. Mais au prix fort. Face à l'intransigeance et à la résistance du laboratoire américain, l'offre est passée de 69 à 74 dollars par action. Au final, l'opération se chiffre au minimum à 20,1 Mrds $ (14,8 Mrds €). Mais pourrait atteindre 23,9 Mrds $ puisque l'offre se trouve assortie d'un certificat de valeur conditionnelle (CVR). Un mécanisme qui a largement contribué à dénouer les derniers écueils pour le scellement d'un accord acceptable par les deux Conseils d'administration. Chaque actionnaire actuel de Genzyme recevra un CVR par action. Cotés en Bourse, ces CVR seront valorisés en fonction des performances des médicaments phares de Genzyme. En l'occurrence, une partie est liée au retour des niveaux de production de Cerezyme (imiglucérase, traitement de la maladie de Gaucher) et de Fabrazyme (agalsidase beta, traitement de la maladie de Fabry), deux produits qui ont connu des problèmes de fabrication en 2010 (CPH n°530). Mais la majeure partie du CVR est conditionnée aux performances futures de Lemtrada (alemtuzumab, traitement de la sclérose en plaques) qui devrait être commercialisé à l'horizon 2012. Pour les actionnaires de Genzyme, le bonus sera maximal si les ventes nettes de Lemtrada dépassent 2,8 Mrds $ dans le monde.

En attendant, l'opération incarne pour Sanofi-Aventis la plus grande acquisition depuis sa naissance quand Sanofi-Synthélabo s'était emparé d'Aventis pour 73 Mrds $ en 2004. Depuis, la big pharma n'est plus à l'heure de la course au gigantisme mais à celle de la lutte contre les pertes massives de brevets et l'engloutissement des blockbusters par leurs copies génériques. Il demeure que les acquisitions en pharmacie relèvent toujours d'une forme de gigantisme. Au-delà du seul fait que Sanofi-Aventis paie plus de cinq fois le chiffre d'affaires de Genzyme, cette acquisition représente la 13e plus importante jamais conclue dans le monde du médicament, et la 2e plus importante acquisition d'une société de biotechnologies par un leader pharma depuis les 46,8 Mrds $ versés par Roche pour engloutir sa poule aux œufs d'or Genentech en 2009. Si le prix est si élevé, c'est que Sanofi-Aventis compte bien tirer profit du spécialiste mondial des maladies rares. A la fois en termes de ventes, de présence thérapeutique, ou encore de pipeline. Incontournable dans les vaccins ou l'insuline, le géant français a des pieds d'argile dans les médicaments purement biotechnologiques. Hormis les maladies rares (40 % de ses ventes de 4,05 Mrds $ en 2010), Genzyme va pouvoir apporter au groupe un portefeuille en endocrinologie et pathologies rénales (26 % des revenus) et en hématologie et oncologie (17 %). Orienté sur des produits de moindre marché mais de grande valeur, particulièrement innovants et complexes et donc moins exposés aux génériques, le portefeuille de Genzyme est la pépite qui manquait à Sanofi-Aventis. Pépite destinée à combler son retard biotechnologique. Mais qui, après les multiples acquisitions ciblées et diversifiées dans l'OTC, les génériques et les pays émergents, permet aussi au laboratoire de compléter son tableau de chasse pour renforcer tous ses relais de croissance. Deux ans après son arrivée à la tête du groupe, Chris Viehbacher semble avoir apporter la touche finale à sa stratégie pour sauver le soldat Sanofi-Aventis. La soif d'expansion ne s'arrêtera sans doute pas là, mais comme le directeur général l'a reconnu, les « mains » du groupe sont aujourd'hui « plutôt pleines ».


 

 

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