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Sanofi Aventis ajoute une nouvelle corde à son arc

Cédric Ménard
Gérard Le Fur l'avait annoncé en février, Sanofi Aventis voulait se renforcer dans les biotechnologies. Un premier pas en ce sens vient d'être franchi, avec la signature d'un accord majeur avec la société britannique Oxford BioMedica. Majeur, par le montant que le laboratoire pourrait débourser dans ce cadre, soit 518 millions d'euros. Oxford BioMedica se contentera dans un premier temps “que” de 29 M€.
Un autre facteur montrant l'importance de cette collaboration est la participation de Sanofi Aventis au développement d'un vaccin thérapeutique, un segment où le groupe n'est pour l'instant que peu présent. Son activité Vaccins est en effet quasi-intégralement centrée sur les vaccins prophylactiques. Cet accord est d'autant plus notable que le vaccin sur lequel Sanofi Aventis met la main, Trovax, est à un stade avancé du développement. Des essais de phase III sont en cours dans le traitement du cancer du sein. Et derrière, comme c'est classiquement le cas en oncologie, d'autres programmes moins avancés sont en cours, pour soigner d'autres types de cancers. Ce produit, qui cible l'antigène tumoral 5T4, est en effet exprimé par « un large éventail de tumeurs solides », selon Sanofi. D'après les estimations d'Oxford BioMedica, les quatre types de cancer dans lesquels ce marqueur est très exprimé (colorectal, rénal, prostate et sein) représentent un marché potentiel de plus de 12 milliards de dollars (9 Mrds €). Le groupe fait coup double, puisqu'il renforce aussi sa présence en oncologie, l'une de ses aires clés, puisqu'il estime occuper le deuxième rang mondial dans ce domaine, derrière Roche/Genentech, avec des ventes d'environ 3 Mrds $ (2,25 Mrds €). Contre un chiffre d'affaires quasiment deux fois plus important pour le leader. « Cette double présence dans les vaccins et l'oncologie fait de Sanofi un partenaire idéal pour développer et commercialiser ce produit », a indiqué le p-dg d'Oxford BioMedica, Alan Kingsman. Technologiquement, le concept sur lequel repose Trovax est aussi intéressant: il ne s'agit pas d'un anticorps monoclonal, comme la plupart des anticancéreux ciblés actuels, mais d'un vecteur viral contenant le gène 5T4, censé stimuler une réponse immunitaire. Sanofi, qui n'avait pas vraiment pris le wagon des anticorps monoclonaux faisant le succès de Genentech et Roche, prend ainsi le parti de se positionner sur la génération suivante d'anticancéreux. Il faudra toutefois attendre pour voir si Trovax deviendra le prochain Avastin ou Herceptin, les vaccins thérapeutiques n'ayant pas vraiment démontré leur efficacité pour l'instant. Avec cet accord, Sanofi trouve le moyen de faire diversion par rapport à d'autres sujets. À commencer par la rumeur d'une fusion avec Bristol-Myers Squibb, qui n'en finit pas de rebondir. Cette fois, le ricochet est venu d'outre-Manche, où le Times croit savoir que Gérard Le Fur et Jean-François Dehecq n'ont pas la même vision des choses sur ce dossier. L'autre événement en attente sur l'agenda du laboratoire, lui aussi sans doute entouré de rouge, c'est l'examen par la FDA de la demande d'AMM d'Acomplia. Le groupe patientera jusqu'en juin pour savoir si son médicament pourra faire maigrir les patients américains.

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