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Sanofi-Aventis accélère sa mutation vers les biotechnologies

Juliette Badina

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Sanofi-Aventis accélère sa mutation vers les biotechnologies

Sanofi-Aventis a investi, l'an dernier, 350 M€ dans une unité de production de vaccins contre la dengue à Neuville-sur-Saône.

© Sanofi-Aventis

Le groupe français procède à un rééquilibrage de ses activités chimiques et biopharmaceutiques. Celui-ci passera par des fermetures à Romainville et Neuville-sur-Saône, avec la redistribution de certaines activités sur d'autres sites français, et par 90 millions d'euros d'investissements en biotechnologie à Saint-Aubin-Lés-Elbeuf et à Vertolaye.

Lors d'un comité central d'entreprise mercredi dernier, Sanofi-Aventis a présenté aux partenaires sociaux un projet d'adaptation de son outil industriel chimique en France. L'objectif est de faire évoluer, d'ici à 2014, l'activité industrielle chimique vers les biotechnologies et la production de vaccins, anticipant les chutes de brevets de molécules chimiques. Le groupe annonce ainsi la fermeture progressive du site de Romainville (Seine-Saint-Denis, 200 personnes) d'ici à la fin 2013. Le site est dédié à la fermentation biotechnologique de principes actifs et à la production de principes actifs aseptiques et stériles (antibiotiques et corticostéroïdes). Les activités de production de corticostéroïdes seront transférées sur les sites de Saint-Aubin-Lés-Elbeuf (Seine-Maritime) et de Vertolaye (Puy de Dôme), où un nouveau procédé de production biotechnologique sera mis en place. Sanofi-Aventis investira ainsi 90 millions d'euros pour la mise en place de ce procédé de biosynthèse innovant sur ses sites de Saint-Aubin-Lés-Elbeuf (jusque-là dédié à la fabrication de matières actives pharmaceutiques et de vitamine B12 destinée à la santé humaine et animale) et de Vertolaye (initialement dédié au développement de nouvelles techniques chimiques pour les stéroïdes et les hormones). Le nouveau procédé permettra d'améliorer la compétitivité de Sanofi-Aventis dans le domaine des corticostéroïdes. Le groupe français détient aujourd'hui 25 à 30 % du marché mondial des corticostéroïdes. Ces nouvelles activités s'accompagneront, localement, de création d'emplois, sans plus de détails. Par ailleurs, un projet de revitalisation prévoit des mesures d'aides à la mobilité géographique pour les salariés de Romainville.

Maintien de l'emploi industriel en France sur 4 ans

Le site de Neuville-sur-Saône (Rhône), déjà engagé dans la production du futur vaccin contre la Dengue (CPH n°466), devrait accueillir de nouvelles activités de Sanofi Pasteur, dont la nature n'est pas précisée. Il deviendra en 2014, le troisième pôle européen du groupe, entièrement dédié aux vaccins en France. Mais le revers est l'arrêt du module chimie de Neuville, où environ 800 collaborateurs travaillent. Aucun détail sur le transfert de ces activités chimiques et sur la répartition des postes n'est communiqué. Mais 60 M€ seront investis sur des sites chimiques français pour accueillir les activités transférées. Globalement, « ce projet permettra d'assurer le maintien d'un niveau d'emploi industriel en France stable pendant quatre ans », a indiqué Philippe Luscan, vice-président senior Affaires Industrielles. Le groupe prévoit un plan de mobilité professionnelle grâce à un plan de formation aux biotechnologies pour plus de 700 collaborateurs. Il y aura un rééquilibrage entre la chimie et la biotechnologie, mais pas de suppressions d'emplois, indique le groupe.

« En quatre ans, ce sont 1 000 emplois directs qui vont disparaître dans la Chimie du groupe », indique, de son côté, l'Union syndicale Sud Chimie Pharma, qui dénonce ces pratiques et revendique le maintien et le développement de l'emploi dans Sanofi-Aventis.

 

 

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