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Sanofi au bord du changement

Julien Cottineau

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Il aura fallu environ un an depuis l'éviction de Chris Viehbacher  pour voir Sanofi chambouler son plan stratégique. L'ancien directeur général, qui s'était évertué à diversifier le groupe pour booster la croissance, appréciera sans doute la simplification que souhaite engager Olivier Brandicourt. Son successeur à la direction générale a présenté, le 6 novembre, les nouvelles orientations, bouleversant investisseurs (-7 % pour l'action le jour même), et syndicats en France, estomaqués et désormais encore plus inquiets qu'à l'accoutumée.

Le plan stratégique 2015-2020 a pris tout le monde de court. Au menu : des objectifs d'économies de 1,5 milliard d'euros, plusieurs centaines de suppressions de postes probables en France, une rationalisation industrielle, un possible désengagement de Merial et des génériques... « Les activités du groupe resteront diversifiées mais avec un portefeuille recentré sur les domaines où nous pouvons nous imposer, et axé sur l'innovation », ambitionne Olivier Brandicourt. Ambition déclinée en quatre piliers : restructuration du portefeuille, grands lancements, augmentation des efforts de R&D et simplification de l'organisation.

À partir de janvier, Sanofi évoluera en 5 business units : Diabète et cardiovasculaire, Médecine générale et marchés émergents (génériques inclus), Sanofi Genzyme, Sanofi Pasteur, et Merial. Pour ce dernier et les génériques, notamment la filiale Zentiva, l'aventure pourrait être de courte durée. Les deux entités font l'objet de réflexions stratégiques. Tout serait envisageable lors des 12 prochains mois. Malgré son positionnement de n° 4 mondial de la santé animale et sa croissance avec des ventes estimées à 2,4 Mrds € cette année, Merial souffrirait de synergies trop limitées avec le reste du groupe. L'activité Génériques (1 Mrd € envisagé en 2015), souffre aussi de synergies limitées mais sur le plan géographique. Que ce soit en Europe, malgré sa position de n° 5 européen, ou sur le marché nord-américain avec une présence très faible. Sur le plan industriel, Sanofi veut restructurer son réseau mondial et mieux l'adapter à ses activités. Il semble vouloir davantage investir dans les injectables, les produits biologiques, les vaccins ou les actifs de Genzyme. Aucun site ne devrait toutefois fermer en France.

Le groupe promet que les 1,5 Mrd € d'économies recherchées seraient réinvesties en grande partie pour générer de la croissance. Diabète et maladies cardiovasculaires restent des axes prioritaires. En oncologie, Sanofi veut regagner de la masse critique, en s'appuyant notamment sur Regeneron. Pour les vaccins, l'objectif du leader mondial Sanofi Pasteur (19 % des parts de marché, 3,97 Mrds € en 2014) est une croissance accélérée. En Santé grand public, Sanofi veut diversifier son portefeuille et acquérir de manière ciblée, sur un marché encore très fragmenté où il est n° 5 avec 3,2 % de parts de marché contre 4,6 % pour le leader Bayer. Enfin, dans les marchés émergents, le groupe veut conserver son statut de n° 1 mondial (10,8 Mrds € estimés en 2015) avec plus de concentration sur les pays prioritaires, comme la Chine. Côté R&D, le groupe veut porter son effort annuel à 6 Mrds € à taux de change constants, contre 5,3 Mrds cette année, et juste en deçà de 5 Mrds € depuis 2011. Niveau lancements, Sanofi en ambitionne 18 d'ici 2020, avec un potentiel de ventes annuelles de 12 à 14 Mrds € d'ici à 2025. Sur la période 2015-2020, le plan table sur une croissance moyenne annuelle de 3 à 4 %, surtout après 2018. Date fixée pour un retour à la croissance du bénéfice par action. À ce stade, les objectifs semblent aussi ambitieux que lointains.

 

« Merial et génériques font l'objet de réflexion »

 

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