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Salons professionnels/Pittcon 2001 : une manifestation qui devra revoir sa formule

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On est loin du record absolu établi en 1996 à Chicago avec ses 34 079 participants dont 16 947 inscrits aux conférences et 17 132 représentants des sociétés exposantes. Cette année à la Nouvelle-Orléans la baisse de la participation à la Pittcon s'est poursuivie et accélérée. Le nombre des visiteurs de l'édition 2001 a plafonné à 24 970, dont 9 183 inscrits aux conférences et 13 903 représentants des sociétés exposantes, alors qu'il était de 27 760 en 2000 (à la Nouvelle-Orléans) et de 29 893 (à Orlando) en 1999. En cinq ans, cette manifestation, qui reste la première pour l'instrumentation de laboratoire et les techniques analytiques, aura perdu presque 10 000 visiteurs, soit plus d'un quart de son public. Quelles sont les raisons de cette désaffection, qui commence à se voir au niveau du remplissage du Palais des Expositions de New Orleans, car les effectifs mobilisés par les exposants baissent parallèlement à la fréquentation ? Déjà l'année dernière, le développement de l'Internet qui permet de recevoir des masses d'informations sans quitter son bureau ou son laboratoire, avait été mis en cause à juste titre. Mais l'inflation du personnel "exposant" y est aussi pour quelque chose. Avec un nombre de visiteurs "utiles", c'est-à-dire d'acheteurs potentiels de l'ordre de 10 000, la Pittcon n'en donne plus aux exposants " pour leur argent ". D'autant que les coûts directs et indirects d'une manifestation de cette ampleur sont considérables. Autre faiblesse, la disparité des exposants où l'on retrouve en gros quatre populations : les grands (et moins grands) constructeurs d'instruments de laboratoire, les distributeurs de produits et d'équipements (avec l'absence remarquée du leader mondial VWR International, filiale de l'allemand Merck), les fournisseurs de composants et de logiciels (dont la clientèle se situe parmi les constructeurs d'instruments plutôt que parmi leurs utilisateurs) et les fournisseurs de petits équipements, de meubles de laboratoire, de consommables, etc. Ces trois dernières catégories alourdissent singulièrement le salon au détriment de son intérêt scientifique et technologique. Grâce à la présence de tous les "grands" de la profession (Beckman Coulter, Applied Biosystems, Perkin Elmer, Agilent, Waters-Micromass-BioRad, Thermo, Shimadzu, Varian, Bruker, etc.) le niveau d'intérêt de la Pittcon reste néanmoins excellent. D'autant que la tradition veut que les grands constructeurs profitent de ce salon pour y présenter leurs dernières nouveautés et commenter leurs évolutions stratégiques. Cette année, l'événement fut le véritable mea culpa auquel s'est livré le groupe Thermo en annonçant un virage à 180° dans sa stratégie de marques. Après avoir joué à fond la décentralisation à travers une multitude de sociétés cotées séparément en Bourse, Thermo Electron, la maison mère de Thermo Instruments, a reconnu que l'instrumentation analytique constituait le c?ur de son métier et a tout recentralisé sous la bannière Thermo en se débarrassant au passage, souvent à perte, de ses activités non stratégiques. Résultat : deux exercices calamiteux, 175 M$ de perte nette en 1999 pour un CA de 2 295 M$ et encore 36 M$ de pertes en 2000 pour un CA de 2 281 M$. Mais sur une base ajustée (hors exceptionnels) l'image est plus favorable avec des résultats nets respectivement de 80 et 104 M$. Désormais toutes les activités de Thermo seront suivies du nom, souvent très connu, des sociétés d'origine. C'est ainsi que l'obscur Thermo Quest retrouve sous le nom de Thermo Finnigan tout le prestige du pionnier de la spectro de masse. Il n'en demeure pas moins que le leader mondial de l'instrumentation possède encore un portefeuille trop fourni pour être leader dans chacun de ses métiers. Enfin, dans cette industrie de plus en plus concurrentielle, il faut désormais être "génomique" et "protéomique" pour exister. Pionnier en la matière Beckman Coulter qui a choisi très tôt les biotechnologies et la santé fait un excellent parcours. Il en est de même pour l'ex-bras "biotech" de Perkin Elmer, Applied Biosystems (et sa célèbre société s?ur Celera Genomics, qui a décrypté le génome humain), excellente stratégie également dans ce domaine pour Waters avec Micromass et BioRad. En revanche, l'impression est plus mitigée devant les résultats de Perkin Elmer, malgré le grand chambardement subi après son rachat par EG&G et pour Agilent qui a du mal à retrouver des taux de croissance à la hauteur de ses ambitions. Mais dans le monde de l'instrumentation tout évolue et de nouvelles niches de croissance peuvent se révéler. La bioinformatique, où IBM semble vouloir se lancer avec de gros moyens, les nanotechnologies liées à l'électronique, mais aussi le suivi en temps réel des produits énergétiques en font semble-t-il partie, aux constructeurs de savoir les saisir et les exploiter. Il n'en demeure pas moins que la Pittcon dans sa formule actuelle ne répond plus aussi bien qu'avant aux besoins, à la fois, des constructeurs et des utilisateurs, elle devra donc revoir sa formule et mieux la cibler sur l'instrumentation analytique la plus performante. Une information en tout cas à retenir : la prochaine Pittcon aura lieu du 17 au 22 mars 2002, toujours à New Orleans. Renseignements : pittcon.org. D.S. à La Nouvelle-Orléans

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