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Sadara surgit du désert pour 20 Mrds $

Julien Cottineau

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La construction doit démarrer « immédiatement ». La mise en service est prévue mi-2015 pour une production à pleine charge en 2016. Après quatre ans d'études de faisabilité et d'ingénierie, le projet pétrochimique de Dow Chemical et Saudi Aramco en Arabie Saoudite est enfin officialisé et mis en œuvre. La discrétion qui l'aura entouré aura été aussi gigantesque que son envergure. Réunis dans ce cadre au sein de la coentreprise Sadara Chemical Company, Dow et Saudi Aramco se lancent dans la construction d'un des plus grands complexes chimiques intégrés au monde. Prévu initialement à Ras Tanura, il sera finalement implanté dans la ville industrielle de Jubail, qui dispose de plus d'infrastructures. En aval d'un vapocraqueur mixed-feed éthane/naphta de taille mondiale, pas moins de 26 unités de production seront bâties pour des capacités totales de plus de 3 millions de tonnes par an ! Sadara produira des polyuréthanes (isocyanates et polyols de polyéther), de l'oxyde de propylène, du propylène glycol, des élastomères, du polyéthylène basse densité et basse densité linéaire, des éthers de glycol et des amines. Au total, le montant des investissements à engager atteint la bagatelle de 20 milliards de dollars.

 

« Une porte d'entrée vers une diversification industrielle du royaume saoudien »

 

Occupé ces dernières années à repositionner son groupe vers les spécialités via des acquisitions majeures (Rohm and Haas) et des cessions d'actifs jugés non-stratégiques (styréniques et dernièrement polypropylène, voir p.5), Andrew Liveris ne peut que se satisfaire de ce projet avec Saudi Aramco. Le p-dg de Dow estime ainsi que « c'est le bon modèle économique avec le partenaire idéal. Il est conçu pour capter la croissance des secteurs les plus florissants comme l'énergie, les transports, les infrastructures et les biens de grande consommation en créant une plateforme manufacturière offrant une large palette de produits différentiés et des coûts avantageux ». Côté saoudien, ce projet est perçu comme une porte d'entrée directe vers une diversification industrielle du royaume, avec des productions jusque-là inédites localement. Khalid Al-Falih, p-dg de Saudi Aramco parle même d'un projet qui s'inscrit dans « l'ambition de l'Arabie Saoudite de devenir l'aimant des investissements de production en aval aux productions d'hydrocarbures ». Déjà, le projet en entraîne un autre, Solvay a ainsi décidé de bâtir à Jubail sa troisième grande unité mondiale de peroxyde d'hydrogène, après celles d'Anvers (Belgique, 230 000 t/an) et de Map Ta Phut (Thaïlande, 330 000 t/an). Le chimiste belge sera directement associé à Sadara, dans le cadre d'une coentreprise à 50/50 pour cette usine qui alimentera en peroxyde d'hydrogène à partir de 2015 le complexe pour ses productions d'oxyde de propylène.

 

Techniquement, Dow et Saudi Aramco détiendront à parts égales 65 % du capital de Sadara, les 35 % restants seront introduits à la Bourse saoudienne à l'horizon 2013 voire 2014. Sadara sera en charge de la commercialisation des produits au Moyen-Orient, qui devrait compter pour 25 % des volumes produits. Au-delà, Dow sera chargé d'assurer la couverture mondiale. Les deux partenaires prévoient que 45 % des volumes seront destinés à la zone Asie-Pacifique, 20 % en Europe, et 10 % pour le reste du monde. Revenus annuels attendus : 10 milliards de dollars. De quoi ne pas trop craindre la tempête boursière et les incertitudes économiques actuelles.

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