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Roche prudent pour 2005

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Roche ne fera pas exception à la conjoncture actuelle touchant la pharmacie. Le numéro neuf du secteur craint de connaître un certain ralentissement de ses résultats cette année, notamment en raison du coût élevé de lancement de produits, de 31 produits en phase III et de l'expiration du brevet de son antibiotique injectable Rocephin aux États-Unis, à la mi-juillet. Comme l'a précisé le p-dg du groupe, Franz Humer, à l'occasion de la présentation des résultats annuels, « d'ici là nous aurons pris les mesures nécessaires pour assurer sa pérennité mais il faudra digérer cette cession aux États-Unis dans les six mois suivants l'expiration ». En attendant, l'année 2004 a été marquée par de bonnes performances. Le bénéfice net consolidé double à 6,6 Mrds FS soit 4,24 M ? (seulement + 29 % sans les OTC ni la division Vitamines et Chimie Fine, cédée en 2003). Le groupe a en effet empoché un bénéfice de 2,3 Mrds FS (1,5 Mrd ? ) suite à la vente de son secteur de médicaments OTC (Roche Consumer Health) à Bayer ainsi que celle des activités OTC de sa filiale japonaise Chugai, cédées à Lion Corporation. Le résultat opérationnel (hors éléments exceptionnels) « le plus important dans l'histoire de Roche » s'affiche à 7 Mrds FS (4,5 Mrds ? ) en hausse de 24 % en monnaies locales (20 % en FS). Pour le groupe suisse, c'est la forte croissance du chiffre d'affaires (+12 % en monnaies locales à 29,5 Mrds FS) et la cession de différents produits et technologies « qui ont fait plus que compenser les coûts liés à l'introduction de nouveaux médicaments et aux investissements de R&D ». Ce dernier secteur a coûté près de 5 Mrds FS cette année dont un investissement important dans les biotechs. Des croissances supérieures au marché
Les ventes des deux activités clés – Pharmacie et Diagnostic – dépassent leurs marchés respectifs en termes de croissance. La division Pharma voit son chiffre d'affaires augmenter de 13 % en monnaies locales (10 % en FS) à 21,7 Mrds FS, portée par l'oncologie (+32 % à 7,7 Mrds FS), un secteur dans lequel Roche espère encore asseoir sa position. Les anticancéreux MabThera/Rituxan (+28 % à 3,4 Mrds FS), Herceptin (+26 % à 1,4 Mrd FS), Xeloda (+7 % à 534 MFS) affichent de bonnes performances. Les espoirs de Roche reposent également sur Avastin. Homologué dans le traitement du cancer colorectal aux États-Unis en février 2004 et en Suisse en décembre dernier, le produit a déjà généré près de 700 MFS. Autre anticancéreux sur lequel le groupe compte beaucoup, Tarceva, approuvé cette année aux États-Unis dans le traitement du cancer du poumon et du pancréas et pour lequel une AMM en Europe est attendue. En virologie, Pegasys (+69 % à 1,2 Mrd FS) permet à Roche de « conforter sa position de leader dans le domaine de l'hépatite C ». En revanche, parmi les produits en difficulté cette année, on compte le médicament anti-obésité Xenical (–2 % à 593 MFS), l'antigrippal Tamiflu en recul en raison « d'une vague de grippe plus tardive ». Par ailleurs, William Burns, le directeur de la division, a indiqué que « le groupe attend 25 AMM dans les cinq ans ». La division Diagnostics voit son chiffre d'affaires croître de 8 % en monnaies locales (6 % en FS). Avec 21 % de part de marché, Roche reste leader du secteur devant Abbott et Johnson & Johnson. La division a lancé plus de 20 produits en 2004 et en prévoit autant pour 2005. L'année a notamment été marquée par le lancement mondial du premier test diagnostique basé sur la technologie des puces à ADN, AmpliChip CYP450. Il permet aux médecins d'adapter un traitement en fonction du profil génétique de chaque patient et plus particulièrement de celui du cytochrome P450, enzyme responsable de la dégradation des médicaments. Pour 2005, les dirigeants du groupe sont restés relativement évasifs précisant qu'ils « s'attendaient à une croissance du chiffre d'affaires supérieure à celle du marché mondial en monnaies locales » et « à un résultat financier équilibré ». Rappelant la philosophie de son laboratoire, F. Humer s'est dit « hostile à une méga-fusion ou une méga-acquisition » qui pourrait altérer « la valeur de la société ». Le dirigeant a cependant précisé : « Nous regardons aussi ce qui est complémentaire dans nos métiers de base afin de compléter nos faiblesses ». C'est-à-dire investir dans la découverte de médicaments. De quoi utiliser les 11,7 Mrds FS de liquidités acquis cette année. A Bâle, Camille Chandès

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