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Résultats : Sanofi-Aventis maîtrise la pression des génériques

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Le groupe pharmaceutique a réagi à la menace générique par la mise en place de plateformes de croissance dans lesquelles il a lourdement investi et par une large restructuration de sa R&D. Ces actions se sont soldées par une croissance à deux chiffres de ses résultats sur l'exercice 2009.

Le groupe pharmaceutique a réagi à la menace générique par la mise en place de plateformes de croissance dans lesquelles il a lourdement investi et par une large restructuration de sa R&D. Ces actions se sont soldées par une croissance à deux chiffres de ses résultats sur l'exercice 2009.

Le groupe Sanofi-Aventis a réalisé une très bonne année 2009. Son directeur général, Chris Viehbacher, a présenté le 10 février des résultats annuels en nette hausse. Le chiffre d'affaires a progressé de 5,3 % à taux de change constants pour atteindre 29,3 milliards d'euros. Dans le même temps, le résultat net augmente de 12,8 % à 8,5 Mrds € et le BNPA (bénéfice net par action) de 13,1 % à 6,49 €. Le groupe a pourtant été soumis à la pression des génériques pour deux de ses plus importants produits. L'Eloxatine (oxaliplatine) chute sur l'année de 34,7 % à 957 M€, avec une accélération au quatrième trimestre où il recule de 80,5 % à 67 M€. Dans le même temps, le Plavix (clopidogrel) a amorcé une décroissance de 11,6 % à 570 M€ au quatrième trimestre, se maintenant à 2 623 M€ sur l'ensemble de l'exercice. À l'horizon 2012, ce sont 20 % des ventes du groupe qui pourraient être menacées par des génériques, compte tenu de prochaines pertes de brevets sur deux autres produits majeurs : Lovenox (énoxaparine ; 3 Mrds € de CA) et Taxotère (docétaxel ; 2,2 Mrds €). Mais après plus d'un an à la tête de son groupe, Chris Viehbacher a réagi avec beaucoup de vigueur à cette pression des génériques. Il s'est ainsi attelé à mettre en place cinq plateformes de croissance où 6,6 Mrds € ont été investis dans 33 nouveaux partenariats ou acquisitions. La première plateforme est celle des marchés émergents (Europe de l'Est, Amérique Latine, Afrique/Moyen-Orient et Asie). Dans ces zones, le chiffre d'affaires a bondi de 19 % à 7,4 Mrds €, représentant désormais un quart des ventes. Tout aussi prioritaire, le domaine du diabète (3,8 Mrds € de CA, + 19,4 %) a désormais sa propre division. Son produit phare, le Lantus (insuline glargine), a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 3 Mrds € en hausse de 22,5 % et Sanofi-Aventis affiche l'ambition de devenir le leader mondial du secteur. Dans les vaccins, le groupe est déjà numéro un. Cette activité lui a rapporté 3,5 Mrds €, en hausse de

« À l'horizon 2012,
20 % des ventes
du groupe
pourraient être
menacées par
les génériques. »




Les grands produits

CA 2009 en M€
(Variation sur un an)

Lantus 3 080 (+22,5 %)
Lovenox 3 043 (+8,8 %)
Plavix 2 623 (+0,2 %)
Taxotère 2 177 (+6,1 %)
Aprovel 1 236 (+4,7 %)
Eloxatine 957 (-34,7 %)
Stilnox 873 (-1,3 %)
Allegra 731 (-2,6 %)




19,2 %. Le groupe dispose d'une présence mondiale et d'un portefeuille de R&D innovant qu'il a récemment renforcé avec l'achat de l'Indien Shanta. La quatrième plateforme de croissance porte sur la santé Grand Public. Sur 2009, Sanofi-Aventis affiche dans ce domaine un chiffre d'affaires de 1,4 Mrd € en hausse de 26,8 %. Avec l'acquisition de l'Américain Chattem, qu'il vient tout juste de boucler, Sanofi-Aventis revendique une place de n°5 mondial. Enfin, le groupe mise sur le potentiel de ses nouveaux produits. À commencer par l'anti-arythmique Multaq (dronédarone), le vaccin pédiatrique 5 en 1 Pentacel ou l'anticancéreux BSI-201 provenant du portefeuille de BiPar. Mais alors qu'il boostait ses plateformes de croissance, le groupe a dû engager un vaste plan d'économies qui devrait générer 2 Mrds € en 2013 par rapport à 2008, sachant que 480 M€ ont déjà été réalisés, en avance sur le calendrier. La R&D n'a pas échappé à la transformation : nouvelle organisation, lifting du pipeline, signature de partenariats stratégiques avec de grands instituts comme l'université Rockfeller, Caltech ou le Salk Institute. Interrogé sur une lettre envoyée début février par la CGT à Nicolas Sarkozy, faisant état de 1 300 suppressions d'emplois en R&D sur un total de 3 000, le dirigeant s'est défendu en déclarant : « On ne peut pas construire une société sur les économies de coûts ». Cependant, « la meilleure protection pour l'emploi, c'est d'avoir une société forte ». En termes de perspectives, Chris Viehbacher annonce une année 2010 toute aussi riche en acquisitions de sociétés ou partenariats stratégiques sur ses cinq plateformes de croissance. Déjà un projet est dans les cartons, l'acquisition auprès de Merck/Schering Plough d'InterVet en vue d'une fusion avec Merial. Au bilan, le dirigeant table sur une hausse de 2 à 5 % de son BNPA en 2010. Néanmoins, ces perspectives ne prennent pas en compte une potentielle concurrence générique du Lovenox dans le courant de l'exercice.
Sylvie Latieule

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