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Résultats 1999/Un premier exercice périlleux pour Aventis

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Aventis, créé le 15 décembre dernier par la fusion de Rhône-Poulenc et de Hoechst, est dans le rouge pour son premier exercice, avec une perte pro forma de près de 500 millions d'euros enregistrée en 1999. Les coûts de restructuration se sont élevés à 2,1 milliards d'euros, pour des gains nets des cessions de Rhodia et Celanese de plus de 980 millions d'euros. Hors ces éléments exceptionnels, Aventis a dégagé un bénéfice net de 692 millions d'euros en baisse de 5 % par rapport à 1998. Le chiffre d'affaires a, quant à lui, baissé de 2 % à 20,4 milliards d'euros. Les activités chimiques, qui ne font plus partie du c?ur de métier du groupe et dont la majorité a été cédée en 1999, ont contribué négativement à la croissance, avec un résultat net de -53 millions d'euros. Le groupe compte désinvestir au cours de l'année ses activités chimiques restantes, incluant Wacker et Messer. Aventis sera donc un groupe polarisé sur les Sciences de la Vie (Pharmacie et Agriculture) et prouve ses performances dans ce domaine, avec une croissance de 24 % à 745 millions d'euros du résultat net pro forma 1999. Le chiffre d'affaires pro forma des Sciences de la Vie a augmenté de 4 % pour atteindre 18,406 milliards d'euros. Les synergies potentielles d'1,2 milliard d'euros seront réalisées d'ici à la fin 2002. Elles atteindront 750 millions d'euros pour Aventis Pharma, 350 millions d'euros pour Aventis Agriculture et 100 millions d'euros pour les structures groupe. Les objectifs pour l'année incluent l'augmentation des résultats d'exploitation en améliorant la palette de produits du groupe ainsi que sa productivité. Une hausse de 25 % du résultat net pour 2000 est ainsi avancée, et d'au moins 30 % en 2001 et 2002. A la Bourse de Paris, Aventis a perdu, à l'annonce de ce premier bilan, plus de 5 % à 54,75 euros. La pharmacie a été la principale source de croissance du groupe, puisque les activités d'Aventis Pharma ont contribué pour 13 901 millions d'euros, contre 13 004 en 1998, au chiffre d'affaires pro forma, soit environ 75 % des ventes d'Aventis et 79 % du résultat d'exploitation avant amortissement. Le résultat lié à l'exploitation avant amortissement des écarts d'acquisition a augmenté de 19 % pour atteindre 2 423 millions d'euros, contre 2 065 en 1998. La totalité des dépenses pro forma pour la recherche et le développement destinée à la pharmacie a atteint 2,434 milliards d'euros. En Europe, Aventis Pharma occupe une position de leader, avec le premier rang en France (18 % de son CA, soit 2 328 M€) et en Allemagne (8 % de son CA, soit 1 341 M€), respectivement quatrième et troisième marchés pharmaceutiques mondiaux. En Amérique du Nord, le groupe, avec une force de ventes de 4 000 délégués médicaux, compte sur de futurs lancements pour augmenter sa faible part de marché de 3 %. Le groupe réalise 27 % de ses ventes sur le marché américain et compte sur un doublement à 40 % d'ici à 2004. Au Japon, second marché mondial, il est classé à la deuxième place des sociétés non japonaises. Trois "blockbusters" potentiels ont été les moteurs de la croissance en 1999. L'antithrombotique Lovenox/Clexane a vu ses ventes s'élever de 41,8 % en 1999 à 782 millions d'euros. L'anti-histaminique non-sédatif Allegra/Telfast, pour le traitement des allergies a progressé de 67,2 % à 729 millions d'euros. La société poursuit ses recherches en vue du lancement d'une formule à dose quotidienne unique aux Etats-Unis ainsi que pour d'autres indications, et elle a déposé une demande d'autorisation au japon. Enfin, le chiffre d'affaires de l'anticancéreux Taxotere a enregistré une hausse de 46,1 % à 500 millions d'euros. Déjà lancé sur tous les grands marchés, ce produit cytotoxique utilisé spécifiquement pour le traitement du cancer du sein et des poumons, fait actuellement l'objet d'études pour d'autres indications. Le nouveau produit contre l'arthrite rhumatoïde Arava (107 M€) et l'antidiabétique Amaryl (242 M€, +67 %) bénéficient aussi d'une croissance solide. Ces cinq médicaments représentent 19 % des ventes d'Aventis Pharma, contre 12 % en 1998. Le Cardizem, numéro un des médicaments du groupe en 1998 avec un chiffre d'affaires de 733 M€, continue à faire partie du trio de tête avec des ventes de 642 M€, marquant un recul de 12,3 % en raison de l'arrivée sur le marché des génériques sur la deuxième partie de 1999. La chute réelle du médicament vedette de l'année 1998 sera enregistrée cette année en raison d'une montée en puissance des génériques sur l'ensemble de l'exercice. Les projets du groupe pour l'année résident dans les lancements de médicaments à haut potentiel, tels que Lantus, première insuline basale utilisée pour le traitement des diabètes de type I et II, actuellement en phase III de développement, Ketek, nouvelle gamme d'antibiotiques pour les infections respiratoires également en phase III, enfin Actonel, nouveau produit pour la prévention et le traitement de l'ostéoporose, enregistré en Suède à l'automne 1999. Pour augmenter la productivité, Aventis Pharma a l'intention de combiner ses opérations industrielles et de simplifier la structure des sites, ainsi que d'éviter de reproduire des activités identiques au niveau de plusieurs régions et fonctions. Les portefeuilles de médicaments vont être élagués. La priorité va être donnée aux 16 premiers produits du groupe, qui devraient représenter 60 % des ventes en 2004 contre 30 % actuellement. Les effectifs sont réduits par le biais de fermeture ou de cessions, comme Romainville, qui doit être vendu à DuPont d'ici à juin. L'activité d'Aventis Agriculture est en baisse, en grande partie en raison de l'impact négatif d'Aventis Animal Nutrition dû à un environnement difficile. Le chiffre d'affaires du secteur a affiché une baisse de 3 % à 4 609 millions d'euros et un résultat lié à l'exploitation avant amortissement des écarts d'acquisitions de 661 millions d'euros, marquant une diminution de 13 % par rapport à 1998. Selon la direction, le marché agrochimique, qui subit une large crise, pourrait ne pas se redresser avant 2001. Néanmoins Aventis Crop Science, l'activité de protection et production végétale, a réalisé un chiffre d'affaires pro forma de 4 061 millions d'euros et le résultat lié à l'exploitation pro forma, avant exceptionnels et amortissements des goodwills, est resté stable, en dépit d'une situation de marché défavorable. Sa croissance a été alimentée par trois produits porteurs. Regent, insecticide agricole utilisant le Fipronil comme substance active, a vu ses ventes augmenter de 38 % à 168 millions d'euros pour 1999. Balance, herbicide pour le blé utilisant l'Isoxaflutole comme substance active a enregistré un chiffre d'affaires de 75 millions d'euros en hausse de 19 % par rapport à 1998. Enfin, les ventes de Liberty Link, pour semences résistantes au glufosinate, ont augmenté de 11 % pour atteindre 49 millions d'euros. Des coupes seront réalisées dans le portefeuille agrochimique avec 20 % des produits vendus. Pour Jürgen Dormann, président du directoire d'Aventis, dans le contexte d'une industrie agricole en pleine mutation, le groupe est prêt à ajuster rapidement sa stratégie si cela s'avère nécessaire et permet d'augmenter sa valeur. Il a néanmoins ajouté que le concept des sciences de la vie restait actuellement parfaitement adapté à la situation d'Aventis. Une position indépendante, dans une période marquée par le désengagement de nombreux groupes de leurs herbicides et pesticides. Ainsi, Jürgen Dormann a donné la priorité pour 2000, à la réalisation du nombre prévu de synergies d'intégration. Cette année, Aventis compte sur 400 millions d'euros d'économies d'échelle, dont 60 % sont déjà réalisées selon Patrick Langlois, directeur financier du groupe. Au niveau de la division agriculture, où l'objectif était de 130 M€ d'économies, celui-ci est déjà atteint à 90 %. Dans la pharmacie, les 230 M€ d'économies prévues ne sont en revanche réalisées qu'à 60 %. En revanche, les dirigeants se sont refusés à divulguer le nombre de licenciements liés à la restructuration. En France, environ 800 départs en préretraite sont prévus d'ici à 2001. En outre, une première pour une entreprise française, Aventis va adopter la cogestion de son conseil de surveillance, en admettant quatre syndicalistes au côté des dix représentants des actionnaires. Un compromis par rapport au modèle allemand, mais une nouveauté pour la France puisque la loi française ne fait aucune place aux salariés dans les entreprises privées. Alexandra DelMolino à Strasbourg

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