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Restructurations en masse

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Restructurations en masse

PHILIPPE LAMOUREUX, directeur généraldu Leem

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En 2012, les réductions d'effectifs se sont poursuivies, et intensifiées, en France mais aussi sur la scène internationale. En parallèle, la tendance reste à la spécialisation. L'investissement dans les biotechnologies a aussi été soutenu.

JANVIER

 

BMS s'offre Inhibitex pour 2,5 Mrds $

L'Américain Bristol-Myers Squibb met la main sur son compatriote Inhibitex, spécialisé dans les médicaments contre les maladies infectieuses. L'opération s'élève à 2,5 milliards de dollars.

 

Novartis supprime près de 2 000 postes aux États-Unis

Le groupe suisse annonce la suppression de 1 960 emplois aux États-Unis, principalement dans des fonctions commerciales et administratives. Ce projet doit permettre au groupe d'économiser 450 M€ par an à partir de 2013.

 

Amgen acquiert Micromet

Amgen débourse 1,16 Mrd $ pour prendre possession de la société germano-américaine Micromet, spécialisée dans le développement d'anticorps à destination de l'oncologie.

FÉVRIER

 

AstraZeneca taille dans ses effectifs

AstraZeneca prévoit de couper 7 300 postes suite à des perspectives moroses. Cela lui permettra d'économiser 1,6 Mrd $ par an dès 2014.

 

Boston Biomedical entre dans le giron de Dainippon Sumitomo

Le Japonais Dainippon Sumitomo Pharma (DSP) convoite Boston Biomedical, société américaine spécialisée dans l'oncologie. DSP pourrait mettre sur la table, en plusieurs étapes, 2,6 Mrds $.

MARS

 

GSK se sépare de certains OTC

Décidé à se séparer de ses OTC jugés non stratégiques, GSK vend la part européenne de ces activités au Belge Omega Pharma pour 470 M€. En janvier, le laboratoire britannique avait déjà cédé les actifs nord-américains à Prestige Brands Holdings pour 426 M£. Enfin, en avril, il soldera ses activités dans le reste du monde à Aspen Pharmacare pour 164 M£.

 

Novasep finalise sa recapitalisation

Le groupe français de chimie fine boucle son processus de recapitalisation initié en 2011. D'un montant d'environ 310 M€, il lui permet d'alléger sa dette qui s'élève à environ 150 M€ contre plus de 400 M€ précédemment.

AVRIL

 

Roche abandonne son OPA sur Illumina

Le groupe bâlois ne reconduit pas son offre améliorée pour le rachat d'Illumina de 51 $ par action, soit une opération qui s'élevait à 6,7 Mrds $. Roche avait lancé une première OPA en janvier, proposant alors 44,50 $ par actions, ce qui valorisait la société américaine à 5,7 Mrds $.

 

Pfizer vend une division à Nestlé

Nestlé reprend la division Nutrition infantile de Pfizer pour 11,85 milliards de dollars. La division a généré en 2011 un chiffre d'affaires de 2,1 Mrds $.

 

Watson rachète Actavis pour 4,25 Mrds €

Watson acquiert son concurrent islandais Actavis, spécialisé dans les produits génériques. L'opération s'élève à 5,6 Mrds $.

MAI

 

Mise en place de l'ANSM

L'instance française de surveillance des produits pharmaceutiques devient officiellement l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Elle remplace l'Afssaps.

 

400 emplois menacés chez Patheon

Le sous-traitant pharmaceutique canadien annonce un plan de réorganisation visant la suppression de 400 emplois en Angleterre. Les activités de production et de développement pharmaceutique des sites de Swindon et Milton Park seront particulièrement touchées.

JUIN

 

Restructuration pour Merck

Le groupe allemand se réorganise en France. 267 postes sont sur la sellette, sur les 1 270 que compte Merck Serono France. En avril, la filiale Merck Serono avait déjà annoncé un plan de restructuration en Suisse conduisant notamment à la fermeture de son siège historique à Genève, au transfert de 750 salariés et à la suppression de 500 emplois. En septembre, le groupe dévoilera aussi un projet de réorganisation en Allemagne, visant la suppression de 1 100 emplois sur un effectif de 10 900 salariés.

Lundbeck coupe 600 postes en Europe

Le groupe danois amorce un plan de réduction de ses effectifs sur le Vieux continent. Environ 600 postes de commerciaux seront impactés. Lundbeck emploie 4 426 salariés en Europe.

 

Roche taille dans ses effectifs américains

Roche fermera son centre américain de recherche de Nutley (New Jersey) fin 2013. Cette mesure entraînera la suppression de 1 000 postes.

JUILLET

 

Amylin passe dans le giron de BMS

Bristol-Myers Squibb acquiert le spécialiste du diabète Amylin pour 5,3 Mrds $, soit 31 $ par action. BMS n'en est pas à son premier coup d'essai puisqu'il avait lancé une première offre à 22 $ par actions début 2012, rejetée par Amylin.

 

Ipsen conserve son site de Dreux

Un an après avoir annoncé la vente des activités de fabrication et de conditionnement de son site de Dreux (Eure-et-Loir), Ipsen fait volte-face. Cette décision permet de maintenir les quelque 580 emplois de l'usine, dont 350 en production et distribution.

 

GSK engage 3,6 Mrds $ pour Human Genome

GSK s'empare de la société américaine de biotechnologies Human Genome après plusieurs mois de négociations. Il a finalement accepté de débourser 3,6 Mrds $, soit 1 Mrd $ de plus que l'offre initiale lancée en avril.

AOÛT

 

Ipsen réajuste sa stratégie

Le groupe français abandonne son projet de création d'une coentreprise commerciale dans la médecine générale. Suite à des difficultés sur le marché français, Ipsen annonce aussi la coupe d'une centaine de postes de commerciaux en France.

 

Inventiva officialise sa création

L'ancienne activité de recherche des Laboratoires Fournier (tombé dans le giron d'Abbott en 2009) lance officiellement ses activités. Nommée Inventiva, elle compte 70 salariés et ambitionne d'être « un leader français des biotechnologies ». Abbott avait annoncé la cessation des activités des Laboratoires Fournier fin 2011.

SEPTEMBRE

 

Valeant s'offre Medicis

Medicis, société américaine spécialisée en dermatologie, tombe dans l'escarcelle de Valeant. Le laboratoire canadien mettra sur la table 2,6 Mrds $, soit 44 $ par actions, pour mener à bien l'opération.

 

Sanofi coupe 900 postes en France

Sanofi dévoile son plan social dans l'Hexagone, dont le projet avait été évoqué au début de l'été. 900 postes seront supprimés à l'horizon 2015. Le projet concerne trois activités : la recherche, les vaccins et les fonctions supports. Les sites de Toulouse (Haute-Garonne) et de Montpellier (Hérault) seront notamment impactés. Cette mesure entraînera de nombreuses grèves de la part des salariés qui demandent le retrait de ce plan.

OCTOBRE

 

Tessenderlo tourne le dos à ses API

Le groupe belge annonce la fermeture de sa filiale Chemilyl, qui détient une unité d'API à Loos (Nord). Il va aussi céder deux autres filiales dédiées aux API à la holding privée International Chemical Investors Group. Il s'agit de Calaire Chimie (basée à Calais) et de Farchemia (Italie).

 

Abbott continue de licencier

Abbott envisage la réduction de 550 postes dans ses effectifs actuels, notamment au sein de ses forces commerciales aux États-Unis et en Europe. Le plan concernera les domaines de la nutrition, des produits cardio-vasculaires, des produits matures et des diagnostics moléculaires. En janvier, le groupe américain avait déjà annoncé la coupe de 700 postes aux États-Unis. Ces mesures préparent la scission en janvier 2013 du groupe en deux entités distinctes : les activités purement pharmaceutiques (qui seront renommées Abbvie) et les activités liées aux génériques, diagnostics, à la nutrition et aux dispositifs médicaux (qui continueront à s'appeler Abbott).

NOVEMBRE

Reckitt reprend Schiff Nutrition pour 1,4 Mrd $

Le Britannique Reckitt Benckiser propose 42 $ par actions pour mettre la main sur 100 % du capital du fabricant américain de vitamines et de compléments alimentaires Schiff Nutrition. L'opération s'élève à 1,4 Mrd $ et est acceptée par le CA de Schiff. Reckitt double ainsi Bayer Healthcare qui avait été le premier à lancer une offre début novembre pour reprendre Schiff pour 1,2 Mrd $.

 

Lonza réduit la voilure

Le groupe suisse supprimera 400 postes sur son site de Viège (Suisse), qui emploie environ 2 890 salariés, au cours des 24 prochains mois. En outre, Lonza prévoit de réduire de 100 postes ses fonctions supports au niveau mondial.

 

GSK se développe dans les pays émergents

GSK propose 727 M€ pour prendre 75 % des parts de sa filiale indienne spécialisée dans les OTC (dont il détenait jusqu'alors 43,2 % du capital). En parallèle, il compte augmenter de 46,6 % à 80 % sa participation dans GSK Consumer Nigeria, sa filiale nigériane dédiée aux produits sans ordonnance. Le montant de l'opération s'élève à 75,6 M€.

DÉCEMBRE

 

Teva en plein revirement stratégique

Suite à l'annonce de perspectives décevantes pour 2013, Teva se réorganise. Coutumier des grosses acquisitions, le groupe se concentrera désormais sur des petites à moyennes opérations. Il recentrera aussi son portefeuille de spécialités et se développera dans les OTC, les génériques et les pays émergents. Cela lui permettra de réduire ses coûts d'1,5 à 2 Mrds $ au cours des cinq prochaines années.

 

Vivalis fusionne avec Intercell

La société nantaise de biotechnologies Vivalis unit ses forces à celles de son homologue autrichien Intercell. Cette fusion donnera naissance à une entité nommée Valneva qui sera basée à Lyon. Spécialisée dans les vaccins et les anticorps, elle sera détenue à 50 % par les actionnaires de Vivalis et à 45 % par ceux d'Intercell.

3 Questions à PHILIPPE LAMOUREUX, directeur général du Leem

Quels ont été les principaux faits observés en 2012 ?

L'année 2012 a été particulièrement difficile car notre secteur est entré en récession. Notre branche, qui était créatrice nette d'activité jusqu'à présent, a vu la situation s'inverser essentiellement du fait de la baisse des effectifs dans la visite médicale. La mutation du secteur se poursuit avec la chute des brevets des grandes molécules, le développement du médicament générique mais également celui de la médecine personnalisée des biotechnologies et des technologies combinées de santé (association de médicaments et de biomarqueurs par exemple). En conséquence, l'industrie se transforme petit à petit. L'année 2012 a également été caractérisée par le fort développement du marché du générique au dernier trimestre, en conséquence directe de l'accord tiers payant contre génériques signé entre les pharmaciens d'officine et l'Assurance-maladie. 2012 aura également été une année sans précédent pour la régulation économique avec des baisses de prix particulièrement significatives et un nouvel alourdissement de la fiscalité spécifique au médicament. Une fois encore, le médicament est la variable d'ajustement de la politique de maîtrise des dépenses de santé. L'année aura été quand même marquée par quelques éclaircies. Nous avons eu la satisfaction de voir le caractère stratégique du secteur reconnu par le rapport remis par Louis Gallois au Premier ministre. Le gouvernement a également préservé les outils de dialogue entre l'industrie et les pouvoirs publics. Je pense en particulier à l'accord-cadre avec le Comité économique des produits de santé et au Conseil stratégique des industries de santé (CSIS).

Quels sont les enjeux pour 2013 ?

J'en vois quatre. Il faudra d'abord relancer la politique industrielle au travers des travaux du Comité stratégique de filières et du CSIS pour conforter la vocation de notre pays à être un grand pays des sciences du vivant et renforcer l'attractivité de la France. La régulation économique de notre secteur est aussi devenue illisible et économiquement insoutenable. Tout l'enjeu sera de savoir si les pouvoirs publics ont l'intention de revenir vers une régulation juste, équilibrée et raisonnable. Le troisième enjeu concerne la conduite du chantier de la médico-économie et la poursuite du déploiement de la loi Bertrand. Le suivi post-AMM, la transparence des liens ou encore le développement des études médico-économiques seront à l'ordre du jour, entre autres. Enfin, nous devons travailler au rétablissement de la confiance. Les médicaments sont faits pour soigner, guérir ou soulager la douleur. Le risque est souvent inhérent à la nature même de nos produits. Il ne doit cependant jamais faire perdre de vue les bénéfices pour la santé. Nous devons collectivement développer plus de pédagogie pour expliquer ce que sont les médicaments notamment au niveau de leur conception, leur mise sur le marché et leur surveillance tout au long de leur existence.

A plus long terme, comment doit se positionner la France pour relever les défis de la compétition mondiale ?

Nous sommes dans une compétition mondiale entre entreprises mais aussi entre États. La France possède de nombreux atouts : la qualité de sa recherche, son infrastructure hospitalière, son industrie... Mais elle présente aussi des fragilités. Il s'agit d'un marché mature donc bien moins dynamique que celui des pays émergents. Le marché intérieur national est relativement réduit si on le compare à celui des nouvelles puissances industrielles. Enfin, notre pays a toujours un problème de lisibilité et de prévisibilité pour les grands opérateurs internationaux (complexité administrative, dialogue social souvent conflictuel, stigmatisation du secteur, etc.). L'enjeu à long terme est d'arriver à donner à notre pays la place qu'il a la capacité d'occuper dans la nouvelle donne internationale en capitalisant sur ses qualités.

Propos recueillis par Audrey Fréel

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